Grâce à Touraine, je suis devenu un potentiel donneur d'organes

Nous sommes à Paris en l’an Hollande 3 +2015 – 622 + 732 … enfin quelque part dans le temps.
– Allo la salpète, on vous ramène un type tout cassé de partout, accident de scooter rue du cirque,  on arrive à faire tourner le coeur mais a priori le cerveau a lâché.
– Ok, on le reçoit. Y a-t-il de la pièce détachée ?
– Ouai a priori sauf le cerveau qui part en boucle sur la croissance et l’inversion de courbes.
– A t-il exprimé clairement son refus du prélèvement d’organes ?
– Non non, on peut y aller tranquille. Hé vous me gardez les oreilles et la queue hein !
– T’es con.
Au même moment un rédacteur en chef situé à quelques encablures de là fait une crise cardiaque suite à une énième convocation au tribunal demandée par le CRAN, la LDH, le MRAP, l’UOIF et le CFCM. Y a pas, faut changer le coeur. Et on a de la pièce détachée. Allez hop! 5 heures plus tard, c’est collé sans clous ni vis, c’est toute l’habileté de nos chirurgiens à tel point renommés qu’ils soignent par exemple et à vos frais un ancien responsable du Hamas ou un président algérien. C’est connu, nous les Français on a la main sur le coeur, sur le bistouri et sur le portefeuille. Même sans diplôme on est tous des « French Doctor » et on a aussi l’AME, on soigne tout le monde gratuit, enfin pas les Français qui sont capables de combler le trou de la sécu (salauds de Français riches qui, en plus, peuvent s’offrir une mutuelle).
C’est Bô, c’est bien, c’est humaniste, c’est social-libertaire, l’humain à peine mouru et encore tiède devient un fournisseur des magasins rêvés par ce cher docteur Mengele. On recycle. C’est donc écolo en plus. Notre ministre de ce domaine va pouvoir se faire greffer un cerveau et son ex con-cubain un service trois pièces pour enfin avoir des c…lles. Ben oui, maintenant il faut se signaler sur un fichier pour demander à être un minimum respecté sinon certaines pièces détachées de votre corps vont, pourquoi pas, ré-équiper un djidahiste qui s’est un peu raté avec sa ceinture d’explosif.
marisol-touraine-caricature-ioo
Voici ce que dit l’Etat au sujet du don d’organe:

Recherche de l’avis personnel du défunt sur le don d’organes

La loi française pose le principe du consentement présumé de toute personne décédée sur le don de ses organes.
Toutefois, la recherche d’informations permettant d’apprécier et de respecter la position du défunt au sujet du prélèvement d’un élément de son corps est obligatoire.
Les indices du désaccord ou de réticences éventuelles du défunt peuvent être révélés par :

  • le recueil du témoignage oral d’un proche,
  • la trace manuscrite d’un refus ou d’une restriction (accord limité à un ou certains organes particuliers),
Cette nouvelle disposition est passée en catimini le 14 mai dernier à la chambre des députés dans la nuit (d’où le nom de chambre vu le nombre de dormeurs). Nous sommes donc tous devenus des donneurs potentiels par consentement présumé sans vraiment le savoir, étiquetés sans doute avec une, deux ou trois étoiles pour les morceaux les plus savoureux et les plus frais comme il en est ainsi avec des pièces de boeuf. Nous étions des veaux, nous sommes devenus pièces de boucherie dans un monde qui ressemble de plus en plus au scénario de « Soleil vert », ce film dans lequel Charlton Heston découvre que les pilules vertes les plus nourrissantes sont produites à partir des corps humains euthanasiés dans une usine d’un monde devenu stérile.
Nous entrons petit à petit dans ce monde appelé à devenir stérile à grand coup de mariages homosexuels, de marchandisation du corps humain à grand coup de PMA et GPA désormais autorisées par la Loi si l’enfant a été acheté à l’étranger, le « made in France » sera pour demain. Ce qui est paradoxal c’est qu’un donneur de son vivant doit subir au moins trois entretiens avant de donner une partie de son foie ou un rein à l’un de ses proches biologiques.
Je ne m’oppose pas au don d’organes ante ou post mortem, il est essentiel pour sauver des vies et j’étais donneur au cas où. Mais que diable ! que faisons-nous de la dignité humaine ? Rien. Nous sommes présumés donneurs selon la Loi. La pensée intelligente eut été de graver de façon électronique notre volonté sur la carte vitale. Mais là non, rien, pas pensé. Qu’en est-il du groupe sanguin inscrit  sur cette carte vitale. Là aussi rien, ce qui oblige de multiples analyses avant transfusion. Pourtant cette carte contient une puce électronique capable d’enregistrer quelques mégas d’informations. On en est aujourd’hui à 64 gigas bytes et plus sur une puce intégrée. Mais non, rien.
La précédente dinde en charge de la santé nous avait vendu des lots de vaccins contre la grippe porcine, cette fois-ci la nouvelle dinde aux gros yeux nous vend notre corps. Bienvenu dans ce monde où tout s’achète et tout se vend.
Philippe Legrand
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