Glavany-laïcité, tome 2 : 88 pages pour ne rien dire !

Publié le 21 mai 2012 - par - 673 vues
Share

Dans un précédent article, nous avons démontré comment un prétendu « guide de la laïcité » écrit par Dounia Bouzar, signé par Jean Glavany et publié par le Parti socialiste n’était qu’un vulgaire « guide des accommodements raisonnables » pour mieux islamiser la France, selon le souhait et les préceptes de Dounia Bouzar :

http://ripostelaique.com/comment-trahir-la-laicite-un-guide-ecrit-par-dounia-bouzar-signe-par-jean-glavany-et-publie-par-le-ps.html

Il s’agissait donc d’une énorme arnaque sémantique, la « laïcité » à la Bouzar-Glavany ne servant qu’à mieux imposer l’islamisation et ses manifestations ostentatoires dans tous les secteurs de la société civile française, depuis le financement des mosquées jusqu’aux horaires réservés dans les piscines et gymnases en passant par les menus dans les cantines scolaires.

Est-ce à cause de nos critiques que Jean Glavany s’est senti obligé de signer une espèce de « tome 2 » édité par la Fondation Jean-Jaurès, intitulé « Les deux points sur les i » ?

Glavany_Laicite_2 (cliquez sur le lien pour lire le document)

Il s’agit d’un document extrêmement verbeux et alambiqué de 88 pages, là où seulement une dizaine de feuillets auraient suffit à clarifier ou corriger la position officielle du Parti socialiste.

Plus de la moitié de l’ouvrage (54 pages) n’est en effet qu’un laïus indigeste  enfonçant des portes ouvertes, et ressemblant étrangement à des justifications alambiquées et byzantines sur le premier ouvrage. Deux ou trois pages auraient largement suffit pour rappeler les principes laïques de notre République !

Il faut donc aller directement à la page 55 pour enfin arriver à la partie « Laïcité au quotidien », c’est-à-dire des choses et des propositions qu’on pourrait espérer plus concrètes, mais là encore, notre déception est totale.

Jean Glavany revient tout d’abord sur l’affaire de la crèche Baby Loup… pour nous dire qu’il y a là « un problème nouveau », sans jamais contredire sa co-rédactrice de l’ouvrage précédent, qui pour sa part avait fustigé l’« islamophobie » des décisions de justice sur cette affaire. Donc chapitre sans aucun intérêt.

Jean Glavany évoque ensuite le cas d’une « enseignante, employée par un établissement catholique », qui avait été « licenciée de ses fonctions en raison de son remariage après divorce ». Pour là encore ne rien conclure du tout, sinon rappeler que « l’obligation de réserve imposée aux maîtres de respecter le caractère propre de l’établissement, si elle leur fait un devoir de réserve, ne saurait être interprétée comme permettant une atteinte à leur liberté de conscience ». Autrement dit, du moment que c’est privé, faites ce que vous voulez !

Jean Glavany rapproche ensuite ces deux affaires, en se posant la question de la législation… sans évidemment proposer de solution : « Relève-t-elle du secteur public, puisqu’elle se substitue aux obligations de l’Etat, ou du secteur privé dans la mesure où c’est une entreprise privée, souvent associative ? ». Le député socialiste se garde bien de donner une réponse…jugeant simplement que « la question devient cruciale ». On est bien content de le savoir.

Jean Glavany aborde ensuite le sujet « Les religions et l’hôpital public ». Six pages de baratin pour conclure… ce qu’avait déjà conclu le rapport Rossinot-Borloo en juin 2005. Quel progrès !

Titre pompeux pour le chapitre suivant : « Enseigner le périmètre des sciences : un enjeu laïque et démocratique ». Là encore, des pages et des pages pour redire (à demi-mots, il ne faut froisser personne…) que ce disait il y a des années le rapport Obin, le tout pour conclure par une généralité absconse qui vaut le détour : « Les fondateurs de l’école laïque faisaient de l’école la base du sentiment républicain, que les petits Français découvraient ensemble. Diviser cette école de la République revient à diviser la République en autant de principautés régies par des principes religieux, des idées politiques, ou du moins à encourager un mouvement de sécession. »

Et voilà. On a fait le tour des questions dites « concrètes » sans aucune plus-value, sans rien de précis, pour en arriver à une « conclusion » au titre gonflant : « Il n’existe qu’une laïcité ». Jean Glavany nous explique qu’il faut « restaurer la laïcité de la République » mais en oubliant de dire comment. Et il termine en tapant sur la droite, « la propagande néolibérale », et quelques phrases creuses dont la gauche démagogique a le secret :

« Il est nécessaire de donner un cadre légal à la mission de service public associant à la participation financière de l’Etat un cahier des charges rigoureux, compatible avec l’esprit et la lettre de la Constitution. Enfin, il faut restaurer l’unité de la nation également et d’abord par l’école de la République. C’est dès l’enfance que se construit l’avenir. Tous les pouvoirs le savent. »

Ou encore :

« Le choix d’un système scolaire n’est jamais innocent. Le sens donné à l’organisation de l’enseignement a toujours précédé le mouvement plus large de la société vers le progrès ou la régression, vers l’émancipation ou la contrainte. Condorcet ouvrait la voie à la République ; le Concordat de Bonaparte à l’Empire ; la loi Falloux annonce la férule impériale et cléricale ; les lois de 1882 et 1886, en redonnant à l’enseignement sa liberté, préparent l’avènement, vingt ans après, de la loi qui va installer durablement la République. »

Bref, 88 pages sans aucun intérêt, qui ne reviennent aucunement sur les « accommodements raisonnables » préconisé par le premier ouvrage Bouzar-Glavany-PS, et qui n’est qu’un exercice d’enfumage politicien on ne peut plus minable. On attend toujours « les deux points sur les i » sur le mot « laïcité » de la part d’une gauche totalement soumise au diktat électoral des lobbies islamiques.

Djamila GERARD

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.