Haguenau : une pièce de théâtre turque embarrasse les autorités

Publié le 26 avril 2018 - par - 12 commentaires - 1 757 vues
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Un spectacle, désolant pour un pays laïque en lutte contre le communautarisme, s’est déroulé dans la 2e ville du Bas-Rhin, Haguenau (35 000 habitants) après avoir mis les autorités dans l’embarras.

Déroulement des faits à Haguenau

A l’origine de ce climat délétère, la lutte intracommunautaire turque transposée dans cette paisible cité alsacienne. Baris Atay, metteur en scène et comédien, en rupture de ban avec le maître de la Turquie, Erdogan, avait programmé une pièce de théâtre intitulée Sadece Diktatör (Seulement Dictateur). Avec ce titre, il était facile de cerner l’objectif, à savoir la dénonciation de la dictature turque. Les organisateurs de l’événement étaient la Fédération des travailleurs et jeunes turcs (DDIF-France) et une association locale des Alévis (1). Cette pièce devait se jouer en langue turque, ce qui excluait de fait tout public non turcophone, donc les Français en premier lieu. Une représentation communautariste et politique.

Mais la courroie de transmission émanant du dictateur néo-othmanien a bien fonctionné : une campagne de désinformation a été lancée sur les réseaux sociaux par ses affidés, les pro-Erdogan, et des menaces feutrées intimidantes ont été proférées à l’encontre du responsable de la salle, qualifiant le spectacle de « terroriste ». Le but était clair : faire annuler la représentation. Sans la salle, pas de théâtre, donc pas de critiques de la dictature turque.

Les autorités (à la sous-préfecture et à la mairie), prises entre deux tendances politiques et religieuses turques, qui sont étrangères à la politique intérieure de notre pays, se sont trouvées face à un dilemme. La sous-préfecture, après investigations, a tranché et a décidé de laisser se dérouler la pièce comme prévu dans la salle du Foyer Saint-Nicolas  appartenant à la paroisse catholique. Une aide substantielle et précieuse.

La pièce s’est finalement déroulée dans le calme, le samedi 21 avril, en présence de 200 spectateurs. La police nationale et la police municipale assuraient la sécurité des lieux et des environs immédiats par crainte d’une action de la communauté turque rivale. Les organisateurs ont dénoncé, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, « la pensée obscure » qui espérait interdire le spectacle, et affirmé : « Ce n’est pas anodin de s’attaquer à la liberté d’expression et aux principes démocratiques ». Ils ont même insisté : « Face à l’intolérance qui fait rage, le relativisme ou la compassion ne sont pas de mise ».

Une analyse sur le fond 

A première vue, on pourrait approuver la décision du sous-préfet et du maire de Haguenau de maintenir la représentation à la date prévue et sur le lieu envisagé par les organisateurs : il ne fallait pas qu’ils se soumettent au chantage d’une faction.

Posons-nous d’autres questions. La France ne doit pas intervenir dans les conflits qui opposent des tendances politiques de pays étrangers. Mais dans cette affaire alsacienne, l’autre faction de la communauté turque pourrait faire venir de Turquie un spectacle en faveur d’Erdogan qui se voit comme le futur calife néo-ottoman. Erdogan envisage des élections anticipées pour la rentrée qui devraient, en France et en Europe, agiter la communauté turque où les composantes de ce pays sont en conflit permanent. Les pouvoirs publics français, au nom de la liberté d’expression et du vivre-ensemble, ne pourront pas interdire ce spectacle puisqu’ils viennent d’autoriser le camp adverse à se manifester, par le truchement d’une pièce de théâtre.

Autre point, plus culturel celui-là : le théâtre en langue turque est aussi une discrimination envers les autres habitants de Haguenau qui ne pratiquent pas le turc. La langue officielle et unique de la France est le français. Les langues turque, arabe, kurde, ourdou etc. sont des langues identitaires d’une population étrangère immigrée de fraîche date sur notre sol, non intégrée, non assimilée puisqu’incapable de comprendre une pièce en français. Est-elle d’ailleurs assimilable ? Récemment, le club de foot d’une commune alsacienne a été complètement turquisé. La conquête se poursuit. Une pièce du théâtre italien, espagnol, portugais ou anglais n’a nullement la même connotation parce que les spectateurs, les acteurs sont déjà intégrés. Rappelons qu’Erdogan a décrété qu’ « assimiler les Turcs [en Europe] est un crime contre l’humanité ».

En fait, peu importe la situation, la France ne doit pas épouser les querelles et les luttes politiques des pays étrangers qui disposent d’importantes colonies facilement mobilisables et facilement manipulables et qui mettent en danger notre unité nationale et notre propre sécurité. La France, généreuse, a naturalisé des millions d’étrangers qui votent aux élections de leur pays d’origine en France dans des locaux mis à leur disposition par les municipalités, et votent aussi aux élections françaises. Peut-on avoir une double allégeance ? Peut-on manger à deux râteliers ?

Attendez-vous à ce que le Parc des sports de Haguenau, le stade de la Meinau de Strasbourg et d’autres stades de France soient privatisés pour la future campagne d’Erdogan…

Messieurs les politiques, prenez vos responsabilités.

Même une mosaïque est fédérée par un unique ciment.

Bernard Dick

(1) L’alévisme (alevilik en turc, ou al-‘alawīyya en arabe) regroupe des membres de l’islam, dits hétérodoxes et même hérétiques pour le sunnisme que pratique Erdogan. L’alévisme se rattache au chiisme duodécimain par la lignée du sixième imam (Dja’far al-Sâdeq) et à Haci Bektaş Veli, fondateur de l’ordre des Bektâchi. Les Alévis représentent 30 à 35 % de la population turque soit environ 24 à 28 millions (sur 80 millions en 2017). Ils sont 120 000 à 150 000 en France. Comme les Kurdes (qui eux sont sunnites), ils sont majoritairement réfractaires à la tendance d’Erdogan. Les Alévis sont favorables à l’égalité homme/femme, acceptent une certaine laïcité et chez eux, les signes extérieurs religieux sont peu fréquents.

Au 25/04/2018 : nombre d’attaques terroristes mortelles :

 

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Notifiez de
Marie

Une des joies du multiculturalisme: l’importation de conflits étrangers dans notre pays. Quand on observe la situation mondiale et toutes les tensions qui existent, on peut comprendre que ce n’est que le commencement. Les musulmans étant responsables de la majorité des conflits, les sources étant multiples et ayant leur origine aussi bien dans une opposition entre musulmans qu’avec les mécréants je pense qu’à court terme ils arriveront à créer le chaos chez nous sans problème.

dufaitrez

Erdogan et ses séides en font trop ! Ils exigent de faire des campagnes électorales en Europe, en vue des prochaines élections. Qui va les refuser ??? J’attends…
Rappelez-vous ! Erdogan venu à Strasbourg devant 12.000 sympathisants en 2015.
Cette pièce de théâtre répond à la même question. Peut-on tolérer sur notre sol des manifestations (culturelles ?) mais politiques, en langue étrangère ?
La réponse est NON !

wika

Je retiens deux choses de votre article, monsieur Dick :
1) la salle à été mise à disposition des idiots utiles catholiques (étant moi-même catholique, j’enrage )
2) La pièce est jouée en langue turque.
Il fut un temps où des metteurs en scène engagés comme Costa Gavras avaient la courtoisie et l’élégance de tourner leurs films militants dans la langue du pays d’accueil. Chacun avait ainsi le loisir d’aller voir ou non, de partager ou non le point de vue de l’auteur
Mais ça c’était avant.

Abbé ARBEZ

si les catholiques français soutenaient un peu plus leur Eglise, les institutions catholiques en perte de vitesse financière ne seraient pas amenées à louer leurs salles à toutes sortes de manifestations extérieures afin de pouvoir survivre.

boudry

ABBE ARBEZ
L’église qui a tant projeter sa  » morale  » et qui aujourd’hui ,loue une salle à nos ennemis ,ne fait rien moins que de la prostitution !!

boudry

je rajouterai qu’entre votre raisonnement et l’attitude de votre pape,c’est carrément le cheval de TROIE.

Bernard Dick

Wika, vous avez tout compris. L’islam est en phase de reconnaissance comme religion. C’est l’Eglise catholique surtout qui lui sert de chevai de Troie aidée par le Concordat. Des célébrations dites « œcuméniques » sont ouvertes aux imams dans plusieurs régions de France.

patphil

la commission de bruxelles a priorité sur le parlement français, le président turc va bientot exigé que le gouvernement européens lui obéissent, il ose et les autres se couchent (rappel l’occident= le couchant)

annie

Dernièrement, dans le Dauphiné libéré, titre : les jeunes Turcs ont donné leur spectacle (je précise dans la plus belle salle de la Ville, romans sur isère) https://www.ledauphine.com/drome/2018/04/25/les-jeunes-turcs-ont-donne-leur-spectacle « la fête de la souveraineté nationale et des enfants en Turquie a lieu chaque année. elle a été instaurée par Mustapha kemal Ataturk. (…) spectacle joué par des enfants de toutes les écoles de la ville (!)… Le professeur YB envoyé par l’administration turque pour donner des cours (…) pour mettre en scène des chants traditionnels etc… Le maire MH Thoraval est venu les saluer et a pris la parole avant que… lire la suite

Bernard Dick

Ces exemples sont légions en France. Les maires courtisent les migrants, les communautés étrangères et l’islam. Ce sont les pouvoirs publics eux-mêmes qui encouragent le communautarisme pour des raisons électoralistes. Il y a en Alsace un village (s) entièrement turc. Un remplacement de population en douceur amère.

boudry

ANNIE
C’est sûrement ça ‘ l’intégration !!!
S’ils ne peuvent pas se passer de leur Turquie,qu’ils y retournent

a.picadestats

Ce n’est pas la première fois et cela s’est déjà produit et cela se reproduira avec des salles de quelques milliers de personnes.Par contre les patriotes français ont beaucoup de mal à louer des salles!
Du temps ou Bariza Khiari, musulmane, était vice présidente du Sénat, certaines réunions maghrébines se faisaient au Sénat;
Les turcs ne sont pas comme chez eux mais mieux que chez eux.Car chez nous car en plus ils y a les allocs!