Grèce, Euro et eurobonds : Hollandréou contre l’intérêt des Français, par pure idéologie européiste

Au calendrier du 23 mai au soir du nouveau Président de la République : une nouvelle rencontre « informelle » avec Angela Merkel et un sommet « extraordinaire » mais « informel » des chefs d’Etat de l’Union européenne.

Qu’en est-il ressorti ? Rien. Angela Merkel avait prévenu qu’aucune décision ne serait prise, et ce fut le cas. Pourtant, il y avait beaucoup à discuter…

D’abord sur la crise en Grèce. Tout le monde se prépare à la sortie de la Grèce de l’Euro (voire l’espère pour certains), même si officiellement il n’en est pas question : les banques françaises font leurs calculs, les entreprises ajustent leurs logiciels, les agences de voyage préparent des tarifs en fonction d’une nouvelle drachme, les fabricants de billets et de pièce se mettent sur les rangs pour une nouvelle monnaie grecque, etc.

Parfois, cette sortie de la Grèce de l’Euro est évoquée de manière cocasse, par exemple par un économiste de la Deutsche Bank qui évoque la possibilité d’un « Geuro » (sic !), une sorte d’euro-drachme pour ne pas dire le mot « drachme » tout court.

Et même « l’Eurogroupe » y pense : http://www.bfmbusiness.com/%5Btermalias-raw%5D/leurogroupe-appel%C3%A9-%C3%A0-%C3%A9tudier-un-abandon-de-leuro-en-gr%C3%A8ce-157433

« Le comité de préparation de l’Eurogroupe a demandé aux gouvernements de la zone euro de préparer chacun de leur côté un plan d’urgence dans l’éventualité d’un abandon de la monnaie unique par la Grèce, a-t-on appris mercredi de deux responsables européens. »

Réponse de François Hollande : pas question ! La Grèce doit rester dans la zone, point barre. Il fait même semblant de ne pas être au courant de la position de l’Eurogroupe : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE84M09O20120523?sp=true

« Prié de dire s’il avait connaissance d’une note d’un comité de l’Eurogroupe recommandant à ses pays membres de se préparer à une éventuelle sortie de la Grèce, il a répondu: « Je n’ai aucune information et d’ailleurs je n’en sollicite pas parce que ça laisserait penser que je me préparerais à cette issue. Je m’y refuse. » »

Quelle tartufferie !

Hollandréou tient également qu’on mette en place des « eurobonds » (plus exactement des euro-obligations), mais évidemment Angela Merkel et compagnie n’en voudront pas et on déjà dit trois fois « Nein ». Ce n’est difficile à comprendre pourquoi, c’est tout expliqué ici : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/05/22/20002-20120522ARTFIG00640-pourquoi-les-allemands-ont-horreur-des-eurobonds.php

On remarquera que la Grèce n’est pas sur le graphique : ça ne tenait pas dans les cases tellement ses taux sont catastrophiques… à moins que l’article ait déjà anticipé sa sortie de l’Euro.

Et le pire, c’est que ces euro-obligations pénaliseraient aussi…. la France, qui pour le moment a des taux relativement bas. D’autant plus que ces euro-obligations se feraient à un taux bien supérieur à une moyenne pondérée des taux des différents pays, tout simplement parce que le risque est accentué à cause des mauvais élèves qui sont les plus « emprunteurs ».

François Hollande joue donc une fois de plus contre son camp (celui de l’intérêt des Français) par pure idéologie européiste et mondialiste.

Une analyse parfaitement partagée par le Front national : http://www.nationspresse.info/?p=170823

Le nouveau Président de la République a alors autre idée pour masquer le fait qu’il pourra remballer ses euro-obligations : elles serviraient non pas à la mutualisation des dettes, mais « pour financer des projets industriels d’infrastructure ». Seulement, quels projets et où ? Des autoroutes au Portugal, des usines d’automobile en Italie, de l’agroalimentaire en Grèce, des logements en France ? Chacun va tirer la couverture à soi, et ce sera une foire d’empoigne pas possible. Qui décidera des priorités ? Qui défendrait les intérêts français face à la machine allemande ? Là encore, ce seront certainement les fonctionnaires de la Troïka qui décideraient en lieu et place des citoyens et des élus français ce qui est bon pour eux et pour relancer leur économie.

Et j’en connais deux qui doivent rire sous cape : Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ! MLP semble attendre que le fruit soit bien mûr (ou pourri), alors que NDA multiplie les communiqués du genre « je vous l’avais bien dit » :

http://www.debout-la-republique.fr/communique/reculer-l-echeance-de-la-sortie-de-l-euro-pour-la-grece-ne-servira-rien
http://www.debout-la-republique.fr/communique/grece-2-ans-de-perdus
http://www.debout-la-republique.fr/communique/g8-des-mots-toujours-des-mots-rien-que-des-mots

Roger Heurtebise

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