Grand Néant de France : la franc-maçonnerie a du pouvoir, mais aucun savoir

Publié le 2 août 2013 - par - 3 731 vues
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Il y a eu ces fameuses réceptions de Hollande et de Mélenchon au Grand Orient de France, dans un joli temple, joli local ancien où est inscrit en bas d’une voûte la devise républicaine avec ces mots si beaux et pourtant si creux : « liberté, égalité, fraternité ». Les vidéos de cette réception existent, je laisse le lecteur s’y reporter s’il a le courage de supporter le déluge de phrases creuses (flatus vocis) débité par les deux zozos, et surtout par le grand-maître, qui se gargarise constamment du « savoir » et du « pouvoir » de la franc-maçonnerie, un grand pouvoir, donc, mais un grand pouvoir très gentil, très sympa, puisqu’il serait légitimé par un grand savoir, un grand savoir permettant notamment de promouvoir « droits de l’homme » et « tolérance » et « valeurs républicaines » partout in the world, bref : un truc magnifique !

http://www.youtube.com/watch?v=bgtUeNUNp_E

http://www.youtube.com/watch?v=aXTvwgTdn-Q

Il y a eu aussi, plus récemment, cette lettre obscène de José Gulino alertant Hollande, à mots couverts, sur le danger que les Veilleurs ou encore le Printemps Français (et, derrière eux, l’Église catholique, la bête-noire des francs-maçons) représenteraient pour notre beau pays, pardon ! pour notre belle République, appelée, je crois, enfin, aux dernières nouvelles, la France. A cette lettre, Pierre Cassen et Christine Tasin ont apporté des réponses. J’ai d’ailleurs préféré celle de Pierre, car plus concrète, plus factuelle, moins idéologique, reprenant moins les concepts mêmes de la franc-maçonnerie.

http://www.bvoltaire.fr/pierrecassen/la-grotesque-bafouille-du-grand-orient-a-hollande,32292

http://www.bvoltaire.fr/christinetasin/cracher-sur-la-laicite-les-lumieres-et-1789-est-criminel,32294

Car, en définitive, la franc-maçonnerie et Christine, qui n’est pas franc-maçonne, emploient un langage commun. Et c’est bien cela qui me chiffonne : laïcité, Lumières, 1789, république, tolérance, universalisme. Voilà des mots qui sont, systématiquement, je dis bien systématiquement, employés par l’ennemi, les francs-maçons, les mondialistes, Manuel Valls, Hollande, etc. Cela devrait nous faire réfléchir : lorsque le champ lexical de la République, de la « concorde universelle » et autres gamineries, est à ce point utilisé par l’ennemi, il est grand temps de quitter le navire sémantique et de changer nos habitudes de langage. Sinon, nous deviendrons des « militants des valeurs de la République et de la laïcité » qui passeront leur temps à combattre des « militants des valeurs de la République et de la laïcité ». Gulino se réclame du Chevalier de la Barre. Christine se réclame du Chevalier de la Barre. L’art de tourner en rond. Et au delà : l’oubli terrible de la vérité historique, le chevalier de la barre n’a pas été condamné par la méchante Inquisition de la méchante Église catholique, mais par des magistrats laïcs, ennemis de la famille La Barre, pour qui la religion fut un pur et simple prétexte. Il suffit à cet égard de citer une belle réponse de Mme Marion Sigaut, historienne critique spécialiste des Lumières à un militant de la Libre (sic) Pensée :

Je n’ai jamais dit que La Barre n’avait pas été exécuté sous des prétextes religieux, mais qu’il ne l’avait pas été par l’Eglise, ni sous sa pression. Et je le répète. Et ce n’est pas en appelant au secours l’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’islamisme radical ou autre, qu’on changera quelque chose à cette vérité historique.

Au dix-huitième siècle, les magistrats ont infiniment plus fait d’ingérence du laïc dans le religieux que l’Eglise n’a fait d’ingérence dans le laïc. C’est une réalité, dont je me demande bien en quoi elle peut déranger la libre-pensée. La laïcité, à laquelle je suis profondément attachée, réclame une totale séparation des Eglises et de l’Etat, et quand des nobliaux sadiques torturaient à mort et en public des malheureux pour des broutilles, il va de soi qu’ils ne le pouvaient que dans la mesure où la loi les autorisait à le faire. Une loi qui permettait à des magistrats totalement civils, n’appartenant pas à l’Eglise catholique (contre laquelle ils n’ont cessé de se battre, parfois victorieusement), de se mêler de juger de sacrilèges, de sacrements, de possession démoniaque et autres.

Et cela ne devrait pas masquer que dans le cas de Damiens, de Lally Tollendal pour citer les plus connus, et des milliers d’autres qui ont été brûlés, torturés abominablement, rompus vifs, dépecés publiquement, ils ont utilisés d’autres prétextes tout aussi arbitraires : lèse-majesté, haute-trahison, vol d’un mouchoir ou émeute de la faim. Tout leur était bon. Savez-vous que le parlement de Paris a fait pendre un huissier de justice pour avoir dit dans un cabaret qu’il y avait du louche dans le procès Damiens ?

Alors une bonne fois, je ne défends pas l’Église, je défends la vérité historique. Si l’Église a commis des crimes, il est juste qu’on les lui impute. Mais il est inadmissible de lui imputer ceux des autres, et c’est d’autant plus odieux que la tyrannie insensée exercée pendant des siècles sur la population par les magistrats, est totalement passée sous silence et inconnue du public.

http://lalibrepensee89.free.fr/debat/messages.htm

Et il n’est pas non plus beaucoup plus adroit de se réclamer de Voltaire, qui impute l’intolérance à la cléricature et non pas, comme il se devrait, à la magistrature. Et il n’est pas non plus très adroit de se réclamer de 1789. Bon nombre de pays européens n’ont rien connu de comparable à 1789, ils ne s’en portent pas plus mal aujourd’hui, et leurs gouvernements n’ont rien de notablement différent du nôtre ; chômage, insécurité, inversion des valeurs à des degrés divers, avec ou sans 1789, c’est du pareil au même. Je rappelle également de que 1789 à 1871, la France est animée d’une sorte de guerre civile permanente, la Première République devient rapidement sanguinaire, et la Troisième République débute dans un bain de sang. L’une des gamineries « révolutionnaires » le plus connues consiste à sabrer le dimanche pour installer la semaine de dix jours. Apparemment, Diderot, quelques décennies auparavant, soutenait l’idée du travail le dimanche. La condition des prolétaires au XIX° siècle fut effarante. Au dire de la gauche républicaine elle-même, pour peu qu’elle soit sincère, la Révolution fut une révolution bourgeoise, socialement régressive, cruellement « libérale ». Et c’est de ce corpus idéologique et politique que certains d’entre nous se réclament ? Car c’est de ce corpus que les francs-maçons, eux aussi, se réclament ! Pitoyable.

En réalité, tous ces concepts ont à peu près autant de sens que celui d’un carré rond. Flatus vocis. Ces concepts doivent être purement et simplement abandonnés, car il ne signifient désormais plus rien, s’ils ont jamais signifié quelque chose. Ces concepts, qui structurent le « savoir » maçonnique, ne sont que des termes démagogiques : tolérance, concorde universelle, droits de l’homme, liberté, égalité, fraternité, lutte contre l’oppression politique et l’obscurantisme religieux… Comme c’est mignon ! Comme c’est vide. Ces concepts se réduisent à des slogans démagogiques fondés sur des approximations, voire de très graves falsifications historiques. Ils ne sont pas science. Ils ne sont pas savoir. Il ne sont rien. Au mieux, mensonge (le mensonge, on peut encore le combattre) ; au pire, insignifiance. Or, on ne constitue pas un savoir avec un discours qui n’est ni vrai ni faux, avec un discours qui ne signifie rien. On ne constitue pas un savoir avec du vide, avec ce que Marcel de Corte nommait l’abstraction, le « rationalisme », le verbe verbeux qui n’est que verbe et qui ne se fait pas chair, qui ne devient pas concret.

Un maçon même illettré qui sait monter un mur, et l’enduire, en sait infiniment plus, non seulement sur son métier, mais sur la nature, les choses et les hommes, qu’un franc-maçon qui n’a jamais touché une truelle de sa vie, se contentant de promener son insignifiance dans des réunions mondaines, peuplées de lettrés foireux. Selon Marcel de Corte, Satan, c’est le vide. Le Mal, c’est avant tout le vide, le néant, le non-être, l’insignifiance. Le satanisme, c’est le déracinement, la décorporation, la négation du concret. Les valeurs de la modernité actuelle sont sataniques : « il faut optimiser son capital santé », « il faut promouvoir une réflexion quant aux solutions qui doivent être trouvées relativement à nos valeurs du vivre-ensemble », trouvez plus stupide, plus creux, plus débile que ces phrases… Et pourtant nos élites, fétides, parlent ainsi. Elles en ont plein la bouche de ces phrases. Flatus vocis. Souffle de voix, voix creuse, propos sans importance, réduits à du son. Faire l’âne en produisant du son…

http://ripostelaique.com/avec-ou-sans-islam-leurope-est-vouee-a-mourir-et-peut-etre-a-renaitre.html

La franc-maçonnerie est une secte sataniste, par définition, car elle est, au plus haut point, la secte du Vide, du grand néant. Le Grand Néant de France. Je suis d’ailleurs à peu près convaincu que la plupart des francs-maçons ne connaissent même pas les rudiments de l’histoire romaine, et ignorent que la République, à l’origine, n’a rien à voir avec la France (1). La République fut, très concrètement cette fois, un concept romain, correspondant à des institutions complexes qui n’ont rien de commun avec les nôtres, dans le cadre d’une chronologie précise et immense couvrant cinq siècles (509 av. JC – 27 av. JC). Le problème n’est pas d’être républicain ou anti-républicain. Le problème est de savoir ce que république veut dire, et de ne point parler pour ne rien dire. L’austère et répressive République militaire romaine n’avait rien à voir avec les gnan-gnanteries droits-de-l’hommistes du Grand Néant de France. Étudions l’Histoire. Ne soyons pas cucul-la-dragée avec nos slogans républicains si vides, nos histoires de Chevalier de la Barre victime de la méchante religion, contre laquelle le gentil Voltaire aurait écrit de si beaux livres. Ne nous comportons pas comme le Grand Satan de France. A bas le vide ! Du plein, nom d’un chien, du plein ! Restituons aux concepts leur contexte, leur complexité détaillée, leur caractère enraciné, concret, précis, en dehors de tout slogan.

Paul-Antoine Desroches

(1) Pour l’anecdote : je connaissais une franc-maçonne de base, par ailleurs encartée au PS et syndiquée à la CFDT, – tout un programme. Elle m’avait demandé de lui rédiger un exposé philosophique pour l’une de ses « tenues » à la con. J’y avais passé des heures, bon bougre que j’étais. J’en avais aussi longuement discuté avec elle, lui prodiguant une foule de conseils, sur la forme comme sur le fond. Et bien, jamais contente la gonzesse ! Je finis par la renvoyer en lui faisant comprendre qu’elle n’était qu’une emmerdeuse. Cette anecdote donne une idée de la prétendue science maçonnique.

Du reste, il faudrait relire aussi Julien Freund, selon lequel la science et la politique sont des « essences » radicalement différentes, même s’il existe entre elles des liens dialectiques. La franc-maçonnerie n’est pas une organisation scientifique, elle n’est et ne sera jamais qu’une organisation politique, c’est à dire un réseau d’influence et de commandement. La grande escroquerie maçonnique consiste à travestir un club politique en cénacle scientifique. Or, je le répète, la franc-maçonnerie n’a aucun savoir, pour la bonne raison que le savoir ne l’intéresse pas. Les tenues sont des organes basiques de propagande, et non point de recherche. Du moins pour ce que j’en perçois de l’extérieur. Je précise au Lecteur que je n’ai jamais été franc-maçon et que cette organisation m’a toujours répugné au plus haut point.

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