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Guignol’s band


« On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n’ont pas tenu devant l’existence. On est tombé dans les salades qu’étaient plus affreuses l’une que l’autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s’est bien marré quelques fois, faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d’inquiétudes que les vacheries recommenceraient… Et toujours elles ont recommencé… Rappelons-nous ! » Guignol’s band, Céline.

Guy Debord a bien décrit la société du spectacle, de l’écran 24h/24, du narratif émotionnel, de la communication piaillante, des mimes politiques nains mais pontifiants et imbus, des journalopes amphigouriques serviles, la dissolution du réel dans le verbe. Elle hypnotise, abrutit, amollit… Tant que… Tant que…

« Dans la famille Guignol, j’ai déjà Le Nain excité, Le Flamby casqué, je veux La Sissy des Caraïbes… » demandait nonchalamment le vieux 68ard, vautré sur son canapé Darty, en examinant, l’air concentré, son jeu en euros… Mais jetant un coup d’œil fier de temps en temps à son super-gland écran plasma HD, acheté exprès pour « Les Marseillais ».

Et soudain un spectre du côté obscur oublié transperce justement l’écran plasmatique, bandant son gros canon de T80 au milieu des fameux Marseillais, en pleine discussion philosophique spermatique… « Merde alors ! » pensa-t-il avec profondeur…

Et ce barbare, hors la loi Bisounours, écrase en plus de ses chenilles monstrueuses le pt’it Gibus, le terrible micro-confiteur du bobo masqué en slip-muselière.
Même l’acteur Zelensky, le joueur de piano à la bite, abandonne ce jour là sa partition comique de nucléarisation de l’Ukraine sous parapluie otanesque sans réaction tsariste… pour vite plonger dans un blockhaus en vrai béton soviétique, sous d’hypersoniques missiles russes plus virtuels.

Alors la Guignol’s band vitupère contre cet intrus ramenant le réel sur le devant de l’écran, qui révèle l’existence de la Matrix covidienne, organisée par l’insignifiante caste crasse de Boobaland et d’autres colonies mondialistes de Cosmopolis.
Foutriquet du Niagara et Sissy des Caraïbes, les gamins bonniches préférés du Soros de Davos décident de se la jouer Covid 2, à défaut de savoir faire du vrai, et reprennent leurs comédies de fats jacasseurs… devant le moine tchékiste imperturbable :
« Est-ce que le boboïsme est contagieux ? Une combinaison NBC ? Non… Juste une très grande table pour éloigner le guignol… Je lui donnerai un verre de lait quand même… Mais qu’est-ce qu’elle m’énerve avec son air suffisant la fiotte à dealers ! »

Un vieux mammifère des steppes énervé… Ça charge…

Mais si son intention est « conscience » au fossile de mammouth sibérien… Boursouflé car un peu décomposé quand même depuis ces millénaires… Son idée… Elle frôle l’aventure paranoïaque ! Thématique éthique anti-décadence douguinienne… Idéalisation intimidante de l’État impitoyable, du grand Peuple souche et de sa Civilisation millénaire… Irrationnel qui terrorise les plus puissants oligarques, et qui fascine le petit peuple, et même le barbare ennemi Trump… Sa garde impériale tchétchène enrôlée dans un chevaleresque stalinien improbable… Structure hiérarchique soumise à l’Ordre organique… L’affrontement titanesque comme stratégie de consolation pour les moujiks sous sanction… Quand même !

Ça spectacle plus… Pas loin de pisser sur son pantalon baissé le bobo gland remplacé… Le Gilet jaune déclassé, lui, se marre…

Souchien méprisé par Guignol’s band, il l’aime ce chevalier errant après la chute de son château… Lui, il a perdu sa niche… Guignol’s band l’a donnée aux Autres.
Et puis le déchu blanc, devenu l’inutile de la mondialisation heureuse, il regarde le déchu rouge qu’on disait tout autant obsolète, que son ennemi Guignol’s band moquait et narguait aussi… Et les débris du mur du château… Ce paradis rouge pour un antique souchien mort déjà… Bobo les collectionne pour les montrer, après la livraison des sushis végan-biobio-halal par un pédaleur importé, à ses congénères têtes à claques écolos, tout aussi mattuvus du selfie.

Les comiques troupiers du nouvel ordre mondial… La politichinellerie qui mime le combat politique… Et un zeste d’idéalisation verte pour souffler dans le cul du Capital un supplément d’âme… Pour idiots utiles qui s’intègrent à la praxis de l’oligarchie dominante… Green-washing dévot… Mépris du bouseux diesel viandard de bon ton chez les HQE… Entre 2 suçages de dealers ou barbus.

Guignol’s band peut bien dénoncer l’irrationnel où l’anachronisme des chevaliers errants de la Politique, ces  pourfendeurs de moulins que Gugnol’s band affirme sentencieusement imaginaires, moquer des rêveurs sans concession à la praxis TINA. Mais en vérité, la Sissy déblatère dans le grand débat grande branlette, la houri verte sauve juste Bamby, le Tsar, lui, agit dans le réel, silencieux, imperturbable, froid comme un missile à hydrogène liquide.

La fin de l’Histoire? Celle de Guignol’s band où l’autre ?

Le souchiot Grégor, qui à une époque dodelinait de la tête sur un canapé rouge très impie, partit dans la forêt, loin de la ferme des animaux d’élevage gogochons où on l’avait déporté. En pourchassant honteusement un gentil lapin, la sale petite bête carnivore rencontra le vieil ours, encore plus carnivore, qui lui offrit un casque d’acier tout rouillé qu’il venait de déterrer. Grégor ne ressemblait à rien avec, débordant sur son museau, mais il était joyeux. En revenant il entendit qu’on aiguisait un poignard sur une pierre, derrière le vieux mur écroulé, qui bordait le chemin de la croix des âmes. Dans la cour de la ferme, toute bétonnée de noir, trônaient 12 poubelles de 12 couleurs différentes qu’il détestait, autour d’une autre horreur verte bizarre, qui ressemblait vaguement à un sapin tout lisse. Le souchiot grognon  rentra dans sa souniche. Il n’aimait pas ces trucs ni le béton noir, ni les gogochons roses et épilés d’ailleurs, qui puaient le parfum, et paillaient tout le temps en se masturbant en plus.

Quand l’ours reviendrait, il se disait qu’ils brûleraient ensemble tout cette merde au TOS, et il s’endormit rasséréné. De vieux souvenirs guerriers montaient des profondeurs de la terre battue de sa souniche, car c’était une vieille terre gorgée de sang et d’idées de puissance révolues. Et un sentiment de bonheur et de sérénité le saisissait dans son rêve.

Joh Fredersen