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Guerre civile : le Collectif des familles de disparus en Algérie veut des réponses

La journée internationale du « vivre-ensemble » proclamée par l’Assemblée des Nations Unies, est une occasion pour le CFDA (Collectif des Familles de Disparus en Algérie) d’obtenir justice et vérité sur les milliers de disparitions forcées perpétrées par les agents de l’Etat algérien durant la guerre civile des années 1990. Il saisit cette occasion pour rappeler la situation algérienne induite par la charte pour la paix et la réconciliation.

Le peuple algérien ne peut oublier ni pardonner, explique le CFDA : « En Algérie, pendant la guerre civile des années 1990, des milliers de disparitions forcées ont été perpétrées par les agents de l’Etat tous corps confondus. La charte pour la paix et la réconciliation nationale, présentée par les autorités algériennes comme un exemple d’expérience de paix, est juste une consolidation du déni à la vérité et à la justice pour toutes les victimes »,

L’organisation juge que « cette journée est loin de refléter l’expérience algérienne encore branlante en matière de paix » estime le CFDA dans son communiqué.

« L’adoption de la charte pour la paix et la réconciliation nationale a été imposée au peuple algérien. Cette charte et ses textes d’application garantissent l’impunité en offrant l’amnistie aux auteurs des crimes, qu’ils soient membres des groupes armés ou agents de l’Etat. En effet, toute dénonciation ou plainte est automatiquement déclarée irrecevable par l’article 45 des textes d’application de la charte », rappelle l’organisation. Le collectif cite aussi l’article 46 qui prévoit « 3 à 5 ans de prison contre quiconque utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et populaire ».

« Ces mêmes textes obligent les familles de disparus à obtenir une déclaration de décès de leur proche décédé pour obtenir une indemnisation alors même que leur sort n’a jamais été dévoilé. Le CFDA estime que la charte dite pour la paix et la réconciliation nationale ne peut constituer une base raisonnable d’une transition vers une paix solide et durable », lit-on dans le même document. »

*Nous compatissons à la douleur des familles des « disparus », mais nous saisissons également cette occasion pour faire souvenir au peuple algérien que plus de 3000 personnes, des Européens d’Algérie, ont également disparu après le 19 mars 1962 et le « cessez le feu » imposé à l’armée française. Ce qui a profité au FLN et à l’ALN de perpétrer un massacre resté impuni jusqu’à ce jour.

Des enfants, des femmes, des vieillards, des civils innocents, assassinés par pure vengeance, par sadisme. De jeunes femmes dirigées vers les « bordels » militaires, des jeunes dont on a retiré le sang jusqu’à les rendre exsangues.

1165 civils assassinés, 1773 disparus entre le 19 mars et le 5 juillet 1962, 1580 européens disparus entre 1954 et 1962, 90 soldats exécutés, 239 soldats prisonniers qui n’ont jamais été rendus à la France, malgré les accords de réciprocité.

Avec interdiction, par le gouvernement français, à la Croix Rouge Internationale de s’y intéresser : télégramme (très secret) signé Louis Joxe et daté du 2 avril 1962 : “Je serais, pour ma part, hostile à une intervention quelconque de la Croix Rouge internationale dans tout ce qui concerne les arrestations et détentions d’européens”.

Nous sommes les témoins de l’horreur que peuvent-vous inspirer les différents gouvernements de l’Algérie. Nous sommes les témoins de toutes ces monstruosités et vous en avez été également les victimes lors des évènements des années 1990 : plus de dix mille « disparus » arrêtés ou enlevés par l’État algérien en dehors de toute procédure légale, et que l’on n’a jamais revus !

Les forces de l’ordre ont réprimé avec férocité les opposants, multipliant les exécutions extra judiciaires, les arrestations et les tortures.

Au cimetière El Alia, à Alger, quatre carrés de plus de 250 tombes de corps enterrés sous X.

Ces tombes-là ne s’ouvriront jamais.

On ne sait pas qui se trouve dans ces tombes anonymes et les demandes d’exhumation sont systématiquement refusées.

Pour l’État les dossiers sont clos.

Vous êtes dans la même situation dramatique que nous l’avons été. Nous non plus nous ne saurons jamais ce que sont devenus les nôtres !

Les responsables de ces disparitions n’ont jamais été ni jugés ni condamnés.

Les terroristes islamistes, qui avaient pris les armes contre l’État, ont été amnistiés et réintégrés dans la société.

Voilà de quoi sont capables les dirigeants de l’Algérie indépendante, y compris l’actuel, celui auprès de qui le président de la république française, Emmanuel Macron, s’est excusé pour les « crimes contre l’humanité, commis par la colonisation française ! »

Manuel Gomez