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Gérard Collomb, c’est votre faute si Marin sera handicapé toute sa vie !

Marin et sa famille se souviendront à jamais du 11 novembre 2016. Frappé sauvagement en prenant la défense d’un couple, il aurait pu ne jamais sortir du coma profond dans lequel l’agression l’avait plongé. Marin vient ainsi de recevoir la médaille d’or pour acte de bravoure et de dévouement. C’est bien. Sauf que.

Il avait 20 ans. Tout seul, il n’a écouté que son courage en affrontant une bande de racailles qu’un couple en train de se bécoter en public énervait au plus haut point. Quelques minutes plus tard, se croyant, enfin, à l’abri et attendant tranquillement son bus à l’arrêt duquel l’une de ces petites frappes l’avait suivi, il finira par s’écrouler, inconscient, sauvé in extremis par le couple en question.

 « Cher Marin, écrit Gérard Collomb sur les réseaux sociaux, je suis convaincu que la République se doit de reconnaître ses héros, ceux qui, dans les gestes du quotidien, la défendent, portent haut ses valeurs. Et tu es incontestablement de ceux-là ».

Ah oui, elle est belle la République ! Celle qui porte si haut les valeurs humaines qu’elle préfère laisser libres comme l’air les délinquants multirécidivistes plutôt que de protéger les honnêtes gens ! Une République qui brandit à tout bout de champ le sacro-saint principe de précaution sans l’appliquer quand il s’agit d’épargner la vie de ses enfants…

Car qui est le salopard, qui s’est acharné sur Marin ? Un jeune, un mineur, en plus,  « connu pour de multiples infractions », « suivi judiciairement depuis plusieurs années, « au parcours chaotique marqué par de grandes difficultés familiales » : la rengaine habituelle des représentants de cette satanée République !

Ah oui, elle est chouette, cette République tellement indulgente ! Parce que ce n’est pas de sa faute, à ce pauvre gamin puisqu’il s’échinait, en vain, à trouver une formation. D’ailleurs, c’est son avocate qui l’affirme, « il cherchait à s’en sortir » !  

En se jetant sur un couple qui s’embrasse, en poursuivant celui qui le défend, armé de la béquille d’un de ses acolytes et en lui tapant dessus comme un forcené jusqu’à ce que mort s’ensuive ou presque ? Mais on n’en peut plus, d’entendre ces excuses abjectes ! On la vomit, leur indifférence morbide à l’égard des vraies victimes ! 

Ah, c’est sûr que Gérard Collomb ne se risquera pas à dénoncer tous les avatars de cette République devenue complètement satanique sans lesquels Marin serait toujours étudiant. Rien que le terme (République), utilisé en toute circonstance, répété à l’encan, en dit long sur son état d’esprit. 

 « République », écrit-il donc…  plutôt que d’évoquer La France ? Vous savez, la France, ce pays que chérissent justement ses héros et les autres, la France dont ils aiment la diversité de ses paysages et dont ils défendent la joie de vivre à travers ses jolies traditions. La France qui, dix fois, a failli disparaître au cours de sa longue et souvent glorieuse  épopée mais pour laquelle tant de nos ancêtres ont versé leur sang…

Gérard Collomb, pauvre homme, toujours l’air accablé, en âge depuis belle lurette d’être à la retraite, décore donc un jeune détruit par la racaille que cette République ne veut pas mettre hors d’état de nuire. Une racaille qu’une justice digne de ce nom devrait bien envoyer croupir à l’île du Diable, libre de planter de quoi subvenir, ou non, à ses besoins.

Des semaines passées entre la vie et la mort, des mois, des années de rééducation, bien sûr que Marin le sauveur la mérite, cette médaille d’or de bravoure. Sauf que les conséquences de son geste, elles, sont indélébiles. A cause d’une vermine, comme il se disait dans le temps dans nos campagnes, que la justice a excusée, encore et encore. Et encore et encore…

Alors, sans doute pour faire passer cette atroce pilule, le bon ministre de l’Intérieur tient à aller « encore plus loin » : il va saisir le Président de la République pour décerner au jeune devenu handicapé une autre récompense : la légion d’honneur. Sûr qu’après cela, Marin recouvrira l’intégrité de sa mémoire…

De la com’ avant tout, voilà ce qu’est, au fond, cette remise de médaille.

Parce que dans un pays qui se soucie vraiment de la sécurité de ses habitants, ses gouvernants veilleraient à ce qu’une tolérance proche de zéro soit appliquée. 

Parce qu’un pays qui aime ses enfants punit normalement et durablement ceux qui les attaquent ou les massacrent. 

 Et puis, qu’est-ce qu’il y connaît, en bravoure,  ce Gérard Collomb ?  Marin, en se portant au secours de ses congénères, aurait porté « haut les valeurs de la République » ? – Quelle niaiserie !  Marin, lui, a exprimé tout son courage. Toute sa sensibilité. Toute son humanité.  

Tout l’inverse de cette République épouvantablement laxiste, odieusement, insupportablement, entièrement responsable, elle, de cette tragédie. De cela, Collomb ne parlera évidemment pas.

Caroline Artus 

https://www.lyonmag.com/article/92314/marin-decore-d-une-medaille-d-or-par-gerard-collomb

http://www.leprogres.fr/actualite/2016/11/14/lyon-l-agresseur-a-la-bequille-presente-au-parquet