Harkis : comment peut-on encore se réclamer gaulliste après une telle trahison ?

Publié le 19 mars 2012 - par - 750 vues
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Bonjour camarades de Riposte laïque,

J’aimerais par votre intermédiaire répondre à René Marchand.

Cher Camarade,

J’étais comme toi officier appel du contingent promotion KOUFRA de Cherchell (Heureux nom d’un serment qui fut tenu…) Tu dis être gaulliste, comme beaucoup de français qui ont connu la guerre de 40-45, je l’étais moi même… jusqu’ 1961 date  laquelle j’ai  fait la connaissance au cours d’une opération dans le Tamesguida du commandant Elie Denoix de Saint Marc qui commandait en second le 1er R E P. Comme tu dois le savoir, cet homme était un gaulliste de la premire heure, interné  Buckenwald aprs une arrestation par la Gestapo. Compagnon de la Libération, etc. Il ne portait plus ses décorations gaullistes, il était trop droit pour assumer cette hypocrisie.

Est-ce que notre gouvernement était au courant des événements sur place ?

Qui a donné l’ordre de désarmer les harkis ? Les chefs militaires ? Impossible, aucun n’aurait pris cette initiative. Il est clair que les harkis furent l’objet d’un marchandage à Evian, et au fond cela ne coûtait pas cher  nos gouvernants de se débarasser des ces harkis encombrants… Ah si De gaulle voyait aujourd’hui Colombey…Peut-être un jour l’appellera t-on « Les deux mosquées » ?

Et Monsieur Pierre Messmer n’a t-il pas signé un ordre de renvoi de harkis débarqués  à Port Vendres ?

Les documents existent, et ce sont bien des ordres venus de l’Elysée qui demandaient de désarmer les harkis, ceci est incontestable.

Les harkis et leurs familles, représentaient en tout 350 000 personnes, en ces périodes de plein emploi, cela permettait d’intégrer ces familles et d’éviter une immigration qui viendra ensuite se multiplier, jusqu’à dépasser l’entendement.

Les harkis rentrés par le courage de certains militaires (marine notamment) furent cachés comme une maladie honteuse au fond des bois et des forts dans des camps indignes, avec barbels gardés comme des criminels par les gendarmes mobiles.

Le résultat, c’est qu’aujourd’hui, les enfants de ces vieux fidèles nous demandent qu’est ce qu’ils ont gagné à ne pas rejoindre la rebellion ? C’est une question que l’on m’a déjà posée et j’avoue franchement que les politiques français sont des gens indignes, car depuis cinquante ans, on n’a pas rendu leur honneur et leur dignité à ces fidèles de la République.

Pierre ESCLAFIT

Harki de coeur

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