Grande-Bretagne : ce qu’écrivait Riposte Laïque en 2009, dans les Dessous du voile

Publié le 12 août 2011 - par - 558 vues
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En 2009, la rédaction de Riposte Laïque, à laquelle appartenait alors Rosa Valentini, publiait son premier ouvrage, « Les dessous du voile ». Nous portons à la connaissance de nos lecteurs l’intégralité du chapitre 7, dans lequel Rosa décrivait l’ensemble des accommodements raisonnables de la société avec l’islam, et les conséquences dévastatrices pour une Nation du multiculturalisme. Un des meilleurs chapitres d’un ouvrage qui demeure plus que jamais d’actualité.

 

L’offensive de l’Islam dans la Grande-Bretagne multiculturaliste

Au milieu des années 1960, le gouvernement britannique entreprit l’institutionnalisation du multiculturalisme dans le but de promouvoir la tolérance vis-à-vis des immigrés, le respect de leurs cultures, traditions et religions, ceci devant logiquement conduire à leur intégration sociale. Le travailliste Roy Jenkins, ministre de l’Intérieur entre 1965 et 1967, fut le premier à évoquer les mérites du multiculturalisme.

Quarante ans plus tard force est de constater que la paix sociale et l’harmonie entre les groupes ethniques paraissent un beau rêve face à l’offensive de l’Islam et à la cassure entre les Britanniques de souche et tous ceux qui refusent l’assimilation, se déclarant musulmans avant tout et revendiquant leur adhésion à l’oumma, la communauté musulmane internationale, plutôt que leur appartenance à la société britannique.

Il est légitime de se demander si le multiculturalisme n’est pas intrinsèquement incompatible avec la notion de paix sociale et s’il ne favorise pas plutôt l’aliénation, la ségrégation et les tensions. Il n’est pas exagéré d’affirmer que le multiculturalisme a échoué. Des jeunes nés, élevés et instruits en Grande-Bretagne ont perpétré les attentats meurtriers de Londres en juillet 2005. D’autres complots sont régulièrement déjoués et des islamistes de nationalité britannique sont condamnés à des peines de prison.

Il est utile de comprendre pourquoi une nation démocratique et tolérante est menacée non pas par un ennemi extérieur mais par ses propres citoyens ou des immigrés et réfugiés qu’elle a accueillis avec magnanimité. Il est intéressant de constater que l’offensive de l’Islam ne fait que prendre de l’ampleur dans un système accroché aux principes du multiculturalisme qui feint de ne pas comprendre que ce n’est pas simplement l’emprisonnement de tel terroriste ou l’expulsion de tel autre prédicateur radical qui contrera l’attaque islamique.

Terrorisme islamique, fruit de l’idéologie de la haine

Le 7 juillet 2005, un attentat islamiste perpétré à Londres tua cinquante-deux personnes et en blessa sept cents autres. Au mois d’août 2006 douze avions devaient exploser à l’aéroport d’Heathrow. Heureusement le complot fut déjoué. En novembre 2006, Dhiren Barot, membre d’Al-Quaida, fut condamné pour avoir tenté de tuer des centaines de milliers de gens dans des attentats synchronisés en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Le 19 août 2008 s’est terminé à Londres un procès condamnant à douze ans de prison un internaute islamiste qui avait consacré plusieurs années de sa vie à créer sur son ordinateur une sorte d’encyclopédie contenant des textes d’incitation à la violence, des renseignements sur la Reine et quinze membres de la Famille Royale, des discussions sur la création d’une état islamique secret en Ecosse, un livre sur les explosifs, un manuel sur les poisons.

Il recrutait des terroristes potentiels et les encourageait à fréquenter des camps de formation au terrorisme au Pakistan. Sa plus jeune recrue était un garçon âgé de quinze ans, auquel il avait confié la mission de mener la guerre sainte contre l’Occident, détruire les valeurs occidentales et éliminer les  » Kaffirs », terme péjoratif désignant les infidèles, c’est-à-dire les non-musulmans.

Le 8 septembre 2008 s’est achevé à Londres le procès de huit islamistes britanniques accusés d’avoir préparé des attentats suicides à l’aide d’explosifs liquides. Ils comptaient faire sauter sept avions à destination des Etats-Unis et du Canada. Fin septembre 2008 trois hommes ont été arrêtés au nord de Londres. Ils sont accusés d’avoir mis le feu chez l’éditeur de Gibson Square qui avait annoncé la publication du roman Le royaume de Médine, écrit par l’américaine Sherry Jones, dont le personnage principal est Aïcha, la plus jeune épouse de Mahomet.

Le 14 octobre 2008 s’est terminé le procès d’un britannique converti à l’Islam, qui avait raté son attentat suicide dans un restaurant d’Exeter, visant une cinquantaine de clients, adultes et enfants. Chez lui on trouva des documents indiquant d’autres cibles potentielles, tel un centre commercial. Quinze complots ont été déjoués en Grande-Bretagne depuis l’année 2000. Comme l’affirme Melanie Phillips dans son livre intitulé Londonistan, la capitale britannique est depuis plus de dix ans « l’épicentre du militantisme islamique en Europe ». De nombreux textes et journaux incitant à la haine et au meurtre des infidèles y sont publiés. Melanie Phillips cite entre autres Filisteen al-Muslima, journal du Hamas et Al-Sunnah, magazine incitant aux attentats suicides. Elle rappelle que des terroristes basés au Royaume Uni ont accompli ou organisé des opérations terroristes au Pakistan, en Afghanistan, au Kenya, en Israël, en Tanzanie, en Arabie-Saoudite, en Irak, au Maroc, en Russie, en Espagne et aux USA. Il suffit de citer Ahmed Omar Saeed Sheikh, assassin du journaliste Daniel Pearl en 2001, et Richard Reid, célèbre pour ses chaussures contenant les explosifs qui devaient faire sauter l’avion Paris-Miami en décembre 2001 .

Londres et la Grande-Bretagne hébergent de nombreuses organisations islamistes ayant des liens avec Al-Quaida. L’organisation Hizb ut-Tahir, qui a été interdite dans les pays islamiques, a son siège à Londres. Le mouvement Tablighi Jamaat a son siège à Dewsbury, dans le Yorkshire (nord-est de l’Angleterre). La mosquée de la ville a été fréquentée par Mohammed Sidique Khan, principal responsable de l’attentat de Londres en juillet 2005. Le groupe al-Muhajiroun, basé à Londres, et préconisant
l’instauration d’un régime islamique, a dirigé des camps clandestins d’entraînement au terrorisme situés dans diverses régions du Royaume Uni.

D’aucuns pensent que les jeunes sont attirés par le terrorisme parce qu’ils sont victimes de la discrimination, du chômage et de la pauvreté. Ils se trompent. En effet la plupart des terroristes ont fréquenté l’université et/ou ont eu des emplois bien rémunérés. Al-Quaida recrute dans les universités britanniques de futurs ingénieurs ou informaticiens issus de familles aisées. D’autres pensent que les jeunes deviennent terroristes pour manifester leur solidarité avec le peuple irakien, victime de la guerre déclenchée par les USA et le Royaume Uni. Ils se trompent aussi. Le terrorisme islamique s’est manifesté bien avant la guerre en Irak. Des camps d’entraînement au jihad existaient en Grande-Bretagne dès 199743 et un complot contre la Grande-Bretagne fut déjoué en 2000, donc bien avant l’intervention anglo-américaine en Irak.

De plus des pays comme l’Indonésie et la France, qui n’ont pas envoyé de troupes en Irak, ont aussi été frappés par le terrorisme islamique. Ce que l’on refuse d’admettre, c’est que l’incitation au jihad préexistait à la guerre en Irak. Le mouvement des Frères Musulmans, crée en Egypte en 1928, incitait les « vrais musulmans » à détruire le royaume des hommes pour instaurer sur terre le royaume de Dieu. Il fut créé avec l’aide des Britanniques et de la monarchie égyptienne pour barrer la route au Wafd démocratique et laïque.

Le mouvement Jamat-e-Islami, créé en Inde en 1941, incitait les fidèles à instaurer sur terre la loi d’Allah. Son premier représentant, Abu Ala Mawdudi, né au Pakistan en 1903, affirmait que l’Islam est une idéologie et pas simplement une religion. Il soutenait que pour plaire à Dieu, il fallait entreprendre une lutte organisée n’épargnant ni vies humaines ni biens matériels. Il déclarait que l’Islam est une doctrine révolutionnaire qui renverse les gouvernements. Pour lui les musulmans qui se limitaient à prier, faire l’aumône, le ramadan et le pèlerinage à la Mecque n’étaient pas de vrais musulmans. Les vrais musulmans étaient ceux qui s’engageaient dans la lutte pour le pouvoir politique.

L’organisation radicale Hizb ut-Tahir se fit remarquer dans les années 1960. Son objectif était de détruire les gouvernements démocratiques en effectuant des coups d’état militaires et en mettant en application une constitution déjà rédigée et prête à l’emploi. Cette organisation est illégale dans le monde arabe, mais légale en Grande-Bretagne. Ses représentants estiment que la liberté et la démocratie sont le cancer de la société car elles permettent aux individus de choisir leur propre destin alors que c’est Allah qui doit contrôler l’humanité. Ils prétendent que la lutte pour l’établissement d’un état islamique est une obligation pour chaque musulman qui se respecte. Le leader de l’organisation en Grande-Bretagne dans les années 1990 était Omar Bakri, actuellement en exil au Liban. Celui-ci affirmait qu’un Etat n’appliquant pas la charia et ne combattant pas les juifs ne pouvait pas se proclamer islamique. Il lança un appel au meurtre du Premier Ministre John Major en 1991.

Au début des années 1990 un autre groupe très actif se distingua en Grande-Bretagne, le JIMAS, constitué de Wahhabites barbus qui incitaient les femmes à porter le voile intégral et les gants et les garçons à effectuer des stages d’entraînement au jihad en Afghanistan. L’influence de toutes ces organisations sur les esprits et les comportements des fidèles fréquentant les mosquées situées au Royaume Uni explique leur radicalisation. Dans les années 1990 beaucoup de jeunes furent embrigadés dans ces organisations, embrassèrent la lutte armée pour l’instauration du califat et se mirent à haïr les Kaffirs, c’est-à-dire leurs camarades de classe, les étudiants qui fréquentaient leurs universités, leurs collègues, leurs voisins, bref la société dans laquelle ils étaient venus au monde, qui leur avait donné la possibilité de s’instruire, gravir les échelons, qui leur accordait protection sociale, droits humains et dignité.

Une société menacée par l’Islam politique et fragilisée par le multiculturalisme

Dans les années 1960 et 1970, l’arrivée massive d’immigrés venant essentiellement d’anciennes colonies comme le Pakistan, le Bangladesh et l’Inde, commença à métamorphoser la société britannique. Beaucoup d’ouvriers eurent l’impression que leur espace était envahi par les immigrés et qu’ils devenaient des citoyens de deuxième classe dans leur propre pays. Ils affirmaient qu’il était moins facile de trouver un logement à loyer modéré, car ces habitations étaient proposées aux immigrés. Ils prétendaient qu’il était impossible d’être soigné à l’hôpital parce que les lits étaient occupés par les immigrés.

Afin de protéger les nouveaux arrivants de manifestations racistes et xénophobes, le gouvernement adopta des lois interdisant la discrimination dans des domaines tels que le logement, l’emploi et les services publics. Quant au multiculturalisme, il devait permettre aux minorités de préserver leur culture et leurs traditions, les encourager à participer à la vie sociale du pays sans pour autant leur imposer l’assimilation. Le but était de permettre à des gens venant d’horizons différents de cohabiter avec la majorité et vivre à l’aise dans une société enrichie par la diversité des cultures. Les Travaillistes estimaient qu’il fallait tenir compte des différences entre les individus car les ignorer et insister sur l’uniformité du traitement conduirait à l’injustice, à l’inégalité et à la discrimination.

Une panoplie de mesures furent prises afin d’éliminer les obstacles au multiculturalisme. On accepta le port de signes et vêtements religieux au travail. On modifia les programmes scolaires, qui cessèrent de mettre l’accent sur l’Histoire et la culture de la Grande-Bretagne en faveur d’un saupoudrage de notions superficielles sur les différentes cultures et religions. Les effets délétères se font ressentir aujourd’hui. Les jeunes n’ont ni connaissances solides ni sentiment d’appartenance à une nation, ayant été injustement privés d’un riche héritage que l’école doit pourtant transmettre.

La société s’est petit à petit transformée en communautés distinctes, accrochées à leurs traditions, leurs cultures, leurs religions, leurs façons de voir le monde. Au lieu de fédérer tous les enfants et adolescents autour de valeurs communes, on les a incités à cultiver les valeurs respectées dans les pays d’origine de leurs parents. Au nom du multiculturalisme et du respect de la diversité on a accédé à des revendications communautaires telles que la création de salles de prière musulmane dans les universités et les lycées, l’ouverture de cafétérias réservées aux musulmans dans les universités, la réservation de créneaux horaires aux femmes musulmanes dans les piscines municipales, salles de sport et de musique, l’autorisation pour les femmes de nager à la piscine en tchador, la viande halal dans les cantines scolaires et même la création de tribunaux de la charia.

Au cours des vingt dernières années on a créé plus de cent écoles de confession musulmane. La plupart d’entre elles sont privées, mais depuis 1998 certaines reçoivent des subventions de l’Etat. Il existe des dizaines d’écoles publiques qui de par leur situation géographique comptent 90% d’élèves musulmans. De facto, le pays du multiculturalisme n’est qu’une constellation de communautés caractérisées par l’auto-ségrégation. De plus en plus de quartiers sont devenus des zones « interdites » aux Britanniques de souche.

De plus en plus de jeunes rejettent la société et adhèrent à des organisations radicales, voire terroristes. On leur dit dans les mosquées que la société dans laquelle ils vivent est décadente puisque y sévissent amour libre, avortement, drogue, SIDA, pornographie, homosexualité et autres maux pour lesquels seul l’Islam détient la solution. Bien sûr on leur dit aussi que polygamie, mariages arrangés et forcés sont sacrés et qu’épouser des fillettes quand on est âgé revient à imiter le prophète et non pas les pédophiles.

Comment la société britannique en est-elle arrivée là ?

Comme nous l’avons déjà dit, le multiculturalisme a favorisé l’implantation de coutumes et pratiques d’autres temps et lieux. Si on avait imposé dès le début aux nouveaux arrivants d’adopter le mode de vie de la société qui les accueillait, si on leur avait inculqué les valeurs du pays, si on leur avait appris avec rigueur et méthode la culture et l’Histoire du pays, ils se seraient sentis plus facilement membres de la grande communauté nationale au lieu de rester accrochés à leur communauté ethnique. Mais comme le rappelle Melanie Phillips,44 les bien-pensants britanniques, piégés par le sentiment de culpabilité post-colonial, estimaient que les valeurs de la nation étaient forcément racistes et discriminatoires. Les inculquer reviendrait à commettre les erreurs du passé colonial.

Face à la montée de la violence, l’Etat britannique a laissé faire. Le 16 février 1989 l’Ayatollah Khomeiny lança une fatwa appelant au meurtre de l’écrivain Salman Rushdie. Des manifestations très violentes furent organisées en Grande-Bretagne par des islamiques qui brûlèrent des copies des « Versets Sataniques » dans la rue en scandant des slogans appelant au meurtre. Le pays de la liberté d’expression laissa faire.

Le pays qui avait aboli la peine de mort en 1973 laissa un responsable de mosquée déclarer lors d’une manifestation : « Je sacrifierais bien volontiers ma propre vie et celle de mes enfants pour exaucer le voeu de l’Ayatollah si l’opportunité se présentait » et laissa le directeur de l’Institut Musulman dire en public : « Je voudrais que chaque musulman lève la main pour manifester son approbation de la peine de mort à l’encontre de Salman Rushdie. Que le monde constate que chaque musulman accepte que cet homme doit être abattu ! ».

Des librairies et des centres commerciaux furent détruits car on avait osé y vendre le livre accusé de blasphème. Les auteurs des attentats y étaient encouragés par le verset 61 du Chapitre 9 du Coran, qui décrète : « Et ceux qui contrarient le Messager d’Allah seront sévèrement punis ». Sans le vouloir, ils donnaient raison à tous ceux qui osaient critiquer le Coran. Des attentats à la bombe furent déjoués à Londres après le 15 juin 2007, jour où Salman Rushdie reçut le titre de Chevalier pour services rendus à la Littérature.

L’Etat britannique a laissé pendant des années et laisse encore les prédicateurs radicaux inciter les fidèles à la haine des Kaffirs et au jihad dans les mosquées, les centres de recherche islamiques, les universités et sur les sites Internet. Dans son livre intitulé « The Islamist »46, Ed Husain, ancien islamiste britannique de père indien et de mère pakistanaise, rappelle les réunions, assemblées et conférences tenues dans différents lycées et universités britanniques dans les années 1980 et 1990. Il écrit : « Soit Majid soit moi-même nous montions sur un banc devant les marches de l’université, quelqu’un lançait : « Takbeeer ! » et la foule répliquait : « Allahu Akbar ! » » (page 143). Et les autorités laissaient faire. Puis il se souvient : « A l’heure du déjeuner nous réunîmes environ soixante-dix étudiants devant la salle de prière, lançâmes le retentissant appel à la prière, l’adhan, et priâmes au milieu du campus […] L’administration nous accorda une salle de prière plus grande et accepta même de déplacer les tables pour que nous puissions faire la prière du vendredi. Nous avions gagné » (page 62).

Il évoque la conférence à la London School of Economics, où le leader du Hizb ut-Tahir, Omar Bakri, vint un jour faire un discours (page 79). Il admet : « Dans les campus universitaires, sous couvert de la Société Islamique, nous prônions la destruction d’Israël et le rejet de l’Occident pour promouvoir une alternative islamiste » (page 104). Et les autorités laissaient faire. Pour finir il évoque les slogans scandés lors des manifestations contres les caricatures de Mahomet devant l’Ambassade du Danemark à Londres : « Décapitez les Kaffirs ! Bombardez le Danemark ! Bombardez les Etats-Unis ! » (page 276). Et les autorités laissaient faire.

Des mosquées comme celle d’East London, Finsbury Park, Dewsbury et bien d’autres étaient (et beaucoup d’entre elles le sont encore) des centres d’activité politique d’où des jeunes partaient pour des stages de formation dans des camps clandestins en Grande-Bretagne, en Afghanistan ou au Pakistan après avoir été convaincus de la nécessité et de la beauté du « martyre ».

On cachait des armes dans les mosquées, on y vendait et on y vend encore des livres et des DVD qui seraient interdits dans n’importe quel pays qui veille sur la sécurité des citoyens et la préservation de la démocratie et des droits humains. Il suffit de citer le titre d’un des livres que l’on peut s’y procurer : Les Vertus de l’Assassinat d’un Non-Croyant. On y organisait des attentats terroristes. Nous avons déjà cité Richard Reid, mais il ne faut pas oublier des individus comme Zacarias Moussaoui, accusé d’avoir organisé les attentats du 11 septembre et qui a avoué avoir projeté un attentat contre la Maison Blanche ; Abu Hamza, qui voulait assassiner le Président Bush au sommet du G8 à Gênes, et Kamel Bourgass, qui préparait des attentats au ricin.

Il suffit de regarder l’excellent documentaire intitulé Undercover Mosque, diffusé sur Channel 4 le 16 janvier 200747 pour se demander pourquoi tous ces lieux où l’on prêche le sexisme, la misogynie, l’homophobie, les crimes d’honneur, les mariages forcés, la pédophilie déguisée en mariage, la haine des non-Musulmans, le djihad, le martyre et la destruction des régimes démocratiques ne sont pas fermés par les autorités. La plupart de ces lieux sont financés par l’Arabie Saoudite, qui ne se distingue certes pas par ses pratiques démocratiques et son respect des droits des femmes. On y entend des imams déclarer que les femmes ont été créées déficientes, qu’elle doivent porter le hijab dès l’âge de dix ans, qu’on doit les battre si elles ne le portent pas, qu’on doit tuer les homosexuels, qu’on doit frapper les enfants s’ils ne prient pas, éliminer les juifs, que les musulmans ne doivent pas reconnaître l’autorité législative de la Grande-Bretagne et qu’ils doivent vivre comme s’ils étaient un état dans l’Etat (ce qui s’appelle autoségrégation) jusqu’à la prise du pouvoir, qu’on doit considérer le infidèles comme des citoyens de deuxième classe.

De tels discours sont tenus dans des mosquées et des centres islamiques pourtant appréciés par le gouvernement pour leurs activités promouvant le multiculturalisme et les échanges interconfessionnels. La Mission Islamique du Royaume Uni, qui a reçu les éloges du gouvernement pour ses activités visant à rapprocher les religions, gère des mosquées et des écoles et son but véritable est de convertir les non-Musulmans à l’Islam et inciter à la guerre sainte.

La secte Deobandi, proche des Talibans, gère environ six cents mosquées et 17 des 26 séminaires islamiques en Grande-Bretagne. Ses membres méprisent tous les musulmans qui se disent fiers d’être britanniques, affirment qu’être l’ami d’un juif ou d’un chrétien revient à se moquer d’Allah et incitent au martyre. Ils ont pourtant des représentants au Conseil Musulman de Grande-Bretagne. Le groupe Tablighi Jamaat (le parti qui prêche) est une branche de la secte Deobandi. Son but est de sauver l’oumma de la culture et de la civilisation des juifs, des chrétiens et d’autres « ennemis » de l’islam en suscitant chez les musulmans autant de haine vis-à-vis des infidèles que les êtres humains éprouvent de dégoût pour l’urine et les excréments. Ils mettent en garde les parents contre les écoles nonmusulmanes, qui soi-disant transforment les jeunes en animaux ; les y envoyer équivaut à les jeter en enfer. Plusieurs terroristes ont été en contact avec ce groupe, dont l’ambition est la construction d’une méga mosquée près du site où se dérouleront les Jeux Olympiques en 2012, qui devrait pouvoir contenir entre 40.000 et 70.000 fidèles.

Dans les années 1990, l’Etat britannique a accordé l’asile politique à des milliers d’Algériens radicaux qui prétendaient être réprimés dans leur pays et qui se sont immédiatement engagés dans des activités de propagande, voire terroristes en Grande-Bretagne et en Europe, tel Rachid Ramda, accusé d’avoir financé l’attentat à la station de métro St-Michel à Paris, où huit personnes trouvèrent la mort et cent cinquante autres furent blessées. Comme l’affirmait le journaliste algérien Reda Hussaine, cité par Melanie Phillips, ils choisissaient le Royaume Uni parce que c’était « le seul pays qui accordait l’asile sans poser beaucoup de questions ». D’autres radicaux accusés d’avoir organisé des attentats dans leurs pays (Tunisie, Egypte, etc.) ont été accueillis en Grande-Bretagne, où ils ont reçu comme tout réfugié une allocation d’insertion de £300 par semaine et où leurs familles ont bénéficié de l’instruction et de la sécurité sociale gratuites.

Melanie Phillips cite l’imam Abu Baseer, proche d’Al-Quaida49, qui a affirmé que « l’un des objectifs de l’immigration est l’actualisation du devoir du djihad ». L’Etat britannique attendit les attentats de juillet 2005 pour mesurer la menace représentée par les groupes radicaux agissant dans le pays. Comme l’affirme Melanie Phillips50, le gouvernement ne les prit pas au sérieux dans les années 80-90 ou bien il rechignait à cibler la communauté musulmane pour ne pas compromettre les intérêts britanniques à travers le monde et en Arabie Saoudite en particulier, pour préserver son aura de démocratie ou bien encore il pensait naïvement que les islamistes ne s’attaqueraient jamais au pays qui leur offrait asile et protection sociale.

On les laissait donc vivre en paix tant que les cibles de leurs attentats étaient situées à l’étranger. L’Etat britannique choisit de n’accorder aucune importance à un livre intitulé Communautés Musulmanes dans des Etats non-Musulmans, publié en 1980 par le Conseil Islamique d’Europe51, qui expliquait aux Musulmans qu’ils devaient créer des mosquées, des foyers municipaux, des écoles islamiques et s’organiser pour in fine atteindre le pouvoir et gouverner le pays.

Au nom du respect des cultures et des religions, le gouvernement toléra le port du voile islamique. Au nom du respect pour les femmes voilées, on n’osa pas demander à une personne voilée de montrer son visage pour identification à l’aéroport d’Heathrow. On apprit plus tard que la personne était un homme soupçonné du meurtre d’un policier et qu’il avait pu s’enfuir en Somalie en montrant tout simplement le passeport de sa soeur. Ed Hussain affirme dans son livre : « Le hijab devint le symbole du mépris des valeurs occidentales et du retour à l’Islam », mais les autorités préféraient n’y voir que la manifestation de la piété et de la modestie des musulmanes et estimaient que son interdiction aurait été une atteinte aux libertés individuelles. L’interdiction du port du bikini dans les rues d’une ville n’est pas une atteinte aux libertés des individus, mais le port du symbole de l’oppression de la femme, de l’autodiscrimination, de l’autoaliénation et de l’obscurantisme l’est.

En 2008 les Britanniques sont de plus en plus nombreux à se demander comment on peut célébrer la  » riche diversité nationale » quand on abrite des individus et des communautés qui cherchent à les tuer, à renverser le gouvernement, ou tout simplement qui se sentent proches non pas de leurs voisins, collègues et camarades d’école britanniques, mais des musulmans de Palestine (du Hamas), d’Afghanistan (des Talibans), d’Iran, Irak, Bosnie ou Tchétchénie. Ils se demandent si on peut se fier à des individus qui s’autoaliènent, qui rendent des comptes à Allah ou à leur imam uniquement, refusant ainsi toute allégeance au système démocratiquement mis en place
dont ils profitent pourtant. Ils se demandent si l’harmonie sociale est possible avec des musulmans qui refusent de fréquenter ou épouser des infidèles. Ils se demandent si l’islamophobie (la peur de l’Islam), terme inventé par les promoteurs du multiculturalisme, n’est pas un phénomène légitime et justifié.

Après les attentats de juillet 2005, Tony Blair, qui avait vanté les mérites du multiculturalisme, se mit à faire des discours expliquant aux immigrés qu’ils avaient le devoir de s’intégrer et se conformer à la société britannique, sinon ils devaient renoncer à s’y installer. L’ancien Premier Ministre comme tous ses prédécesseurs faisait semblant de ne pas comprendre que l’ennemi était au sein même de la société depuis des décennies.

Le multiculturalisme a de beaux jours devant lui. L’offensive de l’Islam aussi

On peut aisément comprendre que la menace qui met véritablement en danger la vie, la sécurité, les biens publics et privés des Britanniques ne vient pas des immigrés ou des enfants d’immigrés athées, agnostiques, juifs, hindouistes, bouddhistes ou protestants.
Les attentats de juillet 2005 et les nombreux attentats déjoués depuis l’année 2000 ont été organisés par des islamistes qui châtient ceux qui osent critiquer le Coran et qui visent à l’instauration de la loi d’Allah sur terre.

D’aucuns nous rappelleront que l’IRA était une organisation catholique et terroriste qui a provoqué la mort d’environ mille huit cents personnes et causé des dégâts inestimables. Il est à ce point utile de souligner que les membres de l’IRA étaient avant tout des Irlandais républicains et nationalistes. Au XIIe siècle le roi anglais Henri II s’autoproclama souverain d’Irlande. Au XVIe siècle les Anglais confisquèrent les terres des Irlandais et réprimèrent l’Eglise catholique. Les Irlandais furent privés de leurs droits, y compris celui de parler leur propre langue, le Gaëlique, et pratiquer leur religion. Les Irlandais connurent la misère.

Un million et demi d’entre eux décédèrent entre 1846 et 1849 à cause de la Grande Famine. Les survivants se nourrissaient de baies, racines, chiens et chats. Lorsque l’IRA fut créée en 1916, son objectif était l’indépendance du pays. En 1922 le pays fut divisé en deux. Le nord industriel demeura britannique, le sud devint libre. Dans le nord des manifestations pacifiques furent organisées en 1968 par les Irlandais de souche pour dénoncer la discrimination qu’ils subissaient. Ils demandaient le droit de vote pour tous, des emplois et des logements. L’IRA commença à se manifester lorsque l’Angleterre envoya en Ulster des troupes pour soidisant maintenir l’ordre. Quand l’Armée britannique tua treize manifestants pacifiques en 1972, les attentats se multiplièrent.
On ne peut que condamner ces tueries, mais on doit aussi comprendre les doléances d’un peuple maltraité.

Les terroristes et les radicaux islamiques n’ont pas de doléances à présenter. Pour défendre les droits de leurs parents et les protéger contre la discrimination, le gouvernement britannique adopta une série de lois et leur permit de bénéficier des mêmes prestations sociales que les Britanniques de souche. Les terroristes et les radicaux islamiques n’ont jamais été maltraités par le gouvernement du Royaume Uni, par contre leur grand rêve est la destruction du régime démocratique. Certains nous diront que malgré les mesures prises par le gouvernement, les immigrés et leurs enfants étaient quand même victimes des préjugés raciaux, que les enfants asiatiques ont souvent été traités de « Paki » et que les émeutes comme celle de Bradford en juillet 2001 furent déclenchées par les provocations du British National Party, d’extrême droite, raciste et xénophobe.

Il est opportun de souligner que d’autres immigrés en d’autres temps et autres lieux ont connu le racisme et les provocations fascistes sans jamais mettre à feu et à sang les quartiers dans lesquels ils vivaient, sans incendier voitures, bus, magasins et écoles.
Le montant des dégâts des émeutes de Bradford s’éleva à vingt-sept millions de livres sterling. Deux personnes furent poignardées et des centaines blessées, y compris trois cents policiers. Les jeunes impliqués dans les émeutes avaient fait de leurs quartiers des zones interdites aux non-musulmans et y pratiquaient toute sorte d’activités illégales telles que le trafic de stupéfiants. Dans ces quartiers les jeunes avaient souvent manifesté leur soutien au Hamas. Leur objectif n’était certes pas la fin de la ségrégation ou plutôt de l’autoségrégation, mais le maintien d’un état dans l’Etat. Le Ministre de l’Intérieur David Blunkett déclara : « Il y a trop de villes où les habitants sont dépourvus de sentiment de citoyenneté ou de valeurs partagées. Les jeunes en particulier sont aliénés et déconnectés d’une grande partie de la société ».

En revanche le ministre encourageait la création d’écoles confessionnelles, donc la perpétuation de la ségrégation ! Son argument était que si certaines religions avaient droit aux écoles confessionnelles, il aurait été injuste de priver les autres communautés de ce même droit. On voudra alléguer que les jeunes radicaux tentés par le terrorisme islamiste ne sont pas différents de ceux qui furent tentés par le terrorisme des Brigades Rouges, Action Directe et autres groupes. C’est bien entendu contestable. Ces groupes étaient certes violents, sectaires, aveugles et caractérisés par des pratiques totalitaires, il n’en demeure pas moins que leur projet politique visait la fin de l’exploitation du prolétariat alors que les islamistes sont mus par un projet théocratique où il n’y a pas de place pour la défense des intérêts de la classe ouvrière et encore moins des femmes ; où les non- Musulmans sont considérés comme des citoyens de deuxième classe.

Depuis les attentats de Londres et chaque fois qu’un complot est déjoué, les autorités se laissent persuader que la communauté musulmane est la première victime de la violence car elle s’en trouve stigmatisée alors que de nombreux musulmans n’ont jamais été en contact avec les terroristes. Elles se laissent convaincre que les terroristes n’ont rien à voir avec l’Islam. Les autorités et les partis politiques multiplient les actions pour investir la communauté musulmane du rôle de collaboratrice dans la lutte contre le terrorisme. Hélas les résultats sont loin d’être probants. Bien que certains imams ou députés musulmans condamnent la violence, il n’y a pratiquement pas de musulman prêt à aller dénoncer son « frère » au commissariat ; les terroristes ont beau être des assassins et des hors-la-loi, ils n’en restent pas moins des frères, des membres de la grande oumma. Les condamnations verbales du terrorisme n’ont jamais été suivies de manifestations et encore moins de mesures concrètes auprès des familles, des mosquées et des quartiers pour faire en sorte que les mentalités changent vraiment.

Tout ce que les musulmans soi-disant modérés font, c’est d’expliquer au gouvernement que si certains de leurs jeunes se transforment en martyrs c’est parce qu’ils sont solidaires avec les Irakiens. Ils exercent une sorte de lobbying pour que les autorités retirent les troupes d’Irak et les rendent responsables de l’état de choses dans le pays.
Après les attentats de Londres, le responsable de la Mosquée Centrale de Birmingham déclara qu’il n’y avait aucune preuve que les terroristes étaient musulmans, traita Tony Blair de menteur et prétendit que les musulmans du monde entier n’avaient jamais entendu parler d’Al-Quaida.

Les autorités se laissent persuader que si les musulmans adhèrent à des mouvements radicaux ou terroristes, c’est parce qu’on ne tient pas suffisamment compte de leurs besoins, on ne respecte pas assez leur culture, leur religion et leur mentalité. Alors on leur accorde de plus en plus de choses. Dans certains cas cela peut susciter l’hilarité chez les Britanniques et les Occidentaux, dans d’autres cela suscite l’inquiétude et l’effarement. Quelques exemples s’imposent.

On a fait disparaître dans les banques et autres lieux publics les tirelires en forme de cochon pour ne pas heurter la sensibilité des Musulmans. On a décrété que lorsque les policiers doivent fouiller l’habitation d’un suspect musulman avec un chien policier, l’animal doit porter des chaussons parce que pour les musulmans le chien est un animal impur. Un chauffeur de taxi musulman a refusé de faire monter dans sa voiture un aveugle avec son chien. Après le procès, il a déclaré qu’il serait prêt à recommencer, mais on ne lui a pas retiré la licence.

(à suivre)

Rosa Valentini

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