Grenelle écolo-sarkozyste contre le peuple de gauche

Publié le 28 septembre 2007 - par
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Alors qu’il n’existe aucun consensus au sein de la communauté scientifique mondiale, dont une grande partie conteste la cause « humaine » du réchauffement climatique (1) ; alors que les écologistes ne représentent rien électoralement (2) ; sur la seule foi d’un animateur télé, d’une poignée de branquignols extrémistes destructeurs de récoltes agricoles, et grâce – il faut bien l’avouer – à un lobbying médiatico-politique en revanche très puissant, la France s’apprête donc à une « révolution » écologique qui va, d’un coup, restaurer une société de privilèges que l’ancien régime n’aurait pas renié, ressortir de l’ère médiévale un vieux droit de cité que la révolution (la vraie, celle de 1789) avait enterrée, et pour se rapprocher (un peu) du 20è siècle, un vieux fond de collectivisme coercitif qui n’est pas sans rappeler les affres d’un « modèle » qu’on croyait avoir succombé en 1989 à Berlin…

La Gauche et les syndicats, dans une unanimité qui en dit long sur leur décrépitude intellectuelle, s’apprêtent donc à parapher rue de Grenelle un véritable Munich de l’environnement dont les français les plus modestes, évidemment les catégories populaires, mais aussi les classes moyennes seront les sudètes d’une farce manipulatrice grandiloquente, témoignage effarant des peurs irrationnelles et d’un nouvel obscurantisme qui a fait du progrès technologique et de la liberté individuelle les cibles de son inquisition morale. La nature contre l’homme, opposition régressive, idéologie suicidaire, triomphe d’un nihilisme totalitaire.

Une révolution ? non, une restauration

Loin de l’esprit révolutionnaire des lumières, c’est plutôt donc à une restauration d’ordres anciens à laquelle nous prépare ce Munich de l’environnement.

Restauration des privilèges, rétablissement du droit de cité médiéval, l’automobile, symbole pendant un siècle du progrès social selon la doctrine Ford qui a vu l’émergence d’une classe ouvrière accéder à la société de consommation, et selon la tradition française accéder à l’esprit de 36, aux congés payés et à la route nationale 7 que croisaient ces familles populaires partant en vacances dans le sud de la France en écoutant Charles Trénet, est devenue la bête noire à abattre.

Cristallisation de toutes les angoisses d’une société en déclin économique, où les peurs irrationnelles se sont réveillées au tocsin des traumatismes de la fin des années 80, quand la science et la technologie sont devenues faillibles (Tchernobyl, affaire du sang contaminé, vache folle, Bopal etc.), l’automobile incarnait pour toute une gauche radicale et collectiviste, aux abois depuis la chute du mur de Berlin, tout ce que la société capitaliste portait comme valeurs – la liberté individuelle, la réalisation professionnelle, la technologie comme base du progrès humain, la foi en la science – mais aussi tout ce qu’elle symbolisait, selon elle, des travers du libéralisme économique – la distinction sociale, le consumérisme, le culte du profit et de l’argent roi.

En croisant la route d’écologistes à bout de souffle, qui dans les années 70 promettaient une nouvelle ère glacière à la fin du vingtième siècle, cette gauche radicale et collectiviste a trouvé le ressort à une influence politique nouvelle, à un rebond venant à point face au déclin du vieux modèle communiste. Sans se renier, bien au contraire, cette gauche radicale, du rouge au vert, pouvait rénover tout son discours en jouant sur des peurs nouvelles, et irrationnelles, mettant en cause la science, le progrès technologique, mais aussi la liberté individuelle.

L’automobile devenant le symbole d’une nouvelle lutte politique pour ces gens à qui l’individualisme et la distinction sociale sont abominables. Partisane d’une vision égalitariste où l’individu s’efface dans la collectivisation des normes sociales, cette vieille gauche radicale connaissait un rebond inattendu dès la fin des années 90 grâce au concours de toute une frange de scientifiques, mais aussi et surtout d’une nouvelle bourgeoisie issue de la gauche des beaux quartiers, dont la fibre « écolo » réveilla les vieux mirages d’une jeunesse soixante-huitarde oubliée dans les affres de l’argent facile des années 80.

L’alliance de la révolution verte et de la droite sarkozienne

Malgré les évidences scientifiques (3) contrecarrant la théorie du « réchauffement climatique» telle qu’on nous la rabâche dans des medias que tiennent les héritiers de 68, roses pour les bons sentiments, rouges dans le fond et verts pour la « comm », force est de constater qu’à l’échelle de l’Europe toute entière, la gauche de Dany le rouge-vert l’a emporté sur le terrain politique grâce à un lobbying actif et efficace. Il est vrai qu’agiter les peurs est plus facile qu’expliquer la science.

Mais le plus paradoxal, bien que peu étonnant en fait, est que ce premier croisement entre enfants de Dumont et soixante-huitards en dissimulait un autre non moins crucial pour comprendre ce que signifie le « Grenelle de l’environnement »: celui d’une rencontre «intérieure» entre ce que ces soixante-huitards qui reprenaient le flambeau de l’écologie politique avaient été et ce qu’ils étaient devenus.

Le mariage des vieux rêves maoïstes et de la nouvelle condition sociale à laquelle accéda toute une nouvelle bourgeoisie de parvenus qu’ils étaient devenus grâce à l’argent facile des années 80. Ce croisement-là permettant de réhabiliter un vieux fond idéologique à l’aulne d’une prétendue modernité « écologiste », prônant un retour improbable au « sens », à la « nature », à une vision idéologique et doctrinaire du monde qu’ils domineraient bien évidemment de leurs valeurs et de leur piédestal face aux automobilistes et aux pollueurs, forcément de droite, forcément chasseurs, forcément égoïstes (la liberté individuelle étant forcément dans leur vocabulaire de l’égoïsme).

Alors que la classe ouvrière déliquescente se détournait de la gauche, qu’il en était de même d’une grande partie du monde salarié et des classes moyennes, la « bourgeoisie bohème » de la rive gauche, du Paris Le Flore et des beaux quartiers de la nouvelle bourgeoisie parisienne qui allait porter Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, s’inventait une nouvelle culture, un nouveau courant politique en vérité hérité de deux traditions : une collectiviste, issue directement d’une culture néo-gauchiste fraîchement repeinte en vert, de l’autre une culture issue de leur nouvelle condition sociale, où l’argent devient le seul mode de régulation sociale. Mais il est vrai, comme le chantait Sardou, que dans la Russie soviétique déjà, on érigeait des maisons du peuple dans des quartiers privés.

Et cette référence étant, comment ne pas voir dans le culte des métros et tramways le retour à un vieux fantasme collectiviste d’un peuple au pas et en rang comme on s’entassait dans les trams de Mocou pendant que les grandes limousines noires des maîtres du système soviétique sillonnaient la place rouge ? Le temps n’est pas si loin où, à ce rythme, le peuple de Paris hantera les couloirs du métro en rangs serrés, la tête baissée, pendant que les fossoyeurs de la République se rendront à l’Assemblée Nationale et dans les ministères en limousines avec chauffeur…

Il n’est donc rien d’étonnant à ce que la « révolution verte » siée tant à la droite sarkozienne qu’elle permet la restauration de privilèges anciens, et même du droit de cité médiéval. Car comment décrire autrement une politique de lutte contre la pollution, une politique dont le seul fondement est la discrimination sociale, matrice de nouvelles inégalités ?

Ecologie anti-sociale, anti-écologique

Une politique d’autant plus absurde qu’elle se révèle en plus profondément anti-écologique ! Car enfin si est instauré un nouvel ordre social, sur fond de vignettes (appelons un chat un chat, et écopastille vignette), de hausse du prix des carburants (+3cts sur l’essence et +5cts sur le gazole annuellement en dehors des hausses liés au marché pétrolier lui même déjà décuplées par la TIPP), et même le retour du « droit de cité » du fin fond du Moyen Age où pour entrer dans les villes seigneuriales il fallait aussi s’acquitter d’un droit de péage, alors ceux qui signeront le « Grenelle de l’environnement » parapheront le retour des privilèges et d’une société où l’ordre social s’établit sur des injustices de classes octroyant des droits singuliers aux plus riches au détriment du peuple.

C’est l’envers de tout ce que la philosophie des lumières, la Révolution française, l’abolition des privilèges, la chute de l’ancien régime et l’instauration de la République a donné à la France comme culture politique. Que dans le royaume d’Angleterre, Londres impose un droit d’entrée relève d’une tradition royaliste qui n’est assurément pas la nôtre, à moins que nous nous apprêtions à renoncer à tout idéal Républicain.

Ces mesures sont d’autant plus injustes qu’elles sont absurdes du seul point de vue écologique! car au fond qui réfléchit raisonnablement se rend bien compte que ceux qui pourront s’octroyer ces nouveaux privilèges, les plus riches donc, sont aussi ceux qui ont déjà les plus gros véhicules, donc les plus polluants. Londres n’en est il pas un parfait exemple, quand quiconque se rend dans la capitale britannique peut constater que si les petites voitures ont disparu de la city, les Bentley, les Mercedes, les BMW, Audi, Porsche et autres 4X4 de luxe Touareg ou Lexus ont envahi la chaussée en toute impunité au nom d’un argent-roi qui n’a restreint que la circulation des plus modestes au seul profit de la bourgeoisie anglaise, dont les véhicules de 200, 300, 400, voire 500 chevaux comme le BMW Q7 (énorme 4X4 de « ville »!) ou l’AUDI RS8, crachent des centaines de grammes de CO2 par litre d’essence au mépris de l’environnement !

Un Munich de l’environnement

Est-ce cela une politique écologique ? Consister à s’en prendre aux Français les plus modestes, et laisser les plus riches continuer de polluer parce qu’ils en ont les moyens financiers, et qu’ils s’acquitteraient en toute bonne conscience d’un litre de gazole à 2 euros et d’un droit de péage à l’entrée de Paris, de Montpellier ou Bordeaux ? On comprend que la droite sarkozienne puisse s’accommoder d’un tel programme !

Mais où est donc le sens de la justice sociale et de la lutte contre les inégalités dont se revendiquent pourtant la gauche et les syndicats qui s’apprêtent à dire « Amen » à un tel programme de régression sociale pour les plus modestes de nos compatriotes ? La gauche est elle tombée si bas qu’elle en vient encore à aller plus loin que jamais dans le reniement de ses valeurs ? Les syndicats sont ils si aveuglés par la défense de leur dernier pré carré, qu’ils ne voient pas la poutre qui s’apprête à tomber sur l’industrie automobile française. Car qui dit réduction de la circulation automobile, dit baisse des ventes, contraction du marché, et à terme de nouvelles pertes d’emplois par milliers, dizaines de milliers peut être même ! Car seules l’automobile allemande qui comblera les privilèges de ceux qui pourront jouir de ce nouvel ordre social, et l’automobile coréenne qui suffira à ceux qui seront brimés et n’auront pour seul recours que de petits véhicules, seront les bénéficiaires de cette gageure !

Parce que certains d’entre nous croient encore en une gauche moderne et populaire, ouvrière et républicaine, nous ne pouvons que nous opposer à ce qui est, selon nous, non un Grenelle mais un Munich de l’environnement, qui, non seulement, n’apporte pas de solution écologique en terme de lutte contre les émissions de CO2 dans le domaine des transports, mais, qui plus est, porte les germes de nouvelles et graves injustices sociales.

Alors nos propositions sont simples pour une politique écologique véritablement efficace et de gauche : interdiction de tout véhicule dépassant les 150 chevaux sur les routes, y compris venant de l’étranger (comment continuer de tolérer des 4X4 allemands de 400 chevaux roulant à 250km/h au mépris de la sécurité des autres usagers de la route?) ; bridage de toutes les voitures à 130 km ; interdiction des 4X4 dans toutes les communes de plus de 20000 habitants ; développement du réseau routier pour favoriser la fluidité de la circulation (les embouteillages créés artificiellement à Paris ne faisant qu’accroître la pollution) ; mise en place d’une TIPP progressive, dont le taux varierait selon la gamme du véhicule, et qui serait flottante pour les petites voitures.

Cela vous choque ? Moi beaucoup moins que le retour des privilèges et d’une société de classe que l’écologie légitimerait.
Si il y a encore une gauche dans ce pays, alors qu’elle se réveille, car depuis longtemps pareille occasion de remettre le social au coeur du débat politique n’aura été possible !

Bernard Bayle

(1) la théorie du réchauffement climatique est bien un mensonge que contestent nombre de scientifiques.Channel 4 en Grande Bretagne leur donnait d’ailleurs la parole dans une émission récente :
[http://video.google.fr/videoplay?docid=-4123082535546754758->http://video.google.fr/videoplay?docid=-4123082535546754758]

Qu’effectivement si Allègre est un piètre politique, c’est en revanche un remarquable scientifique de renommée internationale, respecté et écouté dans le monde entier. Son livre déplait peut être, car il démonte les mensonges de l’écologie politique, mais pour qui veut s’informer sur la vérité :
[http://www.amazon.fr/v%C3%A9rit%C3%A9-sur-plan%C3%A8te-Claude-All%C3%A8gre/dp/2259206751/ref=pd_bbs_sr_2/402-6556218-2867362?ie=UTF8&s=books&qid=1190445264&sr=8-2->http://www.amazon.fr/v%C3%A9rit%C3%A9-sur-plan%C3%A8te-Claude-All%C3%A8gre/dp/2259206751/ref=pd_bbs_sr_2/402-6556218-2867362?ie=UTF8&s=books&qid=1190445264&sr=8-2]
Et il n’est pas le seul :

Site de référence scientifique, faisant état des travaux des nombreux scientifiques qui contestent la théorie du réchauffement :
http://www.climat-sceptique.com/

L’écologiste sceptique de Bjørn Lomborg
[http://www.amazon.fr/L%C3%A9cologiste-sceptique-Bj%C3%B8rn-Lomborg/dp/2749101840/ref=cm_lmf_tit_2_rdssss0/402-6556218-2867362->http://www.amazon.fr/L%C3%A9cologiste-sceptique-Bj%C3%B8rn-Lomborg/dp/2749101840/ref=cm_lmf_tit_2_rdssss0/402-6556218-2867362]
C’est trop tard pour la Terre de Cécile Philippe
[http://www.amazon.fr/Anti-%C3%A9cologie/lm/R2DKFQB0GJ4PJ3/ref=cm_lmt_dtpa_f_2_rdssss0/402-6556218-2867362->http://www.amazon.fr/Anti-%C3%A9cologie/lm/R2DKFQB0GJ4PJ3/ref=cm_lmt_dtpa_f_2_rdssss0/402-6556218-2867362]

Mais au delà de l’aspect scientifique, c’est l’écologie en tant qu’idéologie qui est dangereuse, pour l’homme, l’humanité, en s’attaquant aux fondements même de notre civilisation, de la notion de progrès, et pour tout dire aux droits de l’homme eux mêmes (on le voit à Londres donc). Et rien de tel qu’un philosophe pour l’évoquer

Le Nouvel Ordre écologique. L’arbre, l’animal et l’homme de Luc Ferry: [http://www.amazon.fr/Nouvel-%C3%A9cologique-Larbre-lanimal-lhomme/dp/2253943363/ref=cm_lmf_tit_4_rdssss0/402-6556218-2867362->http://www.amazon.fr/Nouvel-%C3%A9cologique-Larbre-lanimal-lhomme/dp/2253943363/ref=cm_lmf_tit_4_rdssss0/402-6556218-2867362]

(2) Les Verts ont obtenu 1.57% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, et 0.47% au second tour des législatives 2007 (4.05% au premier tour)

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