Halalisation : un décret qui va faire mal aux abattoirs « tout halal »

Après deux mois d’interruption de mes articles sur l’« halalisation » (non pour cause de vacances mais parce que j’ai traité des sujets d’actualité plus immédiats), je reprends le dossier du scandale des Français obligés de manger halal « à l’insu de leur plein gré » et dont nous avons largement évoqué les inconvénients.

J’y suis personnellement d’autant plus sensible qu’après plusieurs semaines de gros ennuis de santé, le verdict médical est : J’ai été victime de la bactérie Escherichia coli. Et malgré la prise d’anti-bactériens, d’autres complications sont apparues qui pourrait être liés à cette affection. Evidemment, comme les premiers symptômes dataient de plus d’un mois avant le premier diagnostic, je ne puis accuser telle ou telle source précise. Néanmoins je soupçonne la viande halal recyclée contre notre volonté et notre connaissance, dont on connaît la responsabilité dans l’Escherichia coli , et malgré toutes les précautions que je prenais. Il suffit d’un plat préparé, d’un repas au restaurant ou autre… Heureusement, c’est moins grave pour un adulte que chez un enfant.

J’attire donc votre vigilance. Boycotter toute viande provenant d’abattoirs qui ne sont pas dans la liste de OABA « ni halal ni casher », et préférez le porc, le poisson les œufs. Attention surtout aux volailles, car l’OABA est quasi interdit de séjour chez les abatteurs de volailles donc ils ne sont pas comptés dans leurs listes et c’est pourtant là qu’il y le plus grand taux de « tout halal ».

Pour reprendre le dossier, je vais donc traiter vos courriers, dans l’ordre chronologique pour faire simple.

Que Choisir s’en lave les mains

Christian, l’un de nos fidèles lecteurs, a écrit par deux fois (1er juin et 1er juillet) à l’Union Fédérale des Consommateurs « Que Choisir ». Il attire principalement l’attention sur le danger de l’Escherichia coli pour les enfants, exemples à l’appui :

https://ripostelaique.com/wp-content/uploads/2012/09/Halal-que-choisir.pdf

Que Choisir n’a pas daigné donner réponse alors qu’il y a manifestement tromperie (dangereuse) sur la marchandise et donc que ça relève de son rôle de protection des consommateurs et de leur santé. Pourtant Que Choisir avait soutenu des musulmans qui avaient été trompés par du « faux halal ». Allez comprendre…

Cora Massy croit davantage le ministère de l’Agriculture que l’OABA

Sylvie a pris la peine de mettre dans un fichier compressé la « liste mixte des abattoirs agréés conventionnels et rituels » qui avait été publiée par Le Point et difficilement lisible sur le site du magazine. Nous l’en remercions :

https://ripostelaique.com/wp-content/uploads/2012/09/liste-abattoirs-conventionnels-et-rituels.zip

Cette liste permet de faire un double test : non seulement vérifier qu’un abattoir n’est pas dans la liste « ni halal ni casher » de l’OABA que nous avions communiquée, mais qu’il n’a pas été oublié et classé comme « rituel » par l’OABA. Les abattoirs « rituels » sont en rouge sur les tableaux.

Si Sylvie s’est donné cette peine, c’est en autre parce qu’elle a échangé plusieurs longs courriels (donc je vous passe les détails) avec le supermarché Cora Massy, dénonçant preuves à l’appui la vente par celui-ci de viande provenant d’abattoirs classés dans la « liste rouge » de l’OABA.

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Les réponse fort longues et tortueuses de Cora Massy se résument ainsi : « Cette liste est bien établie par des journalistes et, d’après l’article, avec des informations apparemment recueillies par l’OABA. Ces informations n’émanent en aucun cas du ministère de l’agriculture (comme peut le laisser sous entendre le logo placé à côté de la liste) »

Or les ministres de l’Agriculture, l’ancien comme le nouveau se fichent totalement de la tromperie dont sont victimes les Français ! Heureusement de l’OABA fait le boulot à leur place…

« Abattage conventionnel garanti »

Plus optimiste, un autre lecteur nous envoie cette photo prise dans un magasin Leclerc d’Avignon :

C’est de la viande de taureau, mais ce qui est intéressant c’est le label « Abattage conventionnel garanti » (sous-entendu non rituel), qu’on nous avait déjà signalé pour des boucheries et des restaurants. C’est bien la preuve que nos actions marchent et que « la peur change de camp ».

Un décret qui donne du fil à retordre aux abattoirs « tout halal »

Mais la meilleure nouvelle de ce début juillet (en attendant de traiter vos autres courriels) vient paradoxalement du site islamique Saphirnews.com. J’avais critiqué le décret de décembre dernier, applicable en juillet, qui obligeait les abattoirs à ne faire du « rituel » que sur commande précise. Et c’est Saphirnews.com qui nous apprend que je me suis partiellement trompé :

http://www.saphirnews.com/Abattage-rituel-une-autorisation-prefectorale-decourageante_a14745.html

Le titre de l’article dénote le désappointement des « halalisateurs » : « Abattage rituel : une autorisation préfectorale décourageante ». Et le chapeau résume l’article : « Depuis dimanche 1er juillet, les abattoirs qui pratiquent l’abattage selon les rites juif et musulman doivent impérativement être en possession d’une autorisation préfectorale. Quelques jours après l’instauration de l’obligation, des abattoirs ont reçu ce sésame quand d’autres subissent les lenteurs de l’administration. Mais certains ont tout simplement décidé d’arrêter l’abattage rituel à cause des conditions draconiennes imposées. »

Ah bon, ça gêne nous amis musulmans qu’on impose des « conditions draconiennes » d’hygiène à l’abattage halal, et que les autorités demande des commandes fermes de la filière halal (« l’usage de la dérogation correspond à des commandes commerciales qui le nécessitent ») ? Ça sonne la fin du « tout halal » pour nombre d’abattoirs, et Saphirnews.com le confirme : « Résultat, de nombreux abattoirs ont décidé d’arrêter de pratiquer l’abattage sans étourdissement suite au décret. « La semaine dernière encore des opérateurs nous ont dit qu’ils arrêtaient », indique M. Otmani », porte-parole de l’organisme de certification halal AVS.

M. Othmani ajoute que selon lui, il y a  « volonté de marginaliser l’abattage rituel. A moyen terme, les abattoirs qui procèdent à l’abattage rituel risquent de se tourner vers l’étranger ».

Je ne comprends pas : ce ne sont pas les abattoirs rituels qui se tourneront vers l’étranger, mais les circuits de distribution halal et les consommateurs halal ! Si cela arrivait nous n’en serions que plus tranquilles. Comme en Suisse d’ailleurs, où ça ne pose aucun problème à nos amis helvètes qui ne sont pas obligés de manger du halal « à l’insu de leur plein gré » puisque l’abattage rituel y est tout simplement interdit.

Je vous l’avais dit… La peur change de camp. Il faut tout faire pour arrêter la distribution de viande halal « à l’insu de notre plein gré », en attendant l’interdiction (comme en Suisse) de cette pratique barbare. Mais la pression sur les abattoirs et les distributeurs commence à porter ses fruits.

Il n’en demeure pas moins deux réserves.

Le décret exige des commandes spécifiquement halal pour que les abattoirs fournissent des bêtes abattues rituellement, ce qui limite le « tout halal ». Mais permet-il de recycler des morceaux de viandes des bêtes « commandées halal » dans le circuit traditionnel ?

Il n’y a rien de nouveau sur l’étiquetage obligatoire. Malgré une relance du nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll par Brigitte Bardot et d’autres associations, le silence radio est de mise au gouvernement Ayrault. Pour ne pas fâcher un électorat musulman sans doute…

A suivre…

Roger Heurtebise

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