Gilets Jaunes : réflexions après une journée lyonnaise

Publié le 17 novembre 2018 - par - 7 commentaires - 1 572 vues
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Lyon, place Bellecour, 16 heures. Cela va et vient par grappes d’un peu partout depuis 8 heures, quelques centaines, un bon début, la pêche, débonnaires, rigolards (« Brigitte ! pédophile »). On attend les motards qui sont allés bloquer quelques axes le long du Rhône, d’autres groupes reviennent des tunnels, les flics semblent plutôt protéger alors que la manif n’est pas déclarée. Une jeune fille, drapeau français, prend la parole pour informer qu’en attendant on va faire le tour de la place. Une dame discute vivement dans un petit groupe dénonçant la traque fiscale auprès d’un questionneur un peu trop collet monté, tout de suite démasqué comme « bobo », tant il semble être là pour « analyser ». La dame est aussi outrée que Macron ait pu critiquer les Français depuis l’étranger (l’épisode des Gaulois réfractaires) et met en avant « le fric de dingue » claqué par l’État. Je fais observer que c’est une goutte d’eau à côté des dizaines de milliards dépensés pour des « aides » du genre « je te casse les jambes et je te pique de l’argent pour te fournir des béquilles », cela fait sourire. Quelqu’un grimpe dans un monte-charge servant au déménagement et harangue la foule mais on n’entend rien, il fait frais, sec, peu de pollution, les lumières de la ville scintillent plus fort au fur et à mesure que le soir tombe. Ici et là, les gens vaquent en même temps à leurs occupations d’un samedi soir.

Une fanfare s’époumone au coin de la rue de la République, indifférente aux appels des Gilets jaunes pour les rejoindre, ouvrir la manif peut-être. Les motards arrivent, grande clameur, ils font gronder leurs moteurs. La grogne, cela réveille bien sûr, ils jouent le rôle d’éperon, même les flics de la police municipale, eux aussi à moto, semblent plutôt leur ouvrir le chemin que leur barrer la route. Déjà, le matin, j’avais remarqué la présence forte, décidée, des motards du mouvement qui bloquaient pour qu’une manif improvisée débouchant de la rue Grenette vienne se répandre cette fois sur les quais de Saône. Je les voyais, tranquilles, le long du marché.

17 heures. Après avoir fait un bilan des différentes actions de la journée en faisant parler uniquement ceux qui ont quelque chose à dire à leur sujet, les animateurs annoncent que l’on va se diriger vers la Guillotière. Pas mal de monde encore, quand même, les slogans se font plus trash « Macron, on t’encule ». J’ai indiqué que ce n’était pas approprié étant donné que cela pourrait lui faire plaisir (quelques sourires). Plus drôle, « Macron, mon pognon » (les taxes se montent à 60 %, la France « pollue » à moins de 1 %), « Macron, dégage ! » lance une dame perchée sur son vélo,  quelqu’un me récite un vers de Corneille : «  Nous partîmes cinq cents  mais, par un prompt renfort – Nous nous vîmes trois mille […] ».

Oui, c’est un peu ça, un bon début, l’UPR distribue des tracts en loucedé. Une banderole dénonce les cadeaux faits aux riches, j’aurais aimé discuter sur les mensonges du gouvernement, sur le nombre de morts dus aux « particules fines », 35 000 à 50 000, disent-ils, sur 500 000 morts par an en France. Il faudrait d’autant plus vérifier que le taux baisse, les filtres sont meilleurs, moins de 10 %, pas du tout la principale cause en tout cas, et, au niveau mondial, 2,9 millions sur 7 milliards, soit moins d’un demi pour cent, le diesel l’équivalent de l’amiante ?

Le gouvernement de plus en plus démagogue, alors que le tabac et l’alcool tuent deux fois plus, et que rien n’a été fait pour penser la « transition », déjà mettre à niveau les transports en commun, mais tout le monde ici semble être là pour bien plus qu’un débat chiffré. On sent un désir de se réapproprier quelque chose, d’ailleurs, avant de partir en manif, la Marseillaise a retenti. Lorsqu’un animateur a demandé que l’on fasse le bilan, il a commencé par les « représentants » des groupes de blocage, avant de demander « quelqu’un » qui y a participé. Certains aussi, lors de la traversée du pont, voulaient bloquer encore plus, d’autres non, je me suis demandé alors, devant une telle « liquidité » (mot à la mode) si un groupe plus organisé ne pouvait pas, dans ce cas, imposer petit à petit ses mots d’ordre, un peu comme en février 17… Le tsar implose, un vide s’impose, tous les groupes agissent, personne ne s’impose vraiment, sauf dans les urnes, mais les bolcheviks, minoritaires, sont mieux organisés et vont faire l’OPA sur le mouvement, avec l’aide des naïfs anars. On n’en est pas encore là, et puis il y a l’expérience, les gens ne sont pas dupes, à voir le Venezuela crever, Mélenchon a beau vouloir surfer sur la vague, pas sûr qu’il sache tenir sur le surf, qui va vite… Trop vite pour la « récup »…

Pour l’instant…

Lucien Samir Oulahbib

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Notifiez de
BobbyFR94

Très bon article, Lucien !!!

Mais je reste persuadé que la guerre interne, en France en interne j’entends, a été décidée, et que TOUT est fait pour que cela arrive !!!

Ils, les MONDIALISTES, n’ont plus le choix, l’économie s’effondre de partout, et comme les gens éduqués ne sont plus nécessaires, je vous laisse penser comment faire pour que ces gens en question, disparaissent en premier …

http://resistancerepublicaine.eu/2018/01/23/ok-pour-le-grand-remplacement-mais-pourquoi-ca-bordel-de-merde/

DUFAITREZ

Scène ordinaire d’un Samedi extraordinaire !
« La Belle Cour de Macron s’est fourvoyée à Fourvières !
Les Champs ont connu leurs Partisans….
Même les Marseillaises ont défilé !!! »
La Révolution « en Marche » !

Joël

Moi, ce que je retiens du bilan c’est : pas d’abribus pétés, de voitures brûlées, de flics bombardés au molotov ou à l’acide, de magasins pillés, etc.
Conclusion : pas de syndicats = pas d’antifas. Il faut donc les interdire de manifs.

François Desvignes

Lucien, faites comme Pascal : changez de nom.

On ne peut pas vous lire si vous vous appelez oulala.

Lsao

Pauvre con. À la Manif il y avait des gens de toutes les origines, même parmi les animateurs, un noir criait « Macron les Français en ont marre », je ne leur ai pas demandé leur blaze, par contre j’imagine qu’il y a beaucoup de gens qui ont le nom bien comme il faut, ils sont même au pouvoir et ils se foutent de ta tronche alors que tu as un nom bien dans les clous.

Frederic REYNIER

Reponse de marxiste au cerveau limité qui ne voit que les taxes et la lutte des classes
[…]

eléa

François, Vous êtes vraiment sérieux quand vous demandez à Lucien de changer de nom ou vous êtes un troll? Si vous êtes sérieux, vous pourriez essayer de reconsidérer votre position. L’article est remarquablement écrit. Le nom de l’auteur est bien lisible, Lucien Samir Oulahbib. On a connu plus difficile à prononcer. Faites un effort. Le fond est bon, la forme vous demande d’élargir votre horizon, d’adopter un vocable étrange sans rien perdre par ailleurs. Ajouter Oulahbib ou Apple à votre vocabulaire, c’est pareil, c’est juste un élargissement pour être plus ouvert. Pour être plus efficaces entre alliés.