Giscard : Requiem pour un « faisan »

Requiem pour un « faisan ».

« Deux Français sur trois aspirent à être gouvernés au Centre. »

 « Mon septennat sera celui du changement. La France doit devenir une société libérale avancée de type permissive »                                                                                                             (Deux citations de Valéry Giscard d’Estaing).

Dans notre civilisation aseptisée et policée, notre monde de bisounours, on ne tire pas sur une ambulance, encore moins sur un corbillard. Vous me direz, à juste titre, que certains s’autorisent à brûler les voitures de flics ou à caillasser les pompiers, mais ce retour à la barbarie, nous le devons précisément à celui que la France pleure et encense aujourd’hui : je veux parler de Giscard, le « Verchuren de Chamalières », le vieux daim auvergnat, défuncté hier du coronavirus, à 94 ans.

Aujourd’hui, « l’A4 » – l’Amicale des Accordéonistes Amateurs d’Auvergne – « l’UDCA » l’Union des Diamantaires de Centre-Afrique (1), le « Fan-club » de Lady Diana, l’Association des Européistes forcenés (Filiale du « New Mondial Order »), les ONG favorables au « remplacement de population », la faune bénéficiaire du « regroupement familial » et les tricoteuses pro-avortement  sont en deuil. Sans parler des vieilles catins qui étaient des starlettes sans talent et en mal de notoriété dans les années 70, et qui furent ses maîtresses… fort nombreuses nous dit-on.

Eh bien tant pis, au milieu de ce concert de louanges, de pleurs et d’éloges dithyrambiques, je m’autorise à être une voix discordante. Je vais encore me faire agonir par la « Gauche-caviar » et la « Droite-cachemire », mais j’ai l’habitude (2) et, à vrai dire, je m’en fous ! Si, comme le disait Giscard « deux Français sur trois aspirent à être gouvernés au Centre », disons que je suis le troisième : celui qui rêve, encore et toujours, à une gouvernance vraiment de Droite.

En 1974, je votais pour la première fois lors d’une élection présidentielle. À l’époque, la majorité était encore à 21 ans et j’ai attendu d’avoir 24 ans pour pouvoir me livrer à cette tartufferie démocratique qui consiste à mettre anonymement un bulletin dans une urne en croyant influer sur le destin de son pays. Au premier tour, j’avais voté pour un candidat inconnu du grand public, un certain Jean-Marie Le Pen. Il avait servi comme sous-lieutenant en Indochine, chez les Légionnaires parachutistes puis, à 26 ans, plus jeune député de France, il s’était porté volontaire pour aller se battre en Algérie, toujours chez les paras-Légion. Les hommes politiques capables de mettre leur peau au service de leurs idées sont une espèce rare ! Ce Breton, avec son bandeau de corsaire, avait une « gueule », il s’exprimait  remarquablement et dénonçait (déjà !) l’immigration incontrôlée et l’islamisation rampante de la France : trois bonnes raisons pour que je vote pour lui.

Avant le Second tour, j’ai demandé à mon père son avis sur Giscard et Mitterrand, les deux finalistes. Ce dernier, qui avait le sens de la formule synthétique, m’a répondu en souriant :

« Nous avons le choix entre une planche pourrie et un bâton merdeux ».

J’ai donc voté pour… Jeanne d’Arc. Pourtant, Giscard était le candidat « des chevalières armoriées ». Cet homme jeune – déjà vieux briscard de la politique – n’était « ni de Droite, ni de Gauche ». Il nous promettait « le changement », comme si c’était un programme !

Il plaisait beaucoup à la « droite-cachemire » par sa préciosité, que d’aucuns prenaient pour de la distinction, et sa particule. En fait, c’est son père, le banquier Edmond Giscard, qui avait relevé un nom en… 1922 (aidé par son frère cadet René, également concerné, conseiller d’Etat) ; celui d’une trisaïeule, morte en 1844 et dernière du nom, mais aussi et surtout celui du Contre-amiral (Jean Baptiste) Charles Henri d’Estaing, de vieille lignée noble auvergnate et titré comte. Un aristocrate franc-maçon, imprégné par les Lumières. Après une participation qui ne fit pas l’unanimité lors la Guerre d’indépendance américaine (rappelé à Versailles, il sera remplacé par l’amiral de Grasse), resté en France durant la Révolution, il dirigea la garde nationale de Versailles, et avait joué un rôle ambigu lors des journées d’octobre 1789, avant de démissionner. Il ambitionnait la dignité de Maréchal de France, mais il fut finalement promu Amiral en janvier 1793. Cependant la Terreur était une époque folle, le sang appelait le sang et les salopards commençaient à s’entretuer : Danton et Camille Desmoulins, Robespierre et Saint-Just quelques mois plus tard, finiront sous le « rasoir national ». L’Amiral d’Estaing, accusé d’avoir comploté, sera guillotiné à Paris le 28 avril 1794.

Valéry Giscard d’Estaing avait trois points communs (3) avec celui dont il portait la particule : une ambition démesurée, une absence totale de scrupules et des idées progressistes.

Il entendait « vider le Programme commun (de la Gauche) de son contenu » et prétendait que la majorité des Français aspiraient à être gouvernés au Centre. Libéral en matière de mœurs, on lui doit entre autres :

a)- L’entrée au gouvernement de ministres de Gauche, lesquels, fidèles à leurs convictions, ont fait une politique… de Gauche : « une société libérale avancée de type permissive ». « Avancé(e) », comme on le dit d’un camembert ; quand il coule et qu’il pue. On en voit le résultat aujourd’hui !

b)- Le divorce « par consentement mutuel », qui a fragilisé la famille.

c)- La légalisation de l’avortement, qui depuis 1975, à raison de presque 240.000 avortements annuels (chiffre officiel actuel, en hausse), aura assassiné légalement plus de 9 millions de petits Français de souche (car ne nous leurrons pas, la « diversité » n’avorte pas !).

d)- Le « regroupement familial » qui remplaçait une immigration de travail, une immigration choisie, et qui est à l’origine de l’invasion afro-maghrébine incontrôlée (car incontrôlable) que nous subissons aujourd’hui. En fait, Giscard, qui était énarque ET polytechnicien, savait qu’il attaquait l’omelette par les deux bouts. De son temps, comme du mien, dès les classes primaires on résolvait le problème imbécile de la baignoire et du robinet qui fuient. En tuant 240.000 enfants à naître par an et en laissant entrer 250 à 300.000 étrangers, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’on va à la catastrophe.

e)- La majorité  (et le droit de vote) à 18 ans, mesure démagogique pour plaire aux jeunes. Giscard s’est fait sortir par les jeunes – formatés à gauche – auxquels il a donné le droit de vote.

f)- C’est encore Giscard qui, en 1975, créait le G7 et expliquait aux pays industrialisés que les peuples ne supportant plus l’hyper fiscalité, il fallait les culpabiliser avec le réchauffement climatique et les taxer au nom de l’écologie. Bis repetita !

Et c’est encore lui qui s’est formellement opposé à ce que les racines chrétiennes de l’Europe soient évoquées dans le préambule de la Constitution européenne.

Depuis Giscard, la France n’a plus jamais connu un budget en équilibre. Et depuis Giscard, la Droite court après les idées progressistes et les avancées « sociétales » de la Gauche : PACS, mariage des invertis entre eux ; PMA bientôt et demain GPA (et après-demain, légalisation de l’euthanasie, de la pédophilie, etc ?).

Je pourrais continuer longtemps, mais je crains de lasser mes lecteurs.

N’oublions pas que cet individu a fait payer par le contribuable français  le « sacre », grandiose et ridicule, de son « cousin » centrafricain Jean-Bedel Bokassa. Puis, quand Bokassa 1er a accusé Giscard d’« avoir conduit l’Impératrice Catherine sur le chemin du déshonneur », ce dernier a utilisé l’armée française pour le renverser (4). L’Afrique aura été l’un de ses terrains de jeu : il y chassait le grand fauve et il a placé des parents à lui à la tête de grandes banques africaines.

Et que dire du vieux beau qui se vantait, dans son livre, « La Princesse et le Président », d’avoir séduit Lady Di, « la princesse des pauvres » (5) qui plaisait tant à la presse people, avec son look d’apprentie coiffeuse et ses belles idées de Gauche ? De ce riche snobinard qui jouait du « piano à bretelles » pour faire peuple ?

Dans quelques années, quand ce satrape aura rejoint les poubelles de l’Histoire, peut-être que nous saurons la vérité sur l’éventuelle participation de Giscard et son ami Poniatowski dans la préparation de l’attentat du Petit-Clamart. Sur les morts du prince de Broglie, de Joseph Fontanet et de Robert Boulin. Les deux premiers ont été abattus, en pleine rue, au calibre 11.43 (Colt 45), le troisième s’est suicidé, un suicide aussi peu crédible que celui de Stavisky (6).

Rappelons, juste pour mémoire, que Jean de Broglie, ami de Giscard, a été Secrétaire d’État aux Affaires algériennes (1962-1966) et qu’il a été l’un des négociateurs des accords d’Évian. Et cela, pour partie à une époque où Robert Boulin était Secrétaire d’État aux Rapatriés (1961-1962). Bizarre, non ?

En guise de conclusion, rappelons aussi que le 3 juillet 1975, à 2 heures du matin, le juge d’instruction François Renaud dit « Le Shérif » a été abattu à Lyon. Il pensait  qu’une bonne partie des activités du grand banditisme organisé trouvait ses racines dans les marges de la vie politique et, en particulier, dans le financement de la campagne présidentielle de 1974.

Voilà ce que je voulais dire sur Giscard. Il a grandement contribué au pourrissement et au délitement de la nation France. Il ambitionnait d’être un jour président d’une Europe unie. Il a raté le coche ! C’est aujourd’hui le rêve que caresse son disciple, son clone, Emmanuel Macron.

Bon je concède UNE qualité à Giscard : il imitait drôlement bien Thierry Le Luron.

Eric de Verdelhan

1)- A ne pas confondre avec L’Union de Défense des Commerçants et Artisans – L’UDCA – de Pierre Poujade, dont Jean-Marie Le Pen fut le plus jeune député en 1956.

2)- A la mort de Jean d’Ormesson, j’ai écrit un article intitulé « le précieux ridicule » qui m’a valu une volée de bois vert ; j’en ris encore !

3)- Les « trois points » ne sont pas une allusion déguisée à la franc-maçonnerie. L’Amiral d’Estaing était maçon, mais Valéry ne l’était pas…. à ma connaissance.

4)- L’affaire des diamants est anecdotique : quelques diamants bruts donnés à un chef d’Etat, ce n’est pas choquant, mais le « Canard enchaîné » en a fait ses choux gras.

5)- Au demeurant richissime, comme beaucoup de gens de Gauche.

6)- Lequel s’est « suicidé » de… deux balles tirées dans le dos.

 

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13 Commentaires

  1. Dans cette mascarade furibarde et pudibonde du corona-virus, y en aura au moins un qui aura été démasqué : Ce vieux dégueu de VGE, maitre-d’oeuvre du Grand Remplacement . Quel portrait !
    Merci pour cette édifiante et drolatique biographie d’une gloire faisandée !

  2. C’est plutôt Chirac, alors président de la République, qui s’opposa en 2004 à toute référence aux racines chrétiennes de l’Europe..
    https://www.lefigaro.fr/vox/politique/l-europe-a-des-racines-chretiennes-et-ce-depuis-l-empire-carolingien-20190510
    Extrait de cet article du « Figaro vox » : « Voici 15 ans*, Jacques Chirac mobilisait ses troupes pour écarter du Préambule de la «Constitution européenne» toute référence aux racines chrétiennes de l’Europe. »
    *L’article est daté du 10/05/19.

  3. Bravo pour cet article qui remet les pendules à l’heure ! Plaise à Dieu que tous ceux – il y en a parmi les posteurs sur ce site – qui s’imaginent encore que ce sombre et triste individu était un homme de droite, ou encore qu’il serait pour quelque chose dans l’état relativement bon de la France pendant son règne (comme si c’était grâce à lui), ouvriront enfin les yeux !

    Le tableau dressé par Eric n’est même pas complet. Il faudrait parler de l’arrimage à l’allemagne voulu par giscard (c’est lui qui a imaginé la ridicule expression « couple franco-allemand »), de l’augmentation folle de la fiscalité des entreprises, et dire aussi – on n’en parle jamais – que giscard est celui qui hypothéquera notre Dissuasion nucléaire en déclarant qu’il n’aurait jamais appuyé sur le bouton.

  4. Dans quelques années, (….), peut-être que nous saurons la vérité sur l’éventuelle participation de Giscard (…) dans la préparation de l’attentat du Petit-Clamart ».

    En effet, giscard, dont il est quasi certain qu’il a fait partie de l’OAS (mais jamais sans se mouiller…) et dont on connaît d’ailleurs le numéro d’enregistrement, pourrait bien être la personne qui téléphonait depuis un numéro protégé de l’Elysée pour communiquer à Bastien-Thiry l’heure de départ de la voiture du général De Gaulle et l’itinéraire qu’elle emprunterait…

    gIscard que la France n’a jamais intéressé avait une bonne raison de se débarrasser du « Vieux » : les places sont bonnes à prendre.

    Ce que je ne comprendrai jamais, c’est que De Gaulle ait pu le prendre comme ministre.

  5. S’il fallait une preuve que giscard n’a jamais été autre chose qu’une pute de la dernière espèce, pour dire les choses poliment, c’est son héritier spirituel macron qui nous l’a fournie, en décrétant une journée de deuil national en l’hommage de cette vieille pourriture.

    Les grands esprits se sont rejoints.

    Il y a des signes qui ne trompent pas.

  6. J’ai lu que le QI baissait….
    Toute une Théorie sur le sujet….
    Elle se confirme !

  7. Rappelons, juste pour mémoire, que Jean de Broglie, ami de Giscard, a été Secrétaire d’État aux Affaires algériennes (1962-1966) et qu’il a été l’un des négociateurs des accords d’Évian. Et cela, pour partie à une époque où Robert Boulin était Secrétaire d’État aux Rapatriés (1961-1962). Bizarre, non ? / dixit

    Bravo !
    https://www.youtube.com/watch?v=-Am18-CB1D8
    Le groupe « Charles-Martel », « mystérieux groupe d’extrême droite inconnu », revendiquait par ailleurs l’attentat, indiquant que « le prince de Broglie avait été liquidé en tant que responsable de l’invasion de la France par les hordes nord-africaines » ( enfin ce sont un des contre feux du pouvoir de l epoque ! rires )

  8. Je croyais que Joseph Fontanet était mort sur la route en Savoie ?
    (dans un accident pouvant être criminel).

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