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Henri Emmanuelli, un socialiste idéal !

Henri Emmanuelli est mort, vive Henri Emmanuelli !
Loin de moi l’idée obscène de me réjouir de son décès, mais en matière d’hommage il faut savoir raison garder, parfois.
Emmanuelli est un lieutenant historique de François Mitterrand, auquel il resta fidèle envers et contre tous, à commencer par ceux qui, à la fin du règne de ce roitelet socialiste, exhumèrent quelques « points de détail » de son passé ! Je ne parle pas de sa double vie, ce dont je me moque éperdument. En ce qui me concerne, un président peut frayer avec qui il veut, dès lors qu’il fait le job, comme disent les Américains.
Emmanuelli acceptera donc le tournant de la rigueur en 1983, comme il votera pour le traité de Maastricht, essentiellement par crainte de l’extrême droite. La peur du loup ne date pas d’hier ! Il soutiendra l’apôtre de l’Europe Jacques Delors pour une candidature à la présidentielle de 1995. Ce dernier déclinera finalement l’offre en ne se présentant pas. Ceci n’empêchera pas Emmanuelli de fustiger, quelques années plus tard, l’Europe. Il ralliera le Nouveau Parti socialiste de Benoît Hamon, qui comptera la fine fleur des futurs frondeurs. Après la défaite de Lionel Jospin en 2002, il sera un temps aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, qui n’avait pas encore quitté le PS.
Partisan de l’immigration, façon chance pour la France, « jusqu’au bout, il restera imprégné d’antiracisme et défendra le multiculturalisme » (source : lepoint.fr). Fort logiquement, il prendra fait et cause pour les sans-papiers.
Cerise sur le gâteau, il aura travaillé pour la banque Rothschild, été franc-maçon, tout en affirmant son attachement à la laïcité. C’est raccord ! Sachant que ce sont rarement les chrétiens, les juifs et les bouddhistes qui écornent ladite laïcité mais plutôt ceux dont il chantait les vertus !

On rappellera qu’Emmanuelli a accordé un entretien à OummaTV, en 2008.
(https://oumma.com/mort-henri-emmanuelli-revoir-entretien-accorde-a-oummatv-2008/)
Entretien dans lequel on pouvait l’entendre dire que le vote populaire était plutôt dans les quartiers et les cités – aux oubliettes le prolétariat français ! –, et qu’il n’y avait pas de problème avec le fait de siffler la Marseillaise au stade de France. Marseillaise considérée comme un texte raciste par l’interviewer ! Lorsqu’on l’interrogeait sur le signe de croix effectué à l’époque par le président Sarkozy, il répondait sans complexe que la droite n’était pas pour la laïcité. C’est vrai que la gauche n’a longtemps cru ni à Dieu ni à diable, puisqu’elle se prenait pour les deux à la fois ! Tel n’est plus le cas, depuis que lui a été révélée la vérité islamique !
La droite anti-laïque est d’ailleurs une idée qui creuse son sillon, notamment à travers des livres et des émissions décomplexés qui tirent à boulets rouge sur les chrétiens – forcément à droite ! –, pointant les cas – indiscutablement abjects – de pédophilie au sein de l’Église, en omettant d’enquêter sérieusement sur cette perversion dans l’Éducation nationale ou de demander des comptes aux magistrats qui libèrent des prédateurs sexuels après des peines de prison dérisoires.
Parlons maintenant de l’affaire Urba, qui mit au jour le financement occulte du PS et du PCF, « par l’intermédiaire d’associations et de bureaux d’études, tels Urba-Conseil, Urba-Technic, Gracco et Bretagne Loire Equipement (BLE) […] Par l’intermédiaire du seul groupe Urba dans la Sarthe, celui-ci a rapporté 106.683.793 francs au PS de 1987 à 1989. Parmi les sociétés ayant payé des “conventions d’assistance” à Urba ou à la Sages on trouve la CGE Alsthom, Bull, HyperRallye ou encore les entreprises Colas, Renault Véhicules industriels ou Heuliez-Buz. Certains de leurs dirigeants parlent de “racket” ou expliquent avoir payé “pour ne pas se faire remarquer” » (source : liberation.fr). Si c’est Libération qui le dit !
En tant que trésorier du PS, Emmanuelli est « mis en examen pour “recel et complicité de trafic d’influence” le 14 septembre 1992. [Il] a finalement été reconnu coupable par la justice de complicité de trafic d’influence, et a été condamné le 16 décembre 1997 à dix-huit mois de prison avec sursis et à deux ans de privation de ses droits civiques » (source : Wikipedia).
Face à cette affaire très encombrante, les socialistes, alors aux commandes, ne reculeront devant rien, y compris une loi d’amnistie. Tandis que deux lois étaient votées en 1990 pour encadrer le financement des partis politiques, deux autres amnistiaient « les infractions commises en relation avec le financement des partis ou des campagnes électorales, pour tous les délits commis antérieurement au 22 mai 1988 dans un premier temps, puis au 14 juin 1989 dans un second temps » (source : tempsreel.nouvelobs.com). Le tour était joué ! Soyons honnêtes, le PS n’est pas le seul à en avoir profité.
Là comme ailleurs, le PS a démontré qu’il était peut-être le parti le plus moralement crasseux de la Ve République. Un parti qui n’a JAMAIS fait que marcher sur les petites gens, trahissant de toutes les manières possibles la France charnelle.
Malgré sa condamnation, Emmanuelli sera toutefois réélu député PS des Landes et président du conseil général (puis départemental) des Landes. Et, en bon connaisseur de son sujet, il sera, entre 2000 et 2002, président de la Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire !
Aussi, quand François Hollande salue un « homme droit », mieux vaut en rire !

Charles Demassieux