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Hélicoptère Gazelle abattu au Mali : un sauvetage héroïque

POURQUOI l'armée française reste au Sahel et au Mali 🤔 - YouTube

Revenons sur ce mémorable sauvetage digne d’un scénario hollywoodien.

Difficile pour le commun des mortels de prendre la véritable mesure de ce lien indéfectible qui unit  les soldats au combat : une fraternité et un esprit de corps sans  faille qui font leur force en toutes circonstances.

Voici l’histoire de l’incroyable sauvetage d’un équipage d’hélicoptère Gazelle, abattu au Mali en pleine zone de combat. Cette nuit-là, c’est une page d’héroïsme qu’ont écrite cet équipage en détresse et celui de l’hélicoptère Tigre qui les a sauvés. Saluons leur courage et leur professionnalisme.

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/video-operation-barkhane-oh-p-ils-se-sont-crashes-images-et-recit-exclusifs-du-sauvetage-de-l-equipage-de-la-gazelle_4042649.html

Dans la nuit du 13 au 14 juin 2019, alors que les forces françaises traquent des jihadistes, un hélicoptère Gazelle est abattu par l’ennemi. L’appareil se crashe et prend feu. Tout semble définitivement perdu lorsque l’équipage du Tigre qui suit la Gazelle aperçoit les trois membres d’équipage sortir de l’appareil vivants. Un miracle !

Sans hésiter, le chef de mission du Tigre décide alors de se poser et de leur porter secours, malgré la menace jihadiste omniprésente. Le temps est compté avant l’arrivée de l’ennemi sur les lieux du crash.

Et problème de taille, le Tigre est un hélicoptère de combat biplace, pas un cinq places ! Mais dans l’urgence, le système « D » fait des merveilles.

Regardez bien la vidéo dans le lien ci-dessus, prise par un troisième appareil arrivé sur place un peu plus tard.

« Oh p….! Ils se sont crashés, crash de la Gazelle, crash de la Gazelle.. » Nicolas, le pilote du Tigre raconte :

« J’ai la Gazelle dans le champ de vision et je vois une boule de feu. Pour moi, à ce moment-là, c’est fini pour l’équipage… » Puis un autre message est envoyé :

« Les deux pilotes sont vivants…Trois, trois, les trois sont vivants… ils sont sortis, ils sont vivants. »

Paco, le chef de bord du Tigre n’hésite pas . Mais sa décision engage sa propre vie et celle du second pilote :

« On est dans l’action, donc on n’a pas le temps d’avoir peur. En analysant rapidement la situation, on voit que c’est maintenant ou jamais. On décide très rapidement d’aller les chercher. »

Les risques sont énormes dans cette zone infestée de jihadistes qui doivent tous se ruer vers l’hélicoptère en feu. Le temps est compté.

« On n’a pas le choix. On voit des gens vivants, peut-être mal en point, et qui ont besoin d’aide. Humainement on n’a pas le choix. »

Il pose l’appareil en pleine zone de combat.

De leur côté, les trois rescapés du crash racontent :

« Je suis passé à travers le pare-brise avec le siège sur lequel j’étais encore attaché. Je me suis retrouvé avec le corps à l’extérieur et les jambes à l’intérieur », dit Kevin, le chef de bord.

Devant la scène, le pilote Adrien, resté attaché sur son siège, refuse d’y croire : « Non, pas ça. C’est pas possible, pas nous. »

Quant à Max, le tireur d’élite, surpris d’être encore en vie :

« La douleur a envahi mon corps. Je ne me sentais pas prêt à bouger, mais en voyant les flammes, j’ai compris rapidement que si je restais là, c’était fini… »

Le pilote de la Gazelle parvient à sortir de la carcasse mais ses jambes ne le portent plus. Max, le moins blessé des trois, tire Adrien vers le Tigre.

À tout moment, les jihadistes peuvent surgir et les abattre.

Kevin, dont les jambes ne répondent plus non plus, roule  sur lui-même pour s’éloigner de la Gazelle qui menace d’exploser. On le voit sur la vidéo.

Ensuite, les trois blessés s’accrochent comme ils le peuvent à l’extérieur du Tigre. L’un est sécurisé, les deux autres n’ont que leurs mains et leurs bras pour se tenir au train d’atterrissage.

« À tout moment, ils peuvent lâcher prise, par perte de connaissance ou un mauvais pilotage de ma part », dira le pilote du Tigre.

Cette exfiltration de haute voltige, qui n’a jamais été expérimentée ni en entraînement ni au combat, a sauvé nos trois  militaires en détresse.

Soyons fiers d’avoir des soldats de cette trempe !

Rapatriés sur l’antenne médicale de Gao, ils sont ensuite évacués sur la France. Espérons qu’ils ont récupéré, depuis cette épreuve hors du commun, toutes leurs capacités physiques, sans séquelles psychiques.

On suppose que depuis ce sauvetage à haut risque, des procédures d’exfiltration ont été mises au point par le commandement.

5 500 soldats français combattent au Sahel, avec un bien maigre soutien de  l’Europe, qui refuse obstinément de s’impliquer.

L’arrogante Allemagne, qui fait la loi au sein de l’UE, est aux abonnés absents. C’est intolérable.

Au lieu de rêver à une Europe de la défense qui ne verra jamais le jour, il faudra bien tôt ou tard quitter ce ramassis d’égoïstes et de lâches, qui refuse d’envoyer des troupes de combat épauler nos soldats.

Jacques Guillemain