Halde-là ! 17. Quand la Halde réclame encore plus de discriminations sexistes

Un lecteur nous écrit :
« Si j’ai bien compris, outre sa fonction de dénoncer les discriminations, la Halde, institution administrative, dispose également, ce qui est un privilège exorbitant du droit commun, d’un pouvoir de juridiction sous forme, toujours si j’ai bien compris, du droit d’infliger des amendes aux entreprises et ou aux organisations. Il m’est toutefois difficile d’admettre, dans un pays où la séparation des pouvoirs est censée exister, que M. Schweitzer soit également Président du Conseil de surveillance du journal Le Monde. En clair cela signifie qu’il dispose d’un pouvoir médiatique, d’un pouvoir judiciaire et d’un pouvoir administratif.
Cela me paraît un peu beaucoup.
Que dirait-on si cela se passait au Honduras ou dans une république qualifiée de bananière ?
Qu’en pensez-vous ? »

Nous en pensons la même chose que vous, et nous avons largement dénoncé cette confusion totale entre les genres, indigne d’un pays de droit. Non seulement la Halde est un pouvoir extrajudiciaire sans aucun contrôle citoyen, mais qui plus est, elle est à la fois juge et partie, et policière qui plus est ! En effet, elle peut tout à fait s’auto-saisir d’une affaire, diligenter des enquêtes avec le recours à la force publique, instruire le dossier tel un magistrat du parquet, puis juger les présumés « coupables » tel un magistrat du siège. Elle peut infliger des amendes, ou forcer arbitrairement les parties à une « transaction » financière.
Cette aberration juridique a été démontrée par Michèle Vianès dans nos colonnes (1), et dans ma série d’articles « Halde-là ! », j’ai donné de nombreux exemples de cet arbitraire à sens unique. La Halde se sert de ses pouvoirs bananiers pour véhiculer son idéologie aux frais du contribuable, et ne manque jamais une occasion de faire son auto-promotion pour maintenir et développer son fond de commerce.
Par exemple, à l’occasion de la journée de la femme du 8 mars, Stéphanie Seydoux, une responsable de la Halde donne une interview au Figaro (2), sur les « discriminations sexuelles ». Elle constate que « parmi les plaintes déposées auprès de la Halde, à peine 6% le sont pour une discrimination du fait du sexe, ce qui a représenté 322 cas en 2007. »
Elle pourrait se réjouir que le nombre de ce type de discrimination soit peu élevé, ce qui traduit a priori une baisse du sexisme. Hé bien non ! Stéphanie Seydoux n’est pas contente du tout et elle ajoute : « 6%, c’est un chiffre très faible » !
N’importe quel antiraciste sérieux tenterait d’analyser ce chiffre et de le recouper par des statistiques judiciaires, ou des enquêtes objectives de victimisation pour voir si le peu de saisines de la Halde sur les discriminations sexuelles reflètent une réalité ou est dû à autre chose. Pas du tout ! Pour la Halde, ce chiffre est trop faible : « Il nous est impossible de déterminer précisément les raisons de la faiblesse du nombre de ces saisines. Mais nous pouvons émettre des suppositions : manque d’information, méconnaissance des moyens de recours, résignation peut-être ? Il ne faut pas se cacher l’ampleur d’un phénomène qui est devenu culturel, et pour venir à bout duquel il faudra du temps. »
Un autre chiffre provoque également le mécontentement de Stéphanie Seydoux : « 40% des saisines de la Halde pour discrimination sexuelle sont le fait d’hommes. » On devrait se réjouir d’une telle parité, qui montre que la discrimination sexuelle n’est plus très majoritairement à sens unique. Cela semble confirmer le fait que le nombre de femmes discriminées soit en diminution, puisque celui-ci rejoint le nombre d’hommes discriminés.
Et bien pas du tout ! Stéphanie Seydoux, au nom de la Halde, s’insurge : « C’est une proportion surprenante. » Et elle remet le couvert, toujours sans baser ses affirmations : « Ce chiffre révèle surtout que le nombre de saisines de la Halde pour discrimination sexuelle par les femmes est sûrement très en-deça de ce qu’il devrait être. »
Hé oui, pour la Halde, ce n’est pas normal : le faible nombre de saisines pour discriminations à l’encontre des femmes n’est pas celui qu’il « devrait » être, celui que la Halde SOUHAITE qu’il soit pour justifier de sa ponction dans le portefeuille des contribuables et faire marcher son fond de commerce.
Et afin d’attirer les clientes, Stéphanie Seydoux ne manque pas de faire de la publicité pour « les pouvoirs de la Halde » : « imposition d’une médiation, dépôt d’une plainte auprès du procureur dans le cas où serait justifiée une action pénale, transaction… Dans ce dernier cas, il est proposé à la personne mise en cause de s’acquitter d’une amende dont la Halde fixe le montant, et qui permet à l’entreprise de faire cesser la discrimination tout en lui évitant de passer devant le juge. »
Quel aveu ! la « transaction » – autrement dit le versement d’une somme d’argent par le supposé « coupable » à la supposée « victime » – est tout simplement décrite non pas comme une juste réparation, mais comme un moyen pour éviter… la justice républicaine ! On ne saurait mieux démontrer le chantage exercé par la Halde : tu casques ou on t’envoie devant les tribunaux.
Effectivement, cher lecteur, c’est tout à fait contraire à toute règle de droit et à toute justice digne de ce nom.
Roger Heurtebise
(1) http://www.ripostelaique.com/La-HALDE-ou-Haute-Autorite.html
(2) http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/03/07/01001-20080307ARTFIG00648-la-halde-en-guerre-contre-des-habitudes-culturelles.php

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