Gens du voyage : l’horrible « dérapage » d’un député-maire UDI face à la provocation

Publié le 23 juillet 2013 - par - 2 758 vues
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Cholet, Maine-et-Loire. Depuis dimanche, 150 caravanes de gens du voyage occupent illégalement un champ agricole.

Gilles Bourdouleix, député-maire UDI, se rend sur place. Il y a là des journalistes et des forces de l’ordre. L’élu menace de démissionner dès lundi si le préfet ne fait pas évacuer le terrain.

La confrontation avec les gens du voyage est houleuse. Le député-maire est traité de raciste et on lui adresse des saluts nazis. C’est le premier scandale de cette affaire : une « reductio ad hitlerum » pour se victimiser.

Hélas devant l’impossibilité du dialogue et les provocations, Gilles Bourdouleix tombe dans le panneau et donne raison à ses adversaires en lâchant à demi-voix : « comme quoi Hitler n’en a peut-être pas tué assez ».

Conscient de la portée gravissime de cette phrase, le député-maire la niera, puis prétendra avoir seulement dit : « si c’était Hitler, il les tuerait tous ici », ce qui n’est guère mieux. Il accuse Le Courrier de l’Ouest d’avoir déformé ses propos alors que d’autres médias commencent à parler de l’affaire.

Pas de chance pour Gilles Bourdouleix, le quotidien régional a un enregistrement audio sans appel, qu’il diffuse sur son site internet :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=o9fXIJmdNK4[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=o9fXIJmdNK4

Evidemment, devant cette preuve flagrante, la direction de l’UDI condamne immédiatement Gilles Bourdouleix. Il est exclu du parti. On peut également s’attendre à une levée de boucliers des antiracistes professionnels, et de toute la gauche qui dénoncera la « porosité » entre la droite et l’extrême-droite, etc.

Evidemment, la phrase prononcée par le député-maire de Cholet est inadmissible et doit être réprouvée sans aucune réserve. La justice passera, et signera sans doute la fin de la carrière politique de Gilles Bourdouleix. On ne badine pas avec l’apologie de crime contre l’Humanité.

Mais au-delà de la condamnation sans appel des propos incriminés et incriminables, il ne faudrait oublier la provocation dont usent parfois les gens du voyage, en occupant des terrains en toute illégalité, en y occasionnant des dégâts coûteux pour les collectivités ou les particuliers, et, en l’occurrence, en usant et abusant du « point Godwin » face à un élu excédé.

Le génocide des Tsiganes européens opéré par les nazis n’excuse pas tous les délits des descendants des survivants. C’est même faire insulte aux morts que de les instrumentaliser afin de justifier une occupation illégale d’un terrain.

Et inversement, il est inadmissible de laisser penser, même sur un coup de colère, qu’Hitler n’aurait pas fini une tâche d’extermination raciale présentée comme salutaire.

Les deux attitudes, celle de ceux faisant un salut nazi et celle du député-maire de Cholet,  provoquent un malaise gerbant qui fait froid dans le dos.

Ce qui s’est passé à Cholet doit nous faire réfléchir sur les moyens d’une juste cohabitation entre gens du voyage – dont la plupart sont français depuis des générations – et habitants sédentaires dont on doit respecter le droit de propriété individuel ou collectif.

Djamila GERARD

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