Guerres : l’irrépressible absurdité des hommes

« Tout gouvernement ici, pendant les dix dernières années du siècle, aurait pu avoir la guerre, en levant le petit doigt. Le peuple l’aurait acclamé : il avait un besoin d’excitation et un flux de sang à la tête ». Voilà ce qu’écrit Grey, chef du Foreign Office en 1906. Et puis un jour, la pression est telle que c’est l’explosion. C’est comme un moteur. Puis c’est le sang sur la terre froide et humide, les pleurs des femmes (tout au moins, celles restées fidèles !) et des enfants et un jour, la victoire des uns sur les autres, et la joie, et les femmes qui ne se retiennent plus. Arrivent enfin les célébrations avec les cloches qui sonnent, le déploiements des drapeaux, les monuments aux morts, les statues équestres, les défilés, et bien sûr les beaux discours avec évidemment, comme thème principal, les « plus jamais ça ». Et puis encore, avec le temps qui passe, les mêmes célébrations finissent par se confondre avec la fête, les grands gueuletons organisés par les plus grands chefs, au musée d’Orsay et à l’Élysée, sans oublier la Marseillaise, la sonnerie aux morts et l’invitation à tous les chefs d’État qui sont là présents et que le grand organisateur, comme l’instituteur d’autrefois, oblige à se tenir convenablement dans la grande classe qu’est le monde bref, à être sage pour des siècles et des siècles.

C’est vraiment étrange cet attouchement entre la mort d’hier et la joie d’aujourd’hui. C’est comme si les hommes, pour mieux saisir la vie, comprendre qu’elle leur est essentielle, qu’elle leur est belle finalement malgré ses tracas quotidiens, avaient besoin de l’affrontement, comme si l’affrontement était une mémoire indispensable. D’ailleurs, ne parlent-ils pas souvent du devoir de souvenir ? d’« itinérance mémorielle » ? C’est comme si les hommes, prétentieux, voulaient ravir à Dieu le soin de se donner la mort, une mort qui ne serait plus alors naturelle mais leur seule œuvre à eux. C’est comme s’ils étaient dégoûtés de l’acte d’amour qui avait fait qu’ils étaient, qu’ils vomissaient la fusion initiant leur départ, préférant, jouissant même de la solitude insensée de leurs divisions. C’est comme s’ils étaient tombés entre les mains du diable offrant à celui-ci son triomphe face à Dieu, comme s’ils haïssaient l’amour, lui préférant la haine.

Alors bien sûr, nous vivrons encore ces grands moments de fraternité, petites pièces théâtrales créant la surprise, morceaux extraordinaires de communication, ces grands engagements pour l’amour des peuples, avec des acteurs implorant le pardon de leurs pères insensés, des acteurs qui eux bien sûr, et sans prétention, sont devenus raisonnables, comme l’agenouillement en 1970 de Willy Brandt sur le sol mouillé de Varsovie devant le mémorial des morts du ghetto ; comme Mitterrand et Kohl main dans la main à Verdun en 1984 ; et comme Angela Merkel posant délicatement son front sur le front de Macron dans le wagon de Rethondes. Tout cela est beau, fait vibrer les cœurs dans les chaumières là où vivent des femmes et des hommes simples qui n’aspirent qu’à la tranquillité avec leurs voisins, qu’ils soient proches ou lointains.

Mais il y a le pouvoir et dans ce pouvoir, il y a souvent des saloperies prises par la folie des grandeurs, pour l’argent, pour la domination du monde par leur pays ou par leur religion comme aujourd’hui l’islam ; des saloperies qui ont la mainmise sur l’esprit des pauvres gens et qui les mènent à la mort pour qu’ils servent leurs ambitions sataniques parce que pathologiques.

Demain va donc continuer comme hier, tout simplement parce qu’il y aura toujours des saloperies, des saloperies d’ailleurs qui n’ont même pas conscience d’en être comme les fous de Dieu de l’islam, comme les Chinois qui bousillent des Ouïghours, comme les capitalistes qui bousillent la planète… comme l’apôtre de la paix Macron qui continuera de vendre des armes françaises à l’Arabie saoudite, cette Arabie saoudite qui massacre des hommes au Yémen… Il serait bien de relire, dès l’école, le « Discours de la servitude volontaire » d’Étienne de la Boétie. Cela changerait peut-être un peu les choses… puisque Dieu là-haut ne semble pas très intéressé par Ses enfants. Au moins, dans ce domaine, les hommes lui sont supérieurs : ils font tout, eux, pour protéger leurs enfants. À sa place, j’aurais honte et me cacherais. Ah ! Que les hommes sont absurdes ! Pour continuer de vivre, mieux vaut ne pas y penser et éviter de suivre, comme des moutons, la première grande gueule qui demain, évidemment, se présentera.

Philippe Arnon

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9 Commentaires

  1. Beau texte qui évoque la Folie des Hommes et leur Repentir ultérieur…
    Quels Hommes ? Les Dirigeants qui s’écharpent par cadavres interposés.
    Quels Repentirs ? « Pour qui sonne le Glas » ? Pour les Morts !
    La grande Faux est passée ? On passe l’Eponge !

  2. L’apôtre de la paix, Macron ? C’est une vue de l’esprit, une illusion d’optique, un vrai mirage, de l’intox pure et simple… Non, Macron c’est l’apôtre du mondialisme islamisé et des multinationales ! :-((

  3. C’est quoi , cette bouillie catho façon « padalmalgam » ?
    Les dieux imaginaires existaient encore en 1914 dans les crânes, et pourtant les vaines processions et les prières n’ont pas sauvé nos un million six cent mille morts!
    Ainsi, selon vous, il y a les bons islamistes modérés qui assassinent modérément et les méchants qui assassinent méchamment?
    Vous dénoncez au même niveau, les « saloperies » (?) des fous de Dieu de l’islam et les Chinois qui font face au « djihadistes » Ouïghours. Plus loin, vous dénoncez le play boy princier saoudien, ami de Macron qui assassine au Yemen en accusant le capitalisme marchand d’armes. Rafales ou couteaux, le point commun de votre diatribe, c’est un obscurantisme religieux , l’islam.

    Dites le carrément au lieu de tourner autour du bénitier.

    .

  4. Triste verite::’le mâle humain aime la guerre. Elle l autorisé à tuer avec bonne conscience et même des felicitations

    • L’hommage à nos morts ce dimanche, a été grandiose, sauf à Paris et à Orsay, on vous l’accorde.
      Mais vous avez tort, tout comme l’auteur de l’article, qui dénonce « les hommes ». 1914, c’est l’expansionnisme allemand qui a « provoqué » la guerre, et pas l’assassinat du prince autrichien…. par des séparatistes islamistes serbes manipulés par « la main noire ».
      Les deux empires d’allemagne et d’autriche-Hongrie, dirigés par le « kaiser » d’allemagne, ont déclaré la guere à la Russie le 1er aout, à la France, alliée de la Russie le 2 et à l’Angleterre le 7.

      Si vous pouviez demander à nos morts et à nos 6 millions et demi de Poilus blessés s’ils étaient « excités par le sang », comme vous osez écrire, vous auriez eu leur poing dans la gueule.

      • Je ne crois pas. Il semblerait bien que ce soit l’attentat de Sarajevo qui ait réellement provoqué la guerre.

        L’unique nation belliqueuse – et férocement déterminée à faire la guerre – après l’attentat était l’Autriche (seulement l’Autriche, la Hongrie était beaucoup moins enthousiaste). La Russie a suivi pour défendre la Serbie. Mais toutes les autres nations, Allemagne comprise, ont essayé jusqu’à un certain point d’éviter la guerre.

        Une fois les hostilités entamées, bien sûr, c’est une autre histoire.

  5. les Ouïghours sont des musul qui veulent faire sécession de la Chine, et qui bousillent des chinois…
    Normal donc que les chinois se défendent !

    • Si ce n’est que les OuÏghours sont chez eux au Turkestan Oriental, comme les Tibétains au Tibet (qui certes ne sont pas musulmans).

  6. La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires. Clemenceau.

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