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Grâce à Sami Aldeeb, un nouveau clou pour le cercueil du Coran

learnedmanandcoranrose
Depuis quelques jours, les amateurs et les professionnels de la « science coranique » disposent d’un Coran unique dans l’histoire de l’islam: un texte « othmanien » ponctué. Ne vous y trompez pas: c’est une véritable révolution. 
Si les traductions du Coran sont en principe relativement lisibles, car les traducteurs tiennent généralement à être lus, le Coran en arabe en est resté à l’état d’écriture sainte, intouchable. Réputé parfait, car soi-disant dicté par Dieu (via un ange), le texte coranique ne doit souffrir aucune critique, aucune modification qui risquerait d’en travestir le sens. Or ce texte est absolument imbuvable. Nous sommes censés en connaitre la signification (probable) en raison des nombreuses études exégétiques qui en ont été faites, par des croyants. Mais l’ouvrage lui-même, toujours sans ponctuation, contient des milliers d’erreurs objectives (termes manquants, prépositions et accords incorrects, mots incompréhensibles ou équivoques) et de marques de médiocrité crasse. C’est en fait un très mauvais brouillon, totalement inutilisable sans les épaisses lunettes roses que la foi musulmane pose sur le nez des croyants. La question est: comment le prouver? Le prouver aux musulmans? Histoire notamment de refroidir leur ardeur pour l’égorgement, l’esclavagisme, les châtiments corporels, l’apartheid social (dhimma) ou encore l’émigration agressive.
Il y a un an, Sami Aldeeb, un Palestinien établi en Suisse, faisait date dans l’histoire de l’islam en publiant une première édition critique du Coran en arabe, annoncée notamment, bien sûr, par Riposte Laïque. Cette édition présentait les sourates dans l’ordre chronologique (le Coran standard est classé à la manière d’une pile, avec les longues sourates au début et les courtes à la fin), trois typographies, les sources du texte coranique, les causes de la révélation, les variantes (différentes lectures selon la disposition des accents qui rendent les consonnes univoques), les abrogations et les erreurs (plus de 2500). Elle a été téléchargée à des dizaines de milliers d’exemplaires. Et on peut se la procurer sur papier auprès d’Amazon.
Entre-temps, l’auteur a continué de travailler sur cette version et propose aujourd’hui une autre première mondiale: un texte coranique arabe ponctué (virgules, points virgules, points, points d’exclamation, points d’interrogation, guillemets, etc.). Cela peut paraître peu de chose à des lecteurs francophones, mais c’est (encore) un sacrilège épouvantable dans l’islam. À tel point qu’il était et reste exclu qu’un musulman s’y risque. Et même les gens de Harvard n’oseraient pas offusquer ainsi des bailleurs de fonds aussi généreux que leurs mandants musulmans. Mais, quelque part en Suisse, dans un petit village proche des rives du lac Léman, quelqu’un a fait le travail.
Cet effort permet de mieux distinguer les faiblesses patentes du texte coranique, qui apparaissent d’autant mieux qu’on utilise son cerveau pour appréhender la signification du texte. En principe, les musulmans arabophones « savent » que le coran est parfait, et que la chose ne saurait être mise en cause sans fâcher très gravement nombre de leurs coreligionnaires, très longtemps avant d’être en mesure de lire le texte original, s’ils y parviennent jamais. Dès lors, même les « savants » musulmans passent sur les erreurs avec un pieux aveuglement que rien ne saurait troubler. Après tout, qui irait risquer sa vie, ses biens, le confort de sa famille et de sa maison pour briser le socle même, les croyances les plus fondamentales de sa société? Ce serait bien sûr le rôle de ce qu’on appelle en France les « intellectuels », mais ceux de l’islam n’ont pas encore trouvé le courage nécessaire. Alors le premier pas doit venir d’ailleurs. Et le Coran de Sami Aldeeb en constitue un, essentiel.
La disponibilité de l’ouvrage a été annoncée personnellement à une cinquantaine de personnalités du monde musulman. Sami Aldeeb espère que certaines d’entre elles voudront bien relire son travail et l’enrichir de leurs commentaires et compléments d’information. Si vous, lecteur ou lectrice, disposez des compétences nécessaires, sachez que votre apport éveillera la meilleure attention de l’auteur. N’hésitez donc pas à vous procurer ce premier Coran ponctué de l’histoire (maintenant aussi sur Amazon) et à le commenter à l’attention de Sami Aldeeb, dont vous trouverez les coordonnées ici.
Pour la petite histoire, cette nouvelle édition du Coran en arabe signale également, discrètement, par un tilde (~) rouge, les « queues ». Les queues sont de petites phrases très simples et souvent répétitives (quelques exemples faciles) dont la fonction consiste en fait à créer une rime, sans rien ajouter au contenu sémantique. Sami Aldeeb en a recensé environ 2000, sur un total de 6200 et quelques versets. La poésie coranique a vraiment quelque chose d’exceptionnel…
Si cet article vous a plu, vous adorerez sans doute en apprendre davantage sur le Coran tel que peuvent le considérer des érudits non musulmans. Voici une série de conférences données cette année par François Déroche, qui permettent de découvrir l’état des connaissances actuelles sur le Coran réel, historique:
François Déroche : Histoire du coran. la tradition musulmane

François Déroche : histoire du coran. les témoins oubliés

François Déroche : histoire du coran.Vulgate coranique et critiques historiques

François Déroche : Histoires du coran. Nouvelles hypothèses

François Déroche : Histoire du coran. Editer le coran

Alain Jean-Mairet