Guerre contre Daech : Poutine, le grand vainqueur

Publié le 5 octobre 2018 - par - 1 commentaire - 1 520 vues
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Nous allons procéder comme de bons élèves et suivre l’intelligente chronologie des actes du chef d’État russe pour mieux comprendre sa tactique, infaillible indéniablement.

Suite au déclenchement de la guerre civile en Syrie, il y eut la formation d’une coalition occidentale pour combattre Daech en Irak d’abord, puis en Syrie après son installation au sein des insurgés syriens. Les États-Unis mobilisèrent derrière eux, pour une coalition de circonstance, leurs alliés habituels, certains membres de l’OTAN, comme la France, l’Australie, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Norvège et l’Espagne.

Une soixantaine de pays unis pour lutter contre Daech

Les USA invitèrent également les pays arabes à participer. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Maroc, la Jordanie, le Bahreïn, le Qatar et – plus tardivement – la Turquie, répondirent notamment à l’appel.

Entre août 2014 et juillet 2016, les avions de la coalition conduisent 13 803 frappes aériennes, dont 9 273 en Irak et 4 530 en Syrie. 10 577 frappes ont été menées par les États-Unis qui mobilisent 5 000 soldats dans l’opération. Pour sa part, l’armée française, premier soutien des Américains, effectue sur la même période 4 000 sorties aériennes et mène 600 frappes en appui de l’armée irakienne.

Rapidement, les forces irakiennes soutenues par la coalition reprennent les villes de Ramadi et Falloudja. Les fiefs de Daech à Mossoul, en Irak, et à Raqqa, en Syrie sont, eux aussi, sur le point d’être repris. L’Iran et la Russie, eux aussi, se mobilisent contre Daech, agissant indépendamment de la coalition, en s’alliant en Syrie aux forces loyales à Bachar el-Assad.

Jusque-là, tout semble être bien orchestré. Les frappes contre Daech suivent les accords signés entre la coalition. Cela aurait pu se terminer par l’anéantissement de Daech, or ce ne fut pas le cas. Difficile d’opérer une sélection entre les rebelles et les terroristes de Daech. L’Iran, le Hezbollah et la Russie s’attaquent parfois d’ailleurs à des groupes de rebelles soutenus par la coalition. D’où la faille qui fera culbuter la coalition. Les Russes et les Iraniens avec leur proxy tirent dans le tas, d’où l’assassinat pur et simple de plus d’un demi-million de Syriens, civils et militaires inclus.

Cette guerre engendra par conséquent la débâcle et la fuite des Syriens et des Irakiens, culminant dans l’invasion systématique des pays d’Europe qui n’avaient d’autre alternative que de leur ouvrir leurs frontières. Dans la ruée s’étaient infiltrés des terroristes syriens, irakiens et afghans aussi bien que tous ceux qui cherchaient une opportunité d’améliorer leur mode de vie.

Ce qui devint pour les pays d’Europe, au bout d’un certain temps, une véritable menace existentielle… La terreur prit le relais, attaquant par tous les moyens les pays d’Europe, lesquels donnaient de sérieux signes de lassitude.

La Russie n’a pas été épargnée, mais sans regimber. Elle avait des plans bien définis en ce qui concerne la Syrie et la base militaire russe en plein essor en Méditerranée. L’Iran, secondé par le Hezbollah, projetait aussi la création d’un couloir direct de l’Iran au Liban, pour mieux atteindre l’Europe et Israël.

Il ne fait aucun doute que Poutine était au courant des projets ambitieux iraniens… projets qui pourraient entraîner les Russes et les Iraniens dans un conflit…

Dans ce cas, la solution la plus opportune serait d’impliquer Israël en lui permettant de participer à la destruction de l’arsenal iranien en terre syrienne, ce qui l’empêchera simultanément de se sentir visé. D’où les ententes russo-israéliennes.

Israël informait les Russes de ses frappes et ceux-ci les lui accordaient, nonobstant le renfrognement des Iraniens et des Syriens.

Il devint plus qu’évident que cette situation ne pouvait perdurer… Bachar el-Assad était mécontent, les Iraniens et le Hezbollah de même, il fallait donc faire un choix… Comme de coutume, les Russes optèrent pour le groupe anti-américain et anti-occidental. Les Israéliens ont manqué de prévoir cette éventualité… Ils sont tombés dans le piège prémédité par les Syriens et appuyé par les Russes… en éliminant le danger israélien, équipant la Syrie de missiles S-300 et fermant l’espace aérien de la Syrie à toute la coalition, les Israéliens compris… Clôture hermétique et danger imminent pour toute la région.

Le grand vainqueur est donc Poutine avec ses acolytes iraniens et syriens.

Les USA et l’Europe n’ont pas vu la trajectoire du projet irano-russe, et Israël en est la victime la plus affectée.

Israël ne peut pas se permettre de laisser cet abcès grossir et menacer son existence et va donc devoir s’atteler à trouver une solution pour contrecarrer l’avance iranienne dans la région et se mesurer aux Russes…

N’oublions pas que, durant la guerre des Six Jours et celle de Yom Kippour, les Russes ont combattu aux côtés des Égyptiens et des Syriens… On ne change pas si facilement de peau, c’est ce qu’Israël a omis de se rappeler en ce qui concerne les Russes.

Thérèse Zrihen-Dvir

https://theresedvir.com/fr/

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/

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Notifiez de
Gretsch

« N’oublions pas que, durant la guerre des Six Jours et celle de Yom Kippour, les Russes ont combattu aux côtés des Égyptiens et des Syriens »
Encore tout faux, d’abord il faut plutôt parler de soviétiques, et ensuite ils n’ont pas combattu aux côté des Egyptiens et des Syriens.
Les S300 sont des armes défensives, cessez donc de voler au-dessus de l’espace aérien de vos voisins, et de les bombarder et tout se passera bien.