Grande-Bretagne : la datexit butoir approche à grands pas…

Publié le 26 septembre 2019 - par - 854 vues
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À y regarder de plus près, un Frexit semblerait plus pérenne qu’un Brexit puisque Marianne dispose d’une plus large palette autarcique qu’une perfide Albion qui lança elle-même au XVIIIe siècle le processus de globalisation via sa fabuleuse révolution industrielle. En addendum, un happy end sous la forme d’une incroyable galerie qui vaut 6 mois de taule en France, les partisans GI comprendront. Brexit ou pas, vive la France !

Mon opinion diverge de celle de bon nombre de lecteurs mais la République française ne vaut que par la diversité de ses points de vue. Par contre, la République française islamique ne vaut que par la diversité des points de tir dans sa direction.

D’entrée, une réflexion brexitienne : la vox populi a-t-elle le monopole de la raison ? Peut-on lui confier un référendum contraignant au sujet de thèmes aussi pointus et complexes que le nucléaire ou l’adhésion à l’UE, tant il est aisé de réduire le Complexit Brexit à un slogan choc ? Éternel dilemme déjà soulevé par la philosophie grecque : si la doxa prend la mauvaise direction, une démocratie peut être poussée à l’extrême et tuer son essence même.

Messieurs les Anglais, tirez les premiers. 23 juin 2016 : 51,9 %

Il est de ces références alphanumériques qui restent gravées à tout jamais dans ma mémoire, comme le 11 septembre 2001 14:41. J’avoue avoir été réellement surpris d’un tel pourcentage : un exit venant de Grande-Bretagne, la dernière nation à avoir intérêt à quitter le dealeur ? J’ai songé à une sorte de suicide civilisationnel d’un genre nouveau avant de reprendre quelque peu mes esprits. C’est un référendum, je dois en respecter les résultats sinon je viole mes propres convictions républicaines. Perso, j’avais pronostiqué le maintien à 53 %-47 %, tintin !

Jetant un regard rétrospectif sur la chose, on s’est vite rendu compte que c’était plutôt le terme Brexit en soi – le slogan lui-même – qui avait gagné sans qu’on en maîtrise réellement les tenants et aboutissants. Intuitivement le monde rural a dit QUITTER, un peu moins intuitivement la City a dit RESTER. Le peuple anglais a-t-il réellement eu conscience des enjeux ?

Actuellement, le constat n’est pas particulièrement brillant : la crise d’identité des Tories est totale et on a un peu le sentiment que le Parti conservateur a exporté ses divisions internes vers tout le pays, le Parti travailliste est dans les mains d’une curiosité trotskyste anti-UE et l’Écosse pourrait devenir un dossier « catalan ». J’ai moins de craintes au sujet de la frontière irlandaise, les conflits religieux européens se focalisant sur une confrontation islam-chrétienté en son sens large. Le plus tôt sera le mieux.

Brexit : de la légitimité du résultat

Il faut toutefois reconnaître une certaine cohérence à ce 51,9 % car il y a fort à parier que la « directive AM2015 » (décision Angela) aura laissé des traces puisque les Anglais ne furent consultés à ce sujet, toute l’Europe se trouvant devant « le fait du prince de la princesse ». Il est évident qu’un million de touristes syriens en Allemagne, ça finit par partir dans tous les sens britanniques, d’autant plus qu’un cousin éloigné se trouve certainement à Birminghamistan ou à Londonistan et que ma foi, l’anglais c’est toute de même plus aisé que la tortueuse langue de Goethe !

Ajoutez à cela la conviction réellement ancrée dans l’opinion publique que « comme durant la Seconde Guerre mondiale, on s’en sortira seuls ». Paroles d’un Anglais, fin 2015 : « Nous avions accepté de jouer un match de foot et maintenant on nous impose de jouer au hockey ».

Boris Johnson : une plume acerbe et pleine d’humour

Bruxelles 1990
Boris Becker Boum Boum Becker ? Non, Boris Brexit et Boum l’Europe !

Boris Johnson, c’est une boule d’imagination et ses articles connurent d’ailleurs leur petit succès dans les couloirs bruxellois. Étudiant à l’École européenne de Bruxelles que je connais fort bien, c’est un réservoir de talents. Christian Spillmann, journaliste AFP en poste à Bruxelles : « Il n’inventait pas à proprement parler les histoires mais il était dans l’exagération ». Boris est également un grand amateur de la Rome antique et les mauvaises langues disent qu’il s’inspire de Clodius, fameux aristocrate romain démagogue excitant la foule contre les élites.

Boris courtise les States au sujet « d’accords commerciaux prometteurs ». Actuellement, Londres traite plus de 60 % de ses échanges commerciaux avec l’UE et 15 % à peine avec les USA. Mais courtiser les States a l’avantage de s’aligner sur l’un des deux maîtres du monde.

À franchement parler, sa position est ultra-périlleuse, pas vraiment un cadeau : seul contre quasi tous sur la scène européenne, un parlement national divisé comme jamais, un avenir où TOUS les scénarios tiennent la route, même le non-Brexit.

Au fond de lui-même, Boris est libéral mais les aléas de la politique l’auront plongé dans l’euroscepticisme. Subit-il une pression psychologique intérieure face à ce dilemme ? Est-il piégé dans son propre rôle ou spécule-t-il astucieusement sur l’avenir de la Grande-Bretagne ? Boris, un personnage fantasque réellement attachant mais difficile à cerner vu le mélange d’imprévisibilité et d’excentricité.

On regrette tout de même les leaders politiques de la trempe d’Anthony Eden : le personnage parlait couramment cinq langues et jouissait d’une culture générale assez phénoménale. Si on l’avait écouté, les nazillons auraient eu un self-service territorial bien plus pénible dans les années 30.

Patriotisme, souverainisme : une problématique sémantique

On a pu lire que ces deux concepts l’avaient emporté en 2016. Oui et non. Un médecin anglais pro-européen sauvant des vies sera patriote alors qu’un Brexiteur pilier de café gueulant du matin au soir sa haine des élites le sera beaucoup moins. Pour ce qui est de la souveraineté, une variante consistant à déléguer une partie des compétences à une supranationalité a fait ses preuves en matière environnementale. OK, ce sont là des discussions de salon.

Philippot a beau clamer que « l’Union européenne est en train de se crasher », je ne vois de crash qu’en matière d’immigration. Et là le crash est total alors si le Brexit apporte une solution il aura démontré sa raison d’être.

L’étude des causes des deux guerres mondiales et de l’atmosphère traumatique d’après-guerre permet de mieux saisir à quel point la dynamique européenne a pu faire rêver les générations politiques. Cette UE aura finalement réussi à établir des rapports diplomatiques courtois entre nations. L’inconvénient, et les psychologues du travail se sont penchés sur la question, est que ces eurodéputés sont devenus fort mollassons (compromis, encore et toujours compromis) face aux dirigeants des puissances étrangères et cela se perçoit nettement dès qu’on glisse de l’économique vers le géopolitique/géostratégique.

Thomas Cook Coule, mais sa filiale belge tient (encore) le coup

C’est la fin et l’atmosphère brexitienne n’y est sans doute pas pour rien. Et que d’ombres sur l’industrie automobile anglaise autrefois si brillante ! Jaguar à l’indien Tata Motors, Bentley au Groupe Volkswagen, la Mini à BMW, bravo les gars ! Honda et d’autres « s’arrachent », comme on dit. Et devraient se repositionner sur la frontière franco-allemande – une localisation idéale en matière de fabrication automobile – ou chez les Tchèques.

Dans mon secteur professionnel et à considérer l’échec d’une possible union douanière UE-UK, on est effrayé à l’idée de devoir en revenir à ces sempiternelles factures d’export pour tout envoi de matériel vers Albion. Le marché unique intracom a des avantages inouïs pour qui sait s’en servir. Pour rappel, la Chine est immense mais tout y circule librement. Imaginez ne fût-ce que 5 minutes de procédure de dédouanement d’un 38 tonnes vers DHL Manchester, vous êtes partis pour 30 kilomètres de file à Calais !

Et les Polonais dans tout ça ?

Le Mur est tombé, l’UE s’est dressée et les Polonais s’en sont partis chercher fortune à l’Ouest. Destination favorite : la Grande-Bretagne. En 2003, ils étaient 50 000 environ, en 2019… plus d’un million ! C’est la première communauté étrangère résidant en Grande-Bretagne. En quelques années, les Polonais y ont ouvert 60 000 microsociétés (généralement en rénovation, plomberie, secteur informatique etc.) et ils contribuent activement à la dynamique économique anglaise, pas comme certains… Mais quid après le Brexit ? Normalement, pas grand-chose à craindre quoique…

Les banlieues anglaises sont aussi contaminées que les nôtres. En cas de guerre civile urbaine localisée Islam/Occident (prévisible dans les 5-10 ans), nul doute qu’on trouvera là de solides combattants ! Je connais les Polaks, ils carburent certes à la vodka mais surtout à l’essence européenne, à son identité. Les mains des tourneurs de pages coraniques, ça ne vaut rien face aux grosses pattes des tourneurs tout court.

Si vous placiez ce million de Polonais dans les banlieues françaises en lieu et place des Barbes & Loques noires, Riposte Laïque et Résistance Républicaine n’auraient aucune raison d’être si ce n’est de taper sur la tronche de la Gretoche, pauvre âme à qui ON A VOLÉ SES RÊVES ET SA JEUNESSE ! Non mais vous vous rendez compte, bourreaux d’enfants (Fernand Raynaud) ! J’en rajoute une couche d’âneries, perso ON M’A VOLÉ MA GRANDE-BRETAGNE ET MON ENFANCE « CHAPEAU MELON BIO ET BOTTES DE CUIR DE FRUITS ! »

Climat, première préoccupation des Français ?

Oui, si l’on en croit la bannière inférieure LCI du 22 septembre. Selon moi c’est du bidon qu’on verse également en Wallonie. L’exagération disant parfois mieux les choses, Steve Bannon a dit : « Sur les 7 milliards de Terriens, 6 veulent émigrer vers les USA ou l’Europe ». C’est la réelle première préoccupation de la France et sans doute celle des Brexiteurs 2016 : le réfugié et le système totalitaire qu’il véhicule, soit par conviction soit par simple accoutumance culturelle. Dans le premier cas un con, dans le second un complice.

La question est de savoir si le Brexit permettra aux Britanniques de conserver leur identité. Rien n’est moins certain car quitter l’UE, c’est non seulement quitter la position privilégiée de banquier-courtier-prestataire financier de l’Europe mais également se déconnecter partiellement des influenceurs anti-islam du Groupe de Višegrad (64 millions d’habitants soit 13 % UE28) qui curieusement ne veulent entendre parler de Visexit.

Brexit or not Brexit ? La question reste ouverte mais que diable, que d’énergie gaspillée en palabres juridico-administratifs inutiles alors que le véritable ennemi est à nos portes et même déjà solidement implanté à Marseille ! Je ne regrette pas que mon maître Marcel Pagnol nous ait quittés en 1974 car le destin lui aura ainsi épargné cette vision apocalyptique.

Richard Mil

Addendum : Wroclaw (ex-Breslau) • 2015


Ici nous avons affaire aux ultras anti-islam (majoritaires en Pologne)
Ici nous avons affaire aux ultras anti-UE (ultra-minoritaires en Pologne)

Marche contre l’islamisation : une galerie vivifiante
76 clichés visualisables en un coup d’œil
http://wroclaw.wyborcza.pl/wroclaw/51,35771,18854750.html?i=0

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