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Guerre entre Azerbaidjan et Arménie : la main noire d’Erdogan, une fois de plus


La région du Haut Karabakh, frontalière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, est un point de tension qui empoisonne depuis des décennies les relations entre ces deux pays. Il ne m’étonne nullement que les deux pays se trouvent à présent engagés dans un conflit armé. Le moment choisi m’étonne encore moins : car dans ce conflit, comme dans bien d’autres qui enveniment le Moyen-Orient et l’Afrique en ce moment, c’est la main noire d’Erdogan qui manipule les belligérants et souffle sur les braises. Car l’Arménie chrétienne est depuis toujours la bête noire de la Turquie, alors que l’Azerbaïdjan est un allié traditionnel d’Ankara. Erdogan fait feu de tout bois depuis un an : Grèce, Chypre, Syrie, Libye, Arménie, il attaque sur tous les fronts. C’est devenu l’ennemi numéro un de la paix dans le monde, comme je l’ai déjà indiqué dans de nombreux articles, ou dans des émissions sur TV Libertés, Radio Athéna et Radio Courtoisie il y a plusieurs semaines. Mais qui est capable de s’opposer à lui ? La Turquie est membre de l’Otan, protégée de Washington, et également protégée de l’Allemagne en tant que vieil allié traditionnel. L’UE n’a même pas été capable de la rappeler à l’ordre dans les tensions en Méditerranée orientale, alors que la Turquie se trouve en conflit avec quatre de ses membres : France, Italie, Grèce et Chypre… L’Onu est aux abonnés absents, il semble que tout le système soit impuissant face aux prétentions de la Turquie d’Erdogan. Dans ce tableau, soyons honnêtes, Macron est le seul à essayer de contrer Erdogan : il a d’ailleurs pointé du doigt la présence de djihadistes envoyés au Haut-Karabakh par Ankara. Mais il est lui-même prisonnier du système qu’il défend bec et ongles, ce même système qui l’a humilié il y a quelques semaines, quand Angela Merkel et Charles Michel ont refusé de s’engager contre Erdogan, à sa demande. Erdogan doit bien rire, dans son immense palais d’Ankara : à lui tout seul, il met en défaut toutes les institutions internationales, crée la discorde au sein de l’UE, révèle les failles, carences et contradictions du système mondialiste, et profite de la situation. Seul Poutine a été capable de le remettre à sa place, en février, en Syrie : mais comme Poutine est le grand méchant loup de l’Otan et de l’UE, alors, mieux vaut laisser Erdogan à ses basses œuvres…

Olivier Piacentini