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Guadeloupe mode d’emploi : tirer à balles réelles sur les forces de l’ordre

« La République ne tolérera jamais qu’on attaque les citoyens qui nous protègent et qui nous informent. La Justice poursuivra les auteurs de ces violences inadmissibles ».

Tels sont les récents propos, fort virils, du Premier ministre Castex au sujet de la situation chaotique qui règne en Guadeloupe depuis le 15 novembre dernier.

Ils rappelleront aux plus anciens d’entre nous ces fameuses paroles du général De Gaulle durant la « crise algérienne » : « Moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur Alger ! ».  On connaît la suite.

Cela dit, même Jean-Marie Le Pen le reconnaît dans ses Mémoires : politiquement, en abandonnant finalement l’Algérie, De Gaulle avait raison. Malgré la victoire militaire totale de l’armée française sur le FLN (au printemps 1961, le FLN était moribond), la situation en Algérie n’était pas tenable à terme pour les Français. Economiquement, politiquement, ce département d’Outre-mer constituait pour la France un boulet insupportable, alors qu’à la même époque, l’Allemagne connaissait une véritable renaissance, qui allait en faire à partir de 1965 la première puissance économique du continent européen. Mais passons…

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Le 15 novembre dernier, un collectif regroupant des manifestants anti-passe sanitaire et anti « vaccin » Covid-19 et des personnels soignants hostiles à la vaccination, lance une grève générale sur l’ensemble de la Guadeloupe.

S’en est suivi le blocage systématique des routes. Un coup dur pour l’économie locale – déjà mal en point avec un taux de chômage de 40% chez les jeunes. Le tourisme – l’une des principales ressources – en a été la première victime.

Les scènes de violences se sont multipliées un peu partout sur l’Île : émeutes, voitures calcinées, « snipers » tirant à balles réelles sur des forces de l’ordre débordées. Naturellement, le couvre-feu instauré le 18 novembre par le préfet n’a à aucun moment été respecté pr la population…

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La situation actuelle en Guadeloupe est sans doute – en moins tragique – un bis repetita de la situation algérienne

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Hier, 27 novembre, la « crise sanitaire » s’est en effet transformée en crise institutionnelle, avec cette déclaration sidérante du ministre de l’Outre-Mer, Sébastien Lecornu :

« Certains élus ont posé la question en creux de l’autonomie , par rapport à son statut actuel de département-région d’outre-mer. D’après eux, la Guadeloupe pourrait mieux se gérer d’elle-même. Ils souhaitent moins d’égalité avec l’Hexagone, plus de liberté de décision par les décideurs locaux. Il n’y a pas de mauvais débats du moment que ces débats servent à résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens ».

Des déclarations qui, à l’évidence, ne seront pas sans conséquence sur la situation en Nouvelle Calédonie, où le sort de l’Île doit se jouer par référendum le 12 décembre prochain.

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Le gouvernement vient par un coup de baguette magique de créer 1000 emplois jeunes en Guadeloupe. Des emplois sans aucune utilité économique : il s’agit simplement d’occuper une jeunesse désœuvrée et de l’empêcher de faire des bêtises…

Rapporter à la population de l’île (400.000 personnes), c’est comme si le pouvoir venait de créer 170.000 emplois administratifs en métropole ! Mais comme le disait fort justement le regretté  François Hollande : « Ça ne coûte rien : c’est l’Etat qui paie »

On croit rêver, alors que le gouvernement – dictature sanitaire oblige – s’est privé des services (évictions ou démissions) de plusieurs milliers de personnels soignants et que, par ailleurs, plusieurs dizaines de milliers de lits ont été fermés dans les hôpitaux publics (pour être honnête, les coupes claires dans les services ont commencé sous Sarkozy…)

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Commentaire du député LR du Vaucluse, Julien Aubert :

«Il suffit de tirer sur des policiers en Guadeloupe et la loi devient caduque».

Julien Aubert n’hésite pas à parler de « débandade institutionnelle »

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La France a-t-elle encore les moyens d’entretenir ses danseuses ultramarines ?

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni