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Gilets jaunes : comment cela va-t-il se terminer ?

Qui sait, qui voit, qui sent comment se termineront les éruptions des Gilets jaunes des trois derniers mois ?

Elles ne mènent pour l’instant nulle part, et n’ont produit aucun résultat sensible, à même de satisfaire sur le long terme la colère du peuple. Elles sont maintenant disséminées. Le pouvoir sut y faire en les infiltrant et les manipulant. La mobilisation faiblit nous disent les médias et bien des gens se lassent, voient les sondages rehaussant la popularité de Macron, et sont moins nombreux à approuver ces Gilets jaunes, ne serait-ce qu’in petto. Quels mots mettre à cette colère en guise de « Fin » ?

Si l’on ne sait ce qui sortira du Grand débat de Macron, on sent bien que le fond des mesures prises jusqu’alors est d’une autre nature que l’attente du peuple. Des miettes données à de rares bénéficiaires, un report d’un surcoût du prix de l’essence… Quoi d’autre ?

Nous l’avons déjà dit : quand une grogne sociale se fait jour, et si elle est justifiée, on accroît les salaires. Sans discuter. Sans limiter ou conditionner l’augmentation. On le fait pour tous ceux du privé comme des fonctions publiques. Ici, rien de cela l’on fit. Mais surtout quelles étaient à mon sens les véritables attentes ?

1) Pouvoir vivre dignement de son travail. Le pouvoir faire que l’on soit ouvrier, paysan, commerçant, employé modeste du privé comme du public

2) Comprendre comment le toujours plus d’impôts donne un toujours moins de services-publics

3) Rendre possible une expression des petits et des sans-grades auprès des puissants, notamment par le Ric

4) Réduire certaines dépenses sociales sous toutes leurs formes, et rendre impositions et taxes plus justes

5) Supprimer les plus choquants avantages et dépenses dans l’administration, fracassement du consentement à l’impôt – pour exemple topique les cumuls des retraites et salaires dont bénéficiera un futur membre du Conseil constitutionnel

Et surtout ! Surtout… ou et enfin :

6) Trouver par les élites quelque projet d’avenir, unissant la nation, écartant ce qui la peut diviser, à même de remobiliser un corps électoral qui n’y croit plus

7) Clarifier d’un long terme compris par tous ce que fera le pouvoir des prochains quinquennats devant une immigration qui se refuse trop largement – et depuis 50 ans – à approuver la devise de la République française ; République qui voit en chacun la même dignité que l’on soit homme ou bien femme, France qui laisse à chacun sa liberté de penser et vivre sa religion (ou n’en point avoir)

Cristallisant le mouvement fut aussi une autre demande que l’on serait coupable de passer sous silence :

8) Arrêter d’emmerder les Français avec la bagnole.

Déjà Chaban, puis Giscard et surtout Mitterrand voulaient changer la société, les forces de progrès disaient-ils… Le progrès vers quoi ? On ne sait. En tous cas, force est à ceux qui crurent en une plus grande justice sociale qu’hormis des mesures revendicatives paresseuses ou visant un faux-confort – les 35 heures, la cinquième semaine de congés payés, l’allongement des congés maternité et leur attribution aux hommes, les RTT et tout le reste – de constater que rien n’aboutit véritablement à remplir la bourse de ceux qui la veulent mieux pleine par leur labeur. Échec – si prévisible – d’un « welfare » socialisant. Dettes sur l’avenir…

Macron avait – l’a-t-il encore ? – l’occasion d’initier un mouvement solidifiant le corps social. En comprit-il l’opportunité ? Qui croit cela ? Loin des choses finalement assez simples, et en tous cas désirées et cette fois exprimées ! par le biais des Gilets-jaunes, il se perd en mesurettes et ne sait plus rompre d’avec un passé de complaisance, satisfaisant pour l’audimat et le quatrième pouvoir (les médias), dans lequel ses prédécesseurs et tous ceux « en responsabilité » depuis un demi-siècle se vautrèrent par faiblesse ou lâcheté.

Il poursuivra certes d’agir comme il l’entend (ou comme on le lui demande ?), et fera bouger encore et encore des structurations sociétales et des pratiques sanctionnées (approuvées) par le temps. Mais quel bien viendra-t-il dans 20 ans, dans 50 ou 100 ans de mesures objets de toutes les contradictions ? Qu’il s’agisse du mariage (et bientôt de la PMA) pour tous, de la sournoise destruction de l’autorité – et la protection ! – parentale… Qu’il s’agisse de mesures écologiques où l’éco se traduit par des taxes et la logique se cherche en vain, ou du moins fait l’objet d’une approbation très circonspecte… Leurs COP-21 et suivantes, leur taxe carbone, etc. De toutes l’on nous dit que c’est pour dépenser moins, dépenser mieux ! Et s’avèrent toutes imaginaires-économies dans le porte-monnaie des Français…

Occasions perdues. Comportements politiques inchangés. Peu de bien à attendre des années à venir : LREM perd sa Gauche, comme elle perdra ceux qui y ont souci du bien commun. Plus que jamais une prise de conscience des Français de base, les Français de souche et ceux qui en partagent les valeurs et l’histoire, est nécessaire. Plus que jamais une union de ceux qui pensent droit et de ceux qui souffrent devient utile. Un regard chrétien et aristocratique (tel celui d’un St louis) envers ceux qui souffrent.

Qui sait, qui voit, qui sent comment se termineront les éruptions des Gilets jaunes des trois derniers mois ? disais-je au début. Valoriser le travail et le rendre digne, protéger les familles, parfois dernier refuge avant la rue, défendre de la patrie les valeurs et la protéger de ceux qui veulent s’en emparer serait-il contradictoire avec leurs attentes ?

Bertrand du Boullay