Henri Guaino dénonce la gestion calamiteuse de la crise

Henri Guaino sur LCI : Nous ne sommes pas en face des conséquences de la crise du Coronavirus, nous sommes en face des conséquences de la gestion calamiteuse de la crise du Coronavirus.

La commenteuse de service : La crise du Coronavirus a été très bien gérée en France !

Henri Guaino : Ça, vous n’en savez rien et moi non plus !

La commenteuse de service : Mais moi, je veux le croire !

Voilà bien le niveau absurde de la gestion calamiteuse de la désinformation sur LCI.

Le Monde.fr, Henri Guaino : Le général de Gaulle ne se prenait pas pour (la cuisse de) Jupiter !

Auteur de Ils veulent tuer l’Occident (Odile Jacob), Henri Guaino analyse la décomposition du parti Les Républicains (LR) et critique la tentation hégémonique de Macron. Plutôt que de la droite, parlons des Républicains. Ce parti paie le fait d’être devenu une structure partisane sans enracinement dans une famille de pensée. Ce délitement a commencé dans les années 1990, quand un certain nombre de gens ont voulu évacuer le gaullisme du RPR. Pasqua et Séguin contre Juppé et Balladur. Ces derniers n’ont pas gagné dans les urnes, mais ils ont gagné dans les appareils. Les tenants de la pensée unique ont atteint leur but en créant l’UMP qui a dissous ce qu’il restait du parti gaulliste avec une base populaire très large dans un parti de notables. Puis l’électorat populaire a déserté. Ce qui se passe est l’aboutissement, sur fond de débandade de nombreux élus, de la mue idéologique et sociologique inexorable de l’UMP commencée il y a vingt ans.

Aujourd’hui, ce sont aussi les cadres et les chefs d’entreprise qui s’éloignent de la droite, tout comme les retraités. Les Républicains ne sont plus en tête dans aucune catégorie sociale. Cette partie de l’électorat qui votait à droite contre la gauche des impôts et du laxisme (a voulu croire) dans Macron, ses réformes, la flexibilisation du marché du travail, les privatisations. Le projet juppéiste de l’UMP s’est accompli dans LREM.

Le Point.fr : Henri Guaino : Nous sommes dans la situation de 1944 ! Henri Guaino évoque les conséquences du Covid-19 et la crise économique et sociale qui vient : « Cette crise économique ne peut être traitée avec les outils habituels. Ce qui d’habitude est déraisonnable peut devenir la seule chose qui soit raisonnable ». Et d’ajouter : « Augmentations de capital souscrites par l’État, nationalisations partielles ou totales, temporaires ou durables, il ne faut rien s’interdire ».

Le Figaro.fr, Alexandre Devecchio, Henri Guaino : « L’hygiénisme est un réel danger ».

A D : Vous avez été l’un des premiers à dire que cette épidémie était grave. Aujourd’hui, vous estimez que le plus dangereux ce n’est pas l’épidémie, mais la peur qui l’accompagne.

H G : Quand ce sujet est venu sur la table, je me suis indigné que l’on puisse dire que cette infection n’était pas grave parce que seules les personnes fragiles, les plus âgées, celles qui souffrent de maladies chroniques graves seraient menacées de mort.

Cette attitude a persisté au début de l’épidémie quand on ne prenait aucune mesure pour protéger les Ehpad et qu’on n’y recensait même pas les morts. Je n’ai pas changé d’avis.

Mais, depuis quelques semaines, beaucoup de ceux pour lesquels tout cela n’était pas grave se promènent sur tous les plateaux pour annoncer l’apocalypse. C’est assez insupportable.

A D : Vous trouvez que, maintenant, on exagère la gravité de l’épidémie ?

H G : On a l’impression, dans l’ambiance morbide qui est entretenue, qu’on ne meurt que du Covid. On a suscité une telle peur que les personnes âgées ont davantage peur du Coronavirus que de la maladie

Moralité : Le gouvernement a fait une politique de la peur, pour imposer ses actions aux Français. Le gouvernement a eu une attitude irresponsable, mais Henri Guaino n’a pas le droit de le dire ! En voulant critiquer le gouvernement, Henri Guaino n’est-il pas irresponsable de semer le doute dans les esprits ?

Le Point.fr, Florent Barraco : Henri Guaino a évoqué les conséquences (de la gestion calamiteuse de la crise) du Covid-19 et surtout parlé de la crise économique et sociale qui vient : « Nationalisations partielles ou totales, il ne faut rien s’interdire. Je ne vois pas qu’au-delà des plans qu’on tire sur la comète pour le futur on ait pris la mesure de l’urgence à laquelle nous sommes confrontés.

F B : La crise sanitaire, si elle n’est pas terminée, semble maîtrisée, et c’est la crise économique qui pointe son nez. Sera-t-elle pire que celle de 2008 ?

H G : En 2008, le monde a échappé, au bord du gouffre, à la catastrophe qu’aurait entraînée l’effondrement du système bancaire et financier mondial. La crise financière a fait d’énormes dégâts, mais le pire a été évité de justesse. Aujourd’hui, les conséquences de l’épidémie et du confinement de la moitié de la population mondiale sont d’ores et déjà dramatiques. Mais c’est maintenant que nous allons réussir ou non à juguler la spirale dépressive qui pourrait devenir incontrôlable et pousser dans des abîmes sans précédent bien des économies et des sociétés, dont la nôtre. Bien que plus de 8 millions d’emplois aient été protégés par le chômage partiel, Pôle emploi annonce déjà plus d’un million de chômeurs supplémentaires entre la mi-mars et la fin avril. La suite de l’histoire est inconnue, parce que ce que nous avons fait pendant deux mois, enfermer tout le monde, est sans précédent dans toute l’histoire de l’humanité.

F B : Les décisions ont-elles été prises assez rapidement ? On a parlé de guerre…

H G : Contrairement à la guerre, où l’on mobilise toutes les ressources, là, on a décrété l’arrêt de l’économie, on a soustrait à la production la plupart de ses ressources habituelles. Et on ne sait toujours pas dans quel état l’économie et la société vont en sortir ni même comment et quand elles vont en sortir. Plus la peur et les contraintes, souvent kafkaïennes, persistent et plus le risque est grand qu’aucune force de rappel ne puisse enrayer la spirale descendante.

F B : Peut-on traiter cette crise économique avec les outils habituels ?

H G : Bien sûr que non. Je dirais même que ce qui est raisonnable en temps ordinaires devient déraisonnable quand on est placé dans une situation aussi dangereuse. Et, à l’inverse, ce qui d’habitude est déraisonnable peut devenir la seule chose qui soit raisonnable.

F B : Le quoi qu’il en coûte de Macron, les prêts garantis d’État, n’était-ce pas ce qu’il fallait faire ?

H G : L’utilisation massive du chômage partiel était la bonne mesure, malgré les risques de fraudes et d’abus. En revanche, j’ai du mal à comprendre, sinon pour des soucis budgétaires, l’ouverture de grandes enveloppes de garanties d’emprunt qui étaient une arme très efficace dans la crise de confiance de 2008, mais qui n’est pas adaptée à la situation actuelle. Il ne s’agit pas aujourd’hui de rétablir la confiance, mais de compenser les pertes de revenus imposées par l’État. Il est aberrant de dire que l’on aide des entreprises qui n’ont plus que des charges à payer parce que l’État leur a interdit de vendre et de produire.

Il en va de même pour leurs fournisseurs et leurs sous-traitants. Présenter les garanties d’emprunt, les reports de charges fiscales et sociales, dont rien ne peut justifier qu’elles ne soient pas toutes annulées, ou le chômage partiel comme des aides, et non comme les indemnisations des préjudices subis du fait des lois et des décisions administratives, est tout simplement inacceptable du point de vue des principes élémentaires d’un État de droit, mais aussi de la logique économique. La logique du prêt enferme les pouvoirs publics dans une contradiction. Si l’on prête, c’est que l’on souhaite être remboursé, donc on ne prête pas aux entreprises les plus fragiles qui sont les premières victimes du confinement qu’on leur a imposé.

Quant aux entreprises auxquelles on prête, on fait peser sur elles une pression à la restructuration et aux gains de productivité pour qu’elles dégagent les revenus nécessaires au remboursement. C’est la politique du darwinisme économique qui profite de l’épidémie pour imposer sa logique selon laquelle seuls les plus forts méritent de survivre, ce qui est en phase avec la logique de ce virus qui tue les plus fragiles, mais contre l’objectif de préserver l’emploi qui à court terme est vital. Le pragmatisme anglo-saxon ne s’embarrasse pas de nos préjugés idéologiques. Comme disait Keynes, dans le long terme, nous serons tous morts !

F B : Quelles sont les pistes que vous préconisez pour répondre à la crise économique qui vient ?

H G : Il va falloir mobiliser des moyens et des instruments exceptionnels, mais la politique des guichets ouverts ne suffira pas. On ne peut pas aborder cette période sans avoir une stratégie claire et une idée des moyens que l’on peut se donner pour la mettre en œuvre. Il y a trois volets qu’il faut articuler les uns avec les autres. Il y a l’urgence à compenser, autant que faire se peut, les conséquences du confinement, du déconfinement, de la peur et de leurs effets multiplicateurs à l’échelle européenne et internationale. Il y a le pouvoir d’achat. Il y a le besoin de mobiliser les moyens nécessaires pour investir et reconstruire.

F B : Exonération des charges, subventions d’entreprises, chômage partiel, tout cela coûte beaucoup d’argent. Les États ne se sont pas remis de la crise de 2008. Pourront-ils encore s’endetter davantage ?

H G : C’est là que le bât blesse. On a le sentiment, et c’est vrai dans tous les pays occidentaux, que l’on a décidé le confinement de la population et de l’économie sans se poser la question des moyens qui seraient nécessaires ensuite pour éviter une seconde catastrophe, économique et sociale, qui pourrait, si elle n’était pas maîtrisée, faire encore plus de victimes que l’épidémie elle-même.

Imaginez, si l’OIT a raison, la dangerosité d’un monde où, dans les mois qui viennent, 1,6 milliard de personnes seraient privées de tous moyens de subsistance.

Donc la question des moyens est capitale et on ne s’en tirera pas avec des faux-semblants comme les garanties de crédit ou les reports de charges. Le quoi qu’il en coûte de Macron relevait du bon sens, mais il a ses limites. Ses limites sont d’abord celles de l’endettement. Les taux d’intérêt bas, le risque élevé que présente, dans les circonstances actuelles, le secteur privé, la masse des liquidités en circulation donnent aux États solides une grande marge de manœuvre. Dans l’histoire des crises, des taux d’endettement, sans drame, qui ont atteint ou dépassé le double du revenu national ne sont pas rares. Mais il faut voir qu’après il faudra encore emprunter énormément pour investir massivement si l’on veut sortir la société de l’ornière dans laquelle elle était déjà et où, avec la crise actuelle, elle s’est enfoncée encore plus profondément.

Il faut bien distinguer ces deux phases : la première où l’on emprunte pour dépenser à fonds perdus afin d’éviter de perdre plus encore et la deuxième où l’on devra emprunter pour substituer progressivement des dépenses productives à des dépenses sociales de réparation. Si l’orthodoxie l’emportait, la dépression s’accentuerait et les répercussions politiques pourraient être, cette fois-ci, incalculables.

F B : Après l’augmentation des déficits, il y a la rigueur et les plans d’austérité…

H G : Ce n’est pas fatal. D’abord, il faut regarder aussi le budget de l’État, dans les crises, comme un instrument d’intermédiation financière qui emprunte à la place de tous ceux qui ne peuvent plus emprunter auprès des banques pour se financer dans une période difficile. C’est encore plus vrai quand c’est l’État qui est directement responsable de leurs difficultés. Laisser les ménages ou les entreprises se sur-endetter, s’ils le pouvaient, ne ferait pas une meilleure situation macroéconomique et ferait une situation sociale explosive.

L’histoire économique nous apprend que les dettes des grandes crises n’ont jamais été remboursées. La plupart du temps, elles ont fondu avec l’inflation et la croissance et elles deviennent perpétuelles.

On est dans la situation de 1944 : l’état de la société n’autorise pas, pour de longues années, des politiques d’austérité. Et le danger est de voir, avec l’explosion de l’endettement public, une terrible pression de l’orthodoxie financière et des marchés, dont les anticipations sont auto-réalisatrices, s’exercer sur les gouvernements pour chercher à imposer ce genre de politique, comme ce fut le cas après la crise financière, dès 2009, ce qui a eu pour conséquence de prolonger la crise. Mais, si l’orthodoxie l’emportait, la dépression s’accentuerait et les répercussions politiques pourraient être incalculables. Pire que tout, l’obsession de la réduction de la dette, c’est le passé qui dévore l’avenir et, avec l’avenir, toute forme d’espérance. Ce qui me fait dire que, dans les circonstances actuelles, l’instrument budgétaire ne peut pas être le principal instrument de la politique économique et le seul pour faire face au désastre créé par la réponse à l’épidémie.

F B : Que pensez-vous du plan franco-allemand et de la proposition de la Commission européenne ?

H G : Ces plans ouvrent la voie à une redistribution entre les États membres susceptible d’atténuer les tensions croissantes engendrées par les divergences économiques entre l’Europe du Nord et celle du Sud très touchée par l’épidémie. C’est aussi en partie un jeu de bonneteau qui permet, grâce à la mutualisation, à l’Europe du Sud d’emprunter moins cher puisque l’Union européenne va emprunter à la place des États.

Mais ce sont ceux-ci qui, d’une façon ou d’une autre, rembourseront, soit à travers l’augmentation de leurs contributions futures s’il s’agit de subventions, soit sous la forme d’un échéancier comme n’importe quel emprunt s’il s’agit de prêts, ce qui revient au même. L’Union européenne peut aussi se voir dotée de nouvelles ressources propres soit par l’attribution d’une part d’impôts nationaux, comme une fraction supplémentaire de TVA, ou par la création d’un impôt européen, toujours à la charge des contribuables ou des consommateurs.

En tout état de cause, il est improbable que ces fonds, 500 milliards pour le projet franco-allemand ou 750 pour celui de la Commission, soient distribués sans condition, et là, on pourrait bien aller à la catastrophe économique s’il s’agit d’ajustements budgétaires forcés dans l’esprit de ce qui a été imposé à la Grèce.

En réalité, ces projets, qui ont été accueillis avec un enthousiasme très excessif par rapport à leur utilité macroéconomique, auraient surtout pour effet de faire entrer l’Union dans un nouvel engrenage fédéral en tout point semblable à celui dans lequel se sont engagés les États-Unis, après leur indépendance, à travers la mutualisation des dettes de guerre. Engrenage d’autant plus pervers qu’il prend un visage presque anodin, technique, qui se donne des airs de générosité, de solidarité, et qui au départ semble n’exiger de sacrifices de personne ni d’abandon de souveraineté.

F B : Mais n’est-ce pas la meilleure chose qui puisse arriver à l’Europe, qui a déjà une monnaie unique, de commencer à se doter d’un vrai budget fédéral ?

H G : C’est toujours la même rengaine ! Depuis que l’Europe a un marché unique et une monnaie unique, aucune région du monde n’envie ses performances économiques et toutes ses démocraties sont en crise, mais c’est toujours, soi-disant, parce que l’on n’est pas allé assez loin. Il faudrait se demander si les peuples européens sont de plus en plus heureux ou de moins en moins et si tous sont d’accord pour devenir des équivalents européens de l’Illinois ou du Texas, a fortiori de cette manière, qui est la plus détestable de notre construction européenne, d’avancer, à chaque fois que c’est possible, dans leur dos. De toute façon, ces projets ne peuvent pas aboutir sans une modification des traités. Compte tenu de ses conséquences, ce serait, pour le coup, une forfaiture que cette ratification ne soit pas soumise à référendum. Il me semble que la crise démocratique est devenue suffisamment inquiétante pour qu’on n’en rajoute pas.

F B : Quelle est votre réaction sur la décision de la Cour de Karlsruhe ?

H G : Les rédacteurs du traité de Maastricht avaient bien à l’esprit d’interdire tout financement monétaire direct ou indirect des dépenses publiques. L’obsession de l’inflation a coûté très cher à l’Europe, qui, baignant dans une mondialisation déflationniste, n’est plus depuis longtemps menacée par ce risque.

Le risque le plus grave après la crise financière était celui de la déflation que Mario Draghi, à la tête de la BCE, a enrayé avec des programmes massifs de rachats de dettes comme en ont mis en place toutes les grandes banques centrales. Et, même avec ça, on n’a pas réussi à atteindre les 2 % d’inflation nécessaires à la vitalité de l’économie. Contrairement à une opinion répandue mais fausse, si les traités sont supérieurs aux lois, ils ne sont pas supérieurs à la Constitution.

En France, pour adopter un traité contraire à la Constitution, il faut d’abord modifier la Constitution.

Nul ne peut faire grief à la Cour suprême allemande de défendre sa Constitution. On peut soutenir naturellement une querelle juridique sur les arguments avancés par la Cour. Mais cela n’a aucune importance, car, si la Cour interdit à la Bundesbank de participer à des programmes de rachat de dette, cette dernière s’exécutera et on ne voit pas pourquoi ce retrait ne s’appliquerait pas aux programmes de la BCE décidés pour faire face aux conséquences de la pandémie. C’est un problème qui ne peut se régler qu’entre Allemands. Mais, compte tenu du poids de la Bundesbank dans les programmes de la BCE, ceux-ci seraient compromis et cela serait catastrophique, parce que l’outil monétaire est le seul qui soit réellement à la mesure de la situation. Il faudrait même aller beaucoup plus loin dans son utilisation. Mais c’est vrai que cette politique présente des risques. D’abord celui qui pèserait sur la crédibilité de la monnaie et qui appelle une limite dans les montants et dans la durée. Le risque de l’inflation est réel mais paraît limité dans le contexte actuel.

Il vaut mieux prendre le risque de l’inflation que celui de la grande dépression à condition de protéger le pouvoir d’achat par l’indexation, au moins pour un temps, des salaires sur les prix. L’indexation pourrait permettre de réfléchir plus sereinement à l’option de la TVA sociale, qui consisterait à transférer une partie des charges pesant sur le travail à la TVA qui taxe les importations mais qui est déductible à l’exportation.

La question du pouvoir d’achat est capitale et il faut gérer l’urgence. La pression pour la hausse des salaires s’accentue de toutes parts alors que le pouvoir de négociation des salariés sur le marché du travail va être plus faible que jamais. Mieux vaut, en attendant que l’emploi rétablisse un pouvoir de négociation pour les salariés, accorder une baisse massive des charges salariales qui augmenterait le salaire et soutiendrait la demande. C’est le désordre que l’on a mis dans l’économie et la société qui a appelé des dépenses de réparation et d’accompagnement social et creusé les déficits, et non l’inverse. Le remède n’est pas dans les réformes sacrificielles qui vont aggraver les choses, mais dans l’investissement qui transforme les structures de production. Les moyens à mobiliser sont énormes, mais ils peuvent rapporter beaucoup.

F B : Pour l’aménagement du territoire et l’écologie, à quel type de grand projet songez-vous ?

H G : On pourrait s’appuyer sur le tracé des chemins de fer du plan Freycinet de la fin du XIXème siècle qui voulait irriguer le territoire jusqu’au chef-lieu de canton, et investir dans les nouvelles technologies de transport pour lesquelles la France est bien placée pour développer des transports ferroviaires modulaires, ce qui changeraient les conditions de la mobilité. Dans politique économique, il y a politique.

Quand on brouille la séparation des rôles entre science et politique, on affaiblit les deux.

F B : Pourquoi voulez-vous remettre en selle le Haut-Commissariat au plan et la Datar ?

H G : Parce que le besoin de stratégie et de coordination n’a jamais été aussi grand et que c’est le meilleur moyen d’associer toutes les forces vives, comme l’expérience l’a montré du temps où l’État, jusqu’au sommet de celui-ci, prenait tout cela au sérieux et ne pensait pas qu’il suffit, pour faire la prospérité d’une nation, que chacun reste dans son coin et recherche d’abord son plus grand intérêt.

Thierry Michaud-Nérard

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10 Commentaires

  1. Guaino fut le dernier Commissaire au Plan.
    C’est bien ce qu’il, nous manque !

  2. Guéno est le seul politique droitier qui a droit à mon respect…relatif.
    en tout cas c’est une autre trempe que le « baroin nouveau et consensuel »

    • Le bon sens,cette chose aujourd’hui si mal partagée au plus haut de notre Etat.

  3. J’l’aime bien le Riton. Il est beaucoup plus franc et honnête que celui pour qui il a bossé tant d’années (le mari du porte-manteau).
    Il me fait penser à Morano. Ils ont tous deux le bon sens de ceux qui viennent de nulle part. Ils se sont faits.
    Je me souviens d’une époque ( 10 ans ?) où la télé organisait encore des débats politiques intéressants. Riton cotoyait Alliot ou d’autres tout en souriant, allant jusqu’à plaisanter.
    Mais ça ne suffira jamais à faire LE front commun dont nous avons besoin.

    • Guaino , Pécresse ,Morano ……sont des tiedes qui voudraient sauter le pas mais la peur d’etre traités de faschistes les font se mouvoir dans la tergiversation pour garder la gamelle . Voila pourquoi je suis ravis qu’ils aient été virés de la mairie de Marseille apres avoir fait barrage en accord avec le PS a Ravier . Cette élection devrait a l’avenir faire réfléchir bien des vieux kroumirs LR scothés a leurs fauteuils en se croyants les maitres a penser alors qu’une grande partie du peuple de France en a marre de voir leurs tronches de profiteurs avec le résultat que l’on connait pour ce qui est du chomage et de l’insécurité

      • Je ne mêlerais pas Pécresse à Riton et Morano. Surtout pas.
        Quant à la gamelle, c’ est valable pour tous. Demandez à Mélenchon, Le Pen, Macron, Bertrand, etc….

        • Quant à la gamelle, c’ est valable pour tous. Demandez à Mélenchon, Le Pen, Macron, Bertrand, etc…
          //////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
          Je les ajoute aussi ,ainsi que ségolene royal qui vient de se ramasser une claque sur BFMTV pour avoir été sollicité par un menbre du gouvernement et l’élysée dément . Elle est au chomage « vite une cagnotte »

  4. Henri Guaino est un brave ,mais il fut le bouffon de sarko .Henri guaino devrait se souvenir qu’il fut le conseillé de celui qui supprima la double peine ( dont nous en supportons la charge) de celui qui brada l’or de la banque de France ,de celui qui devait katchériser les malfaisants et de celui qui truanda les français avec le traité de lisbonne nous faisant perdre notre souvaireneté . HENRI GAINO NE DEVRAIT PLUS PARLER
    (henri gaino se plaind de ne percevoir que 5000€ mensuel….pour moi c’est beaucoup trop)
    https://www.bfmtv.com/politique/les-republicains/avec-ses-5-100-euros-par-mois-henri-guaino-ne-parvient-a-rien-mettre-de-cote_AN-201701050076.html

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