Guerre en Bretagne : un maire donne des noms français d’oiseaux aux rues !

Publié le 20 septembre 2019 - par - 2 commentaires - 2 387 vues
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La guerre des noms est partie de Telgruc, un village fleurant bon le dolmen, les volets bleus, les cirés Cotten et les algues, perdu au fond de la péninsule de Crozon, de l’autre côté de la rade de Brest. Comme pour le nez de Cyrano, presqu’île de Crozon faisait, avec raison, trop minuscule pour France Culture (1).
À Telgruc, un glorieux enseignant d’allemand à la retraite, le magnifique Jean-Pierre Kemener, fondateur de la célébrissime EOST (Études ouvertes sur Telgruc) est passé à l’attaque.

Le maire du village a osé baptiser des rues du village de noms français d’oiseaux. Crime impardonnable de lèse-Breizh. « Des noms d’oiseaux insipides », dit Jean-Pierre dont je me demande pourquoi les parents ne lui ont pas donné un prénom aussi léger que Fanch ou Gwenc’hlan. Tellement plus typiques. À moins que cette frustration ne soit le moteur de son dynamisme culturel.
Cette brutale intrusion du français dans les noms de rue est un « ethnocide » dit-on dans les milieux branchés bretonnitude. Peut-être même un génocide. Un bretonicide ?

Alors le ban et l’arrière-ban des intellectuels bretons ont signé début septembre, une lettre ouverte. On y trouve des phares de la pensée brezhoneg comme Mona Ozouf dont on sait qu’elle a fait sa carrière essentiellement en langue bretonne comme l’indique les titres de ses ouvrages : Les Mots des femmes : essai sur la singularité française ou De Révolution en République : les chemins de la France ; Yann Tiersen, chanteur mondialement connu autour de Brest pour ses albums aux titres tellement locaux : Dust Lane, Skyline, Infinity ; le barde Alan Stivell, né Cochevelou à Riom en Auvergne, source jaillissante de la musique bretonne (comme « stivell » l’indique) ; et le grand, que dis-je, l’immense poète Yvon Le Men, prix Goncourt de la poésie, intermittent du spectacle payé par les impôts de TOUS les Français.

Ils sont ainsi « 300 grands intellectuels et artistes bretons », nous dit l’article de France Culture, à dénoncer « les injonctions de l’administration publique qui organise la débretonisation par idéologie jacobine ».
Et le jacobin de service s’appelle… Dominique Le Pennec, maire de Telgruc.
Le Pennec. Il n’y aurait pas un peu de Le Pen là-dedans ?
Un traître. D’ailleurs les militants ne s’y sont pas trompés : tags sur la mairie et menaces de mort.

Et ce collabo de l’État français ose dénoncer des « extrémistes nationalistes ». Pourquoi pas les assimiler à ceux qui assassinèrent Laurence Turbec, une employée du Mc Donald’s de Quévert, en tentant de faire sauter l’établissement le 19 avril 2000 ?
Quelle mentalité !

Remarquons au passage que le mot « jacobin » est maintenant et heureusement à ranger dans les tiroirs du lexique honni avec nation, souveraineté et autres vocables marqueurs du fascisme, de l’extrême-droite, des QI zéro.

Ces valeureux combattants du régionalisme – régionalisme pas nationalisme (en tout cas, pas encore) – ces résistants de granit, luttent de toute l’ardeur de leur conviction née au contact des fées de Brocéliande contre le recul de la langue si belle, si confortable en bouche, qu’est le breton.

Certes les noms sont pourtant traduits dans les deux langues : les toilettes sont les previsioù, la mairie Ti-Ker, Telgruc Terrug et le musée départemental breton le Mirdi Breizhek an Departamant.
Mais malgré ces efforts, malgré les écoles Diwan et autres pépinières et couveuses de la langue, le breton recule. « Il ne reste plus que 207 000 locuteurs bretons en Bretagne, soit 5,5 % de la population. Une étude inédite menée en juillet 2018 par le Conseil régional de Bretagne montre que l’âge moyen des bretonnants a augmenté de sept ans et demi en dix ans et atteint aujourd’hui 70 ans » dit France Culture.
Quel dommage !
Quelle perte irréparable !
Une langue qui s’éteint et le malheur du monde augmente, n’est-ce pas ?
Il faudrait imposer la disparition du français. Plus de bruit dans Landerneau mais dans Landerne.

Horreur !
Il y a même des communes qui ont adopté un nom bien français lors de leur regroupement. Et France Culture n’hésite pas à les dénoncer.
Ainsi dans les Côtes-d’Armor, les communes de Ploubalay, Plessix-Balisson et Trégon (des noms d’une beauté immémoriale) se sont unies sous le nom de Beaussais-sur-mer. Fade, insipide.
Et ce, suite à une consultation de la population.
Comme quoi, il ne faut jamais demander son avis au peuple, qu’il soit breton ou pas.
Et puis je suis sûr qu’il y avait plein d’étrangers parmi les votants. Je veux dire des pas bretons de souche.
Qu’on les chasse et qu’on recommence le vote jusqu’à ce que le résultat soit conforme à la pensée bretonne.

Devant tous ces faits abominables, je comprends que certains militent pour rendre l’étude du breton obligatoire à l’école dès la maternelle. Le député Paul Molac voudrait que les régions deviennent responsables de l’enseignement et ainsi la Bretagne pourrait ne prendre que des enseignants acceptant de se former en breton (et accessoirement en français) dès le début de leur cursus.

D’autres manœuvrent pour qu’à diplôme égal, les entreprises embauchent prioritairement celui ou celle émettant la langue de Roparz Hemon.
Quelle bonne idée !
Mais attention de ne pas discriminer ainsi les migrants clandestins en quête de petits boulots très qualifiés. Ils sont des chances pour la Bretagne. Contrairement aux Français qui, comme me l’a jeté un type – on choisit ses amis, rarement sa famille – n’ont rien à faire là.

Qu’entends-je ?
Une association pour la francisation des noms bretons verrait bientôt le jour ?
Des gens qui, de Plougonvelin à Plouasne, en ont marre qu’on les prenne pour des ploucs parce que le nom de leur village commence par « plou » ? Des habitants qui sont las de s’emmêler dans les milliers de lieux débutant par « ker » ?
Impossible.
Qu’ils sachent que cela ne sera pas autorisé dans le cadre de la démocratie, de la justice, de la morale, du respect de l’autre, etc.

Marcus Graven

(1) https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/bretagne-aujourdhui-le-jacobinisme-est-une-idee-de-ploucs

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Notifiez de
ANTOINE F.

Vous dédiez votre article à Yann Vallerie-qui-comprendra ! Ce serait bien étonnant, ou alors il a bien changé, en très mal !

ANTOINE F.

Quel délire ! On croirait un article humour/humeur pondu par un Jean Cau ou un Jean Dutourd de 2019 ! Ces militants bretons ont parfaitement raison de souhaiter préserver les noms de lieux séculaires même s’ils sont emmerdants pour les gps. C’est sûr qu’une rue Debussy c’est plus pratique que Stang ar vern ! La seule chose que je reproche à ces militants, c’est de s’afficher de gauche, lors même qu’ils se font presque traiter d' »identitaires » par un maire LREM !