Hassan II, le visionnaire : Éloge du roi du Maroc !

Publié le 27 octobre 2019 - par - 12 commentaires - 1 882 vues
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Christian Balboa a écrit sur son site « À droite fièrement » : « Quand le roi Hassan II du Maroc nous parlait de l’intégration. Et de citer une courte interview de feu sa Majesté le roi Hassan II par Anne Sinclair.

Les propos du roi sur l’intégration des immigrés, notamment des immigrés marocains, illustrent à merveille la maxime de Nicolas Boileau : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » Et ce n’est pas un infidèle, un mécréant, un raciste ou un islamophobe qui le dit, c’est Hassan II, le visionnaire, roi du Maroc. On aura noté la déception qui se lit sur le visage et dans les paroles de l’intervieweuse ! Ce que dit Hassan II n’est pas très politiquement correct et il ne croit pas beaucoup au vivre-ensemble (de la macronnerie) ! On s’attendrait à ce qu’elle déclare : « Votre Majesté. On va la refaire ! »

« Les avenues sont larges, les cours immenses, je marche d’un pas rapide, jusqu’à l’entrée du palais, le Dar el-Makhzen. Je me souviens d’une vaste esplanade, le Méchouar, encadré de bâtiments à colonnades de pierres lumineuses, tous coiffés de toits en bâtières de tuiles vertes. On me fait passer, comme dans la dunette d’un navire, sous une porte très basse et très étroite, sans doute une sécurité contre une action de vive force de conspirateurs virtuels. Le roi Hassan II m’attend, debout, dans la salle du Trône.

Il fait assaut de propos aimables et me remercie pour « cette coopération emblématique  » portant notamment sur la formation des techniciens spécialisés dans la gestion des ressources en eau.

Mais, d’entrée, je comprends que ce n’est pas le problème de l’eau qui l’intéresse. II porte une djellaba et égrène entre ses doigts un misbaha, une sorte de chapelet. Il fume cigarette sur cigarette. Il parle un français raffiné, presque littéraire, qui contraste avec cet univers chérifien, orné de volutes orientales.

Je repense à ce qu’on m’a dit de lui : « Un personnage shakespearien, qui traverse les épreuves, les complots, avec cette baraka souvent accordée aux descendants de Mahomet. »

À peine assis, il met fin aux détours du protocole. Secouant la tête, comme agacé, il m’adresse une question inattendue : « Pourquoi n’aimez-vous pas Lyautey ?

– Sire, je vous demande pardon, mais, j’aime Lyautey…

– Non, pas vous, mais les élites françaises…

– C’est à cause du colonialisme…

– Mais Lyautey, ce n’est pas le colonialisme. C’est la colonisation. Le maréchal fut un colonisateur qui tomba amoureux du colonisé. Nous, les Marocains, nous aimons Lyautey.

Il en parlait comme s’il était de sa famille… Je le lui fis remarquer; il me confia :

– Il était comme un vieil oncle. J’ai dansé sur ses genoux, à Thorey, en Lorraine, chez lui. Quelques mois avant sa mort.

– Vous étiez si proches ?

– Mon père, oui. Lorsqu’on vint lui annoncer la triste nouvelle de son trépas, au mois de juillet 1934 – j’avais cinq ans -, mon père séjournait à Marseille. II allait s’embarquer.

Il retourna à Thorey pour s’incliner devant la dépouille du maréchal. Il pleurait… La cérémonie eut lieu à Nancy, dans sa Lorraine chérie. Il avait pourtant exprimé le souhait d’être inhumé à Rabat. Ce qui représentait un geste fort. Un peu comme ces missionnaires qui ont choisi d’être enterrés en leurs terres de mission. Sur son mausolée, il avait composé lui-même une épitaphe, traduite en langue arabe.

Le roi la connaissait par cœur, c’était une déclaration d’amour :

« Ici repose Hubert Lyautey, qui fut le premier résident général du Maroc… Profondément respectueux des traditions ancestrales et de la religion gardées et pratiquées par les habitants du Maghreb auprès desquels il a voulu reposer, en cette terre qu’il a tant aimée. Dieu ait son âme dans la vie éternelle. »

– Voilà qui était Lyautey. L’ami de la dynastie alaouite, conclut Sa Majesté.

– Mais je croyais, lui dis-je, avoir vu son tombeau à l’hôtel des Invalides à Paris ?

– Oui, il y a été transféré plus tard, à la demande du général de Gaulle. Vous avez lu l’inscription sur le monument funéraire ?

– Non, je n’y ai pas prêté attention.

– Elle est magnifique : « Être de ceux auxquels les hommes croient, dans les yeux desquels des milliers d’yeux cherchent l’ordre, à la voix desquels des routes s’ouvrent, des pays se peuplent, des villes surgissent. » Vous qui êtes d’une famille de soldats, vous comprenez cette poésie ? Il avait de la grandeur.

Ce fut un seigneur.

Il parlait mieux de lui que n’importe quel Français… Je voulais savoir pourquoi :

– Parce que les Français ont perdu le fil. Pour aimer un pays, il faut sentir qu’il a un passé. Ce n’est plus votre cas. Vous dépensez tant de temps à battre votre coulpe sur la poitrine de vos pauvres ancêtres !

– Cela vous inquiète ?

– Oui, pour la marche du monde. Nous avons besoin d’une France qui ne soit pas un trou noir.

Vous êtes tout à votre noirceur, vous apprenez à vos enfants à se détester.

Alors que vous avez quand même des motifs de fierté.

– Ah, si les élites françaises vous entendaient !

– Eh bien, je leur parlerais de la trace que la France a laissée chez nous et dont vous n’avez pas à rougir.

– Quelle trace ?

– Vos missionnaires, vos médecins, vos professeurs.

– Nos professeurs ?

– Oui. J’en ai connu beaucoup à Rabat ou au lycée de Meknès. Ils étaient remarquables.

J’ai appris par cœur le Malet et Isaac.

– Vous avez appris  « Nos ancêtres les Gaulois  » ?

– Oui, cher monsieur. Et j’en comprenais la puissance allégorique.

Il me dit que, pour lui, c’était une convention, pour des peuples divers, une mystique, une généalogie fictive pour les faire tous remonter à la même origine. Gaulois par le sang reçu ou par le sang versé :

– Vous savez, au Maroc, il y a trois cents tribus. Je suis le principe d’unité.

Son pays avait eu la chance, selon lui, de ne pas être une terre de passage, un caravansérail :

– Vous êtes en train de le devenir, à force de ne plus savoir qui vous êtes, où est votre demeure…

Vos dirigeants ont tourné casaque. Ils ont peur de ce que vous appelez le « populisme », alors ils ont conçu une véritable vénération pour la population non autochtone, le nouveau peuple élu des élites.

J’étais vraiment surpris par ce ton aussi pénétrant :

– Vous ne croyez pas, Sire, à l’intégration, osai-je.

– Mais je n’en veux pas. Les Marocains de France ne seront jamais intégrés.

Il me regarda avec gravité. Et il marqua un bref silence. Je me hasardai :

– À cause des Français qui les récusent comme Français ?

– Non. Quand bien même ils le voudraient, ils ne le pourraient pas. Ou alors ils seraient de mauvais Français. Les Marocains resteront à tout jamais des Marocains et des musulmans. Ne nous demandez pas de perdre notre identité… comme vous dissolvez la vôtre. Je récuse le détournement de nationalité.

Vos gouvernants ignorent la notion d’allégeance. Je suis l’émir des croyants. Je dois veiller sur les miens, tous les Marocains, qui sont les membres de ma famille. Je suis le parasol et la lance. Le parasol pour les abriter et la lance pour les défendre. Peut-être les Français ne comprennent-ils plus la France comme nous la comprenons. Il faudrait que vos compatriotes apprennent à aimer la France comme nous le Maroc.

– Mais, Sire, pourquoi me dites-vous tout cela ? Vous attendez quelque chose de moi ?

Je pensais que nous allions parler des problèmes de l’eau…

– Oui, de l’eau qui coule sous les ponts de l’Europe : la Seine, le Rhin, le Danube, et les eaux de la Meuse… à Maastricht ! Je finis par comprendre le sens de cette discussion si peu diplomatique.

Il connaissait mes idées ou en avait entendu parler :

– Ah, vous vous intéressez au traité de Maastricht ! Au référendum ?

– Oh, que oui ! C’est de cela que je voulais vous parler. Je suis chaque jour avec attention votre campagne pour le « non ». Pasqua, Séguin, vous et quelques autres parlez juste.

– Nous ne sommes qu’une poignée. Et nous n’avons plus que trois mois.

– Vous serez plus nombreux si vous faites comprendre au peuple français que ce traité va déclasser la France et perdre l’Europe. C’est une mauvaise action pour vous, mais aussi pour le Maroc.

– Pour la France, je le sais, mais… pour le Maroc ?

– Le centre de gravité de l’Europe va se déplacer. Vers le monde anglo-saxon et, finalement, vers l’Amérique. Vous voyez bien aujourd’hui comment la francophonie s’éteint à petit feu… La dérive nordique éloignera la France de son histoire originelle, de sa parenté affective, la Méditerranée – mare nostrum.

J’étais fasciné par sa vaste culture et son sens de l’Histoire. Il me dit que, si elle se faisait, l’Europe de Maastricht se détournerait de l’Afrique. Seule une Europe latine pouvait comprendre et fixer les populations sur place. Comme ces paroles résonnent aujourd’hui ! Il me confia l’avoir répété à Roland Dumas :

« Vous avez tort de soutenir ce sinistre traité. Il fera obstacle à ce que la Méditerranée puisse devenir, autour de la France, de l’Espagne et du Maroc, une zone d’équilibre, un lac de Tibériade, autour duquel les trois religions et les fils d’Abraham pourraient trouver des points d’harmonie et prévenir les grandes transhumances de la misère et de l’envie. »

Le roi paraissait fort mobilisé sur ce sujet. Presque intarissable :

– Vos élites sont ballottées sur des mers sans rivage, elles ont perdu toutes les boussoles.

– De quelles boussoles parlez-vous ?

– De celles qui nous conduisent dans l’espace et le temps : celles des cartes, des aiguilles et de la pérennité. La géographie, qui est la seule composante invariable de l’Histoire et la famille, qui en est le principe et la sève. Je ne vous envie pas.

Il était redevenu le souverain impérieux. Me voyant surpris, il lâcha brutalement :

– Vous parquez vos vieux. Dans des maisons de retraite. Vous exilez la sagesse. Vous avez aboli la gratitude, donc l’espoir. Il n’y a pas d’avenir pour un peuple qui perd ses livres vivants et n’a plus d’amour propre. Qui abhorre son propre visage. Si vous ne retrouvez pas la fierté, vous êtes perdus.

L’entretien dura encore quelque temps. Le roi Hassan II parlait beaucoup. Il se désolait de voir la France choir dans la haine de soi. Je n’ignorais pas qu’il dirigeait son pays d’une main de fer.

Mais son amour sincère pour la France me toucha. II répéta plusieurs fois le mot de Péguy :

« Quand une société ne peut plus enseigner, c’est que cette société ne peut pas s’enseigner. »

Quelle identité transmettre aujourd’hui aux jeunes Français ?

Une identité glorieuse, malheureuse, ignominieuse ?

Hélas, le grand roi est parti, emportant avec lui ses leçons et ses mises en garde.

La nouvelle lecture de la colonisation invite nos jeunes compatriotes à aller cracher sur les tombes de Charles de Foucauld, du colonel Driant, et bien sûr de Lyautey. En cinquante ans, on est passé de la fierté à la honte. On a tué tous les héros. Hélas, les fils de France ont reçu deux semonces. Après la guerre, on leur a dit : « Vos pères étaient des lâches, ils ont laissé faire. Des criminels par la pente de leur caractère. »

Après la guerre d’Algérie, on a ajouté : « Vos pères étaient des assassins, des tortionnaires. Des criminels par la disposition de leurs humeurs. »

Naître en France, après la guerre, c’était se préparer à grandir avec une poche d’amertume qui devait vous encombrer de scrupules dès le premier âge. Car il faudrait apprendre à vivre ainsi, douloureusement, à traîner ses aigreurs et sa vergogne à la face du monde, comme la lie de l’humanité.

Naître en France, après l’Algérie, après l’Indochine, après la décolonisation, c’était encore bien pire.

Il fallait faire pénitence. Comme nos soldats dans les camps vietminhs, il fallait expier, faire son autocritique, redevenir un enfant qu’on rééduque.

Un jour, quand il serait grand, le petit enfant serait initié. On lui expliquerait la nouvelle doxa.

Il apprendrait par cœur le mot d’Aragon : « Monde occidental, tu es condamné à mort. »

Cette soumission le préparerait au « monstre doux » de Bruxelles.

Thierry Michaud-Nérard

(Philippe de Villiers, « Hassan II, le visionnaire », « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu », pp. 141-147)

 

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Notifiez de
warrior in the Space super Sayan 4

quand je vois Riposte LAÏQUE Rendre hommage à un rois qui financé et encouragea le terrorisme en Algérie et en France et son discours que le maghrébins ne peux pas être français il encouragea le communautarisme de sa Diaspora il faisais en sorte que Sa Diaspora ne s’intégré pas et sois son éternel Sujet du Rois et que Hassan 2 à protégé des islamistes du GIA dans son pays et les fournissais en moyens technologique et médiatique car la communication du Fax du GIA se faisais sur le médias de Médi1 la chaîne de télévision du Maroc et que Hassan 2 encouragea le FIS et financé le Fis pour déstabilisé l’Algérie l’Espagne et la France

FLY True

oui Hassan 2 est un financier du GIA et du FIS Hassan encouragea le terrorisme antifrançais sur le sol algériens et le sols français

POLYEUCTE

Malgré tous ses défauts et ses propos, le Maroc reste encore calme…

Marnie

Hassan II me fait penser à Kaa le serpent pithon du roi de la Jungle. Ou bien à Macron : https://www.youtube.com/watch?v=ismB8IKsqm

Thierry Michaud-Nérard

Ne pas confondre haute intelligence et grande culture chez le roi du Maroc Hassan II et défaut d’intelligence et manque de culture chez Macron.

god father

Hassan 2 me fait pensée à Ka et à Jafar et à Scar dans le Roi Lion et Hassan 2 est un manipulateur et terroristes Hassan 2 à encouragé le terrorisme algériens qui frappé le sol français et algériens Hassan 2 protégea le terrorisme algériens qui menaça l’Occident que Kadhafi n’aurais pas surement fait Hassan 2 est la pire des Ordure

jeannot

Quelle différence entre le roi Louis XIV et le roi du Maroc ? Louis XIV vivait dans son faste grâce aux impôts des français…. tandis que l’autre, euh… aussi

jeannot

Votre majesté ! lol ! Le roi des pouilleux, le commandeur des crasseux

patphil

nos zélites nous condamnent à mort , non à avoir la tête tranchée , adieu la guillotine, un couteau fou suffit

Jill

Hassan 2 était un homme cultivé et réaliste ;il savait très bien que l’Islam était incompatible avec la France.

Le king

Le roi du Maroc est commandeur des croyants : pour qui un Marocain naît et meurt en
Musulman ; l’assimilation signifierait que le Marocain en devenant Français ou Espagnol pourrait aussi changer de religion ! Voilà pourquoi Hassan II était contre l’assimilation….et s’il était contre, il n’avait qu’à interdire la double nationalité ; ce qu’il n’a jamais fait en 38 ans de règne…

god father

Hassan 2 encouragea à sa diaspora au communautarisme et à que les Marocains se communautarisme et à islamisé la France encouragea les marocains à devenir ces chairs à canons et sa cinquième colonne et incita son peuple et diaspora à conquérir l’Occident et l’Afrique du Nord et de l’Ouest pour le coup Hassan 2 pratiqua à la Taqiya