Hayange : l’alliance PS-PCF peut-elle empêcher Fabien Engelmann de gagner ?

Publié le 28 mars 2014 - par - 2 234 vues
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La ville d’Hayange est baignée d’un soleil poudroyant lorsque nous arrivons avec Pierre Cassen pour rejoindre notre ami Fabien Engelmann et ses colistiers du Front National – Rassemblement Bleu Marine dans un petit snack, tandis que dehors des employés municipaux nettoient les reliquats du marché du matin.

L’heure est à l’efficacité joyeuse et au tractage convivial. Nous suivons Fabien et son équipe. Tracts sous le bras, ils entament d’un pas confiant leur périple de maison en maison. A chaque porte qui s’ouvre, je me demande s’ils seront confrontés à une réaction hostile, à une porte claquée au nez. Mais non, rien de cela durant les quelques heures passées à sonner, à glisser leurs papiers dans les boites.

La plupart des gens semblent contents de les voir, certains déclarent voter pour un autre candidat mais acceptent tout de même volontiers de prendre le tract, par correction. Mais je suis surprise de constater que dans tous les cas, pas un ne les envoie promener. Les gens sont beaux joueurs et respectueux.

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Tandis que nous grimpons une côte, nous apercevons deux membres d’une liste concurrente. La tête de liste, Isabelle Iorio s’est acoquinée avec son ennemi Philippe David, le maire socialiste sortant, alors que ces deux-là n’ont eu de cesse de se tirer dans les pattes et de jurer leurs grands dieux qu’ils ne collaboreraient jamais. Nous rencontrons d’ailleurs plusieurs personnes se déclarant outrées de cette alliance hors nature à leurs yeux.

Pour la petite histoire, le maire, ces jours-ci, a déclaré alors qu’il se trouvait dans la mairie « je vis ici mes dernières heures ». Un pressentiment… ?

Peu désireux de s’expliquer auprès des Hayangeois sur leur nouvelle entente, le duo concurrent se contente de déposer en silence ses tracts dans les boites, sans chercher à établir le contact avec la population, au contraire de Fabien qui discute volontiers avec tout le monde, explique ses intentions pour sa ville, et propose même d’aider les personnes âgées ou invalides pour qu’elles puissent se rendre dimanche à leur bureau de vote.

Une fois cette opération d’entre deux tours terminée, nous nous retrouvons dans la permanence afin de partager un moment et de mobiliser les troupes pour le lendemain. Parmi les gens présents, Stanislas Czerwinski, immigré polonais récemment naturalisé français, nous explique pourquoi il milite au FN et comment il justifie de ce choix auprès des gens qu’il côtoie et qui s’en étonnent. Il leur répond qu’il aime la France, c’est aussi simple que cela. Il vient d’être élu conseiller municipal à Créhange, sur une liste FN.

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La colistière de Fabien, Marie Da Silva, nous raconte qu’elle a croisé un commerçant turc d’abord hostile parce qu’il s’imaginait que le FN voulait jeter tous les immigrés dehors, et qui de fil en aiguille a compris que les immigrés qui ont à cœur de travailler, comme lui, n’ont aucune raison de s’inquiéter, qu’il s’agit juste de ne pas fabriquer des générations de profiteurs, et donc de réguler le flux migratoire. L’homme finit par lui dire qu’il va voter pour Fabien et qu’il va demander à sa famille d’en faire autant. Il réalise qu’on l’a trompé, que les médias et les politiques n’ont de cesse de raconter des mensonges pour diaboliser ce parti afin d’en tirer pour eux-mêmes des bénéfices.

Des tas de gens continuent de le penser…

Alors que nous sommes sur le trottoir et que nous fermons la permanence, un individu courageusement caché derrière sa fenêtre éteinte jette un œuf par la fenêtre, lequel atterrit sur un réverbère. Il n’y a pas plus sournois qu’un antidémocrate…

Une jeune femme dans sa pizzéria nous raconte que tous ses clients déclarent en avoir assez de voir leur ville se dégrader et ont l’intention de voter FN. Elle nous parle des dix-huit courriers recommandés envoyés au maire depuis des années pour désengorger un caniveau rempli de détritus et qui déborde régulièrement devant sa boutique, et le silence et l’inaction qui ont suivi chacun de ces courriers. Elle nous prend une pile de tracts qu’elle dépose sans complexes sur son comptoir, pour ses clients.

Pleins d’un espoir de plus en plus palpable, nous la quittons avec le cœur impatient de ceux qui sentent venir quelque chose de grandiose.

Caroline Alamachère

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