Haïti, symbole du fiasco des républiques noires

hollandechuteHaïti, l’exemple qui dérange nos gardiens du temple de la pensée unique…. Le voyage de François Hollande à Port-au-Prince est l’occasion de rappeler ce qu’est devenue, après plus de deux siècles d’indépendance, celle qu’on surnommait jadis la “Perle des Antilles”, la plus riche des possessions françaises outremer au 18è siècle.


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Indépendante depuis 1804, suite à la révolte des esclaves menée par Toussaint Louverture, la première république Noire de l’histoire, après dix générations, reste pétrifiée dans le désespoir et la misère. Un naufrage absolu malgré une aide internationale massive.
Selon la banque Mondiale, quatre Haïtiens sur cinq vivent sous le seuil de pauvreté avec 1 ou deux dollars par jour. Avec une espérance de vie de 55 ans, 60% de chômeurs et seulement 50% des enfants scolarisés, Haïti est le pays le plus pauvre d’Amérique, au même rang que les pays les plus déshérités d’Afrique.
Et si les apôtres de la repentance ont pour habitude d’invoquer le lourd héritage de la colonisation pour expliquer le naufrage de l’Afrique, il leur est bien difficile d’user du même argument avec Haïti, ce pays étant maître de son destin depuis plus de deux siècles. Alors, à qui la faute ?
Cette île des Caraïbes est d’abord un modèle d’instabilité politique. Sur les 56 chefs d’Etat qui se sont succédé depuis 1804, la moitié ont été renversés ou assassinés. Violences et insécurité, corruption généralisée, gabegie, irresponsabilité et égoïsme des élites sont devenus l’ADN de la vie politique haïtienne. Les seules périodes de stabilité vécues par le pays, l’ont été sous le règne de dictateurs féroces, protégés par les redoutables milices que furent les Tontons macoutes de l’époque Duvalier ou plus récemment les Chimères, fidèles au président Aristide. Milices tristement célèbres pour leurs exactions au sein d’une population terrorisée.
On comprend donc pourquoi Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain, après une visite officielle à Haïti, s’interrogeait sur l’aptitude des Noirs à assurer le développement de leur pays. Voici son discours prononcé à la Jamaïque en 2003 :
« Nous devons constater que, si les révolutions américaine et française ont réussi à créer les conditions du développement pour les peuples américain et français, Haïti n’a pas connu le même développement. Au contraire. Nous, les Africains, et ceux de la diaspora, nous avons à répondre à cette question : pourquoi la condition des Africains s’est-elle dégradée au fil des ans, malgré le fait que les républiques africaines existent en tant que républiques noires, comme c’est le cas en Haïti depuis deux cents ans ? » 
Sages propos empreints de lucidité et de bon sens dans la bouche d’un chef d’Etat africain. Mais on imagine le tollé chez nos bien pensants si un historien Blanc avait dit ça !
Jacques Guillemain

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