Grèce : les socialistes Filoche-Chavigné démontrent le rôle infâme du FMI… mais s'apprétaient à nous faire voter Strauss-Kahn !

Nous avons déjà, à plusieurs reprises, attiré l’attention de nos lecteurs sur le scandale du dépeçage de la Grèce et des Grecs orchestré par le FMI et Bruxelles ; aussi sommes-nous ravis de lire une étude remarquable et exhaustive de ses causes et, surtout, des conséquences induites par le plan de sauvetage que nos élites bruxellisées et mondialisées imposent à la patrie d’Homère dans Marianne.fr.
Tout y est, et surtout, révélé avec la cruauté des chiffres bruts, la faillite des différents plans imposés aux Grecs qui n’ont que pour seule conséquence que de les obliger à s’endetter toujours plus afin de les contraindre à  renoncer à tout et à travailler comme de nouveaux esclaves, dépossédés dans leur propre pays de leur patrimoine, de leurs seules richesses. Les auteurs  y pointent sans concessions les responsables de cette exploitation de l’homme par l’homme :  la spéculation, l’euro et son âme damnée la Banque Centrale Européenne soumise au traité de Maastricht, la concurrence libre et non faussée orchestrée par le Traité de Lisbonne, les fonds de pension européens et américains qui s’abattent comme des vautours sur les pays européens en difficulté… Bref, islam mis à part, tout ce contre quoi nous nous battons, mondialisation financière, disparition de l’indépendance financière économique et politique de nos pays, ingérence du FMI et de la Commission Européenne…
Alors, de nouveaux alliés pour nous ? Des socialistes qui plus est ? Le vent tournerait-il ? Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné  auraient-ils reçu un pot de fleurs sur la tête ?
Hélas…
Qui sont les deux auteurs, Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné ? Ce sont des trotskistes, fondateurs historiques de la LCR, qui ont décidé de rejoindre le PS, en 1994, pour y renforcer l’aile gauche, à l’époque menée par le trio Mélenchon-Dray-Lienemann. Ils ont donc une vision internationaliste de la société et considèrent toute idée de Nation et de souveraineté comme réactionnaire.
Leur article demeure  un monument de langue de bois que l’on pourrait symboliser par une autruche se cachant la tête dans le sable tout en exposant son derrière au coup de pied qu’elle mériterait.
On rappellera que Gérard Filoche, en son temps, avait fait œuvre de clairvoyance en militant pour le non au TCE de 2005 mais qu’il avait vite rallié le courant dominant, soutenant Royal quand son poulain Fabius (première erreur !)  avait perdu les primaires socialistes en 2007.
On rappellera que Jean-Jacques Chavigné, militant socialiste, s’il est capable d’analyser  les causes de la dette française, se contente d’en attribuer la responsabilité à Sarkozy, faisant de la politique politicienne à courte vue, sans remettre en cause le système qui nous étrangle, le Pacte de stabilité,  et ses géniteurs, Maastricht, l’euro et l’Europe…
En effet, la fin de l’article paru dans Marianne est désespérante… Que proposent nos deux quidams ? La sortie de l’euro, afin que la Grèce, retrouvant la possibilité de dévaluer, puisse redevenir compétitive et alléger le poids de se dette en deux à trois ans ? La sortie de l’Europe afin que le peuple grec retrouve sa souveraineté et puisse prendre les décisions politiques et économiques rendues par nécessaires par la crise ?
Que nenni. La seule solution serait, selon nos autruches de service, que le peuple grec fasse un referendum pour décider quelles dettes il va refuser de rembourser… comme si le Traité de Lisbonne lui laissait le choix, comme si Maastricht lui laissait le choix, comme si la Banque Centrale Européenne lui laissait le choix, comme si les autres pays européens allaient lui laisser le choix, comme si  les fonds de pension allaient lui laisser le choix…
Filoche et Chavigné ont su mener, à l’intérieur du Parti socialiste, des batailles courageuses… mais toutes perdues. Mais leur passé trotskiste, leur absence de culture républicaine, leur vision internationaliste de la société leur interdit d’envisager la seule solution possible : la sortie de l’Union européenne et le retour à la souveraineté nationale. Ils sont incapables de chanter « La Marseillaise », chant réactionnaire pour eux, mais jubilent à l’idée d’entonner « L »internationale ». De même, bien que l’Europe mène les peuples à la ruine, ils en sont toujours à ânonner « Non à cette Europe, oui à une autre Europe » et donc se refusent à sortir de l’euro, et à quitter l’Union européenne.
Gérard Filoche comme Jean-Jacques Chavigné ne sont sans doute pas des socialistes comme les autres, ce sont de vrais militants, sincères, qui n’ont jamais eu une vision carriériste de la politique. Mais, au nom d’une discipline de parti, ils finissent par trahir le peuple et les idéaux de gauche qui les ont sans doute véritablement portés pendant des lustres, capables de dénoncer l’ultra-libéralisme qui étrangle chaque jour davantage tous les peuples de la planète mais incapables d’aller jusqu’au  bout de leur raisonnement pour demander la seule solution, la rupture avec les choix politiques des socialistes depuis ces trente dernières années.
Ils se prétendent anti-capitalistes, et défenseurs de la classe ouvrière, mais ils militent ouvertement pour la régularisation de tous les clandestins, et pour la libre immigration… pour le plus grand bonheur du patronat français, et pour le plus grand malheur des systèmes sociaux qu’ils prétendent défendre. Leur internationalisme, et leur refus de défendre l’Etat-nation, est une aubaine pour le mondialisme, qui trouve en ces défenseurs inconditionnels de l’Europe des alliés extraordinaires contre les patriotes et la souveraineté. En dernière analyse, après avoir mené – et perdu – toutes les batailles internes possibles au Parti socialiste, en bons militants disciplinés, ils finissent par soutenir, en fonction des périodes, ces grands défenseurs du peuple que sont Fabius, Jospin, Royal. Ce sont eux qui se préparaient à nous appeler à voter Strauss-Kahn dès le premier tour, pour battre Sarkozy et faire barrage à Marine Le Pen, incarnation du fascisme, selon une lecture de l’Histoire demeurée trotskiste. Et ce sont ceux eux qui militent ouvertement pour la candidature d’Aubry, considérée comme plus à gauche que Hollande ! De qui se moquent-ils ? Filoche et Chavigné peuvent-ils ignorer qu’au pouvoir le PS aurait la même politique que les dirigeants grecs ou que celle que Strauss-Kahn impulsait au sein du FMI ?
Les Grecs n’ont d’autre solution que la révolution et la sortie de l’euro et de l’Europe, malgré et contre leurs dirigeants, vendus comme nos dirigeants de l’UMPS à la cause des élites mondialisées.
Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr/

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