Grimaces anti-France de la part des “progressistes”

Publié le 27 octobre 2018 - par - 30 commentaires - 2 503 vues
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C’est dans l’air du temps, c’est le « sens de l’Histoire », bref, c’est le politiquement correct : il est interdit, ou du moins vivement conseillé de ne pas aimer la France, et même d’éviter d’employer ce nom, quasiment considéré comme un gros mot.

Voici deux anecdotes significatives à cet égard. Dernièrement, invité lors d’un repas par une famille amie de longue date, je me trouve assis face à un jeune cadre dynamique, que je crois « de gauche », la quarantaine. À un moment donné, son beau-frère assis près de lui évoque un restaurant parisien dont il apprécie particulièrement la qualité de la cave, notamment constituée de vins de Bordeaux et de Bourgogne. Naïvement (je vais m’en apercevoir sous peu), je prends à témoin, à propos de ces grands crus, le jeune homme ci-dessus mentionné, en ces termes qui frisent l’indécence : « ça c’est la France ! » Réaction de ce dernier : une grimace que je qualifierai de douloureuse, exprimant un certain dégoût. À l’évidence, le malheureux souffre. N’ayant pas encore très bien compris, j’enfonce le clou : « Eh oui, osé-je ! » Nouvelle grimace, nouvelle souffrance. Je cesse de le torturer.

C’est alors que surgit de ma mémoire le souvenir d’une scène vécue deux ans auparavant, chez un ami de longue date, donc cette fois de mon âge, mais également… « de gauche ». Cela se passe sur une terrasse à la belle saison, dans une assez belle résidence en banlieue d’une grande ville. Tout en prenant l’apéritif, j’aperçois à la fenêtre d’un immeuble du quartier un drapeau français, oui, j’ai bien dit : bleu, blanc, rouge. Hélas ! « Tiens, fais-je remarquer naïvement à mon vieil ami, un patriote ». Grimace gênée de mon interlocuteur qui, à l’évidence, souffre.

La similitude entre ces deux anecdotes me paraît révélatrice. Bien sûr, du fait qu’il n’est pas correct d’aimer la France (ce qu’implique le mot « patriote », et même qu’il n’est pas convenable de souligner son existence. Ensuite, je suis frappé par la similitude des réactions : la grimace, autrement dit une forme de silence gêné, l’impossibilité d’exprimer sa détestation de la France par des mots, autrement dit l’impossibilité d’amorcer un dialogue. Dans les deux cas, la personne se trouve au milieu du gué : détestation certes, mais que l’on n’ose pas encore formuler explicitement par le langage articulé. On s’en tient donc à la grimace, qui fait office de dissuasion et signifie silencieusement : arrête ! Pas de ça chez moi !

Une troisième anecdote, encore plus récente que la première, va m’aider à réaliser, non pas les raisons profondes de ce rejet, qui restent à définir, mais du moins son existence, son passage obligé chez toute personne bien-pensante. À la sortie d’une grande fête populaire au cours de laquelle 12.000 personnes venaient d’entonner une superbe Marseillaise, je rencontre un ami « de gauche » qui me manifeste sa joie sincère de me rencontrer, ce qui est réciproque. Difficile, dans la conversation, de ne pas faire allusion à la Marseillaise spontanée qui a résonné quelques instants auparavant. Notre ami avoue, un peu gêné, qu’il en a été ému. « Pourtant, s’empresse-t-il d’ajouter, sans doute pour que je n’aille pas tirer de conclusions honteuses à son égard, je ne suis pas spécialement patriote ». Tout en faisant quelques pas, il me répétera deux ou trois fois qu’il « n’est pas spécialement patriote », la répétition en l’occurrence tenant lieu d’insistance sur ce point à l’évidence majeur. Surtout pas ça grands dieux !

Conclusion. En langage journalistique ou intello, on dirait « décryptage ». Soit. Chez une certaine catégorie de population, qui s’affirme volontiers « progressiste », l’emploi du mot France semble provoquer le même effet qu’un crucifix à la face d’un vampire : ça brûle. Même chose s’il s’agit du drapeau français. Dans les deux cas exposés ci-dessus, je suis frappé par le caractère automatique autant qu’immédiat de la réaction : un réflexe. Ne faisant pas partie de cette mouvance (d’aucune d’ailleurs), je ne peux qu’imaginer les raisons de cet effet répulsif instantané, au risque d’en oublier ou de me tromper. Je suppose donc que la mention à la France et à ses couleurs, sans parler de son hymne, cela fait un peu, pour ces personnes, populiste, voire facho. Ringard aussi sans doute. Je suppose que, pour ces « citoyens du monde », l’appartenance à une nation est à jeter aux oubliettes de l’Histoire, comme l’on dit. Comme on a pu le constater, on en arrive même à refuser aux vins de Bourgogne ou de Bordeaux le qualificatif de « français ». Français ne doit plus exister, c’est un gros mot, quasiment une obscénité.

Tout cela me paraît participer de la mondialisation, voire de l’européanisation que nos élites tentent de nous imposer à toute force, sous divers prétextes frelatés du genre « la nation, c’est la guerre », alors que l’on sait très bien que les nobles motifs pacifistes invoqués en haut lieu et repris en écho par la presse docile à souhait ne sont que des prétextes pour imposer au monde une véritable dictature économique et financière, opération dans laquelle les phénomènes d’immigration massive ont un rôle éminent à jouer. Et il va de soi que, pour nous imposer une France multiculturelle, il convient d’en finir avec la France tout court. D’où la grimace.

Yves Pialot

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