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Henri Guaino, qu’attendez-vous pour rejoindre Éric Zemmour ?

J’ai toujours eu un faible pour Henri Guaino. Son amour de l’histoire avec un grand H, sa gentillesse, sa simplicité et jusqu’ici, sa sincérité.

Justement, sa sincérité semble mise à rude épreuve. Qu’est-ce qui le retient de rejoindre un homme comme Éric Zemmour qui rassemble tout ce pour quoi il a de la vénération : le général de Gaulle, la France, le patriotisme, la souveraineté, la puissance et la liberté de la France de choisir en toute indépendance son destin.

Le RPR de Chirac qui hier se disait gaulliste a progressivement abandonné toutes les bases mises en place par le gaullisme originel. Ce n’est pas la Ve République qui a fauté, mais bien ceux qui ont modifié les bases de cette République.

Je le dis clairement, je ne suis pas républicain et je me moque des « valeurs » de la République. Les valeurs républicaines de la République, en 2022, n’ont rien à voir avec les « valeurs » de la IIIe République par exemple.

La République ce n’est pas la France. Depuis trop longtemps, la France subit le poids des aléas des divers régimes républicains. Elle les subit par période depuis 1789. Puis depuis 1871, en permanence, alors même que les Français sont par essence monarchistes de cœur et d’âme. Le général de Gaulle avait trouvé une formule républicaine qui était un génial compromis.

Henri Guaino le sait. Il est authentiquement pour une monarchie républicaine dont le roi était élu par le peuple pendant 7 ans et une assemblée pendant 5 ans, des sénateurs élus pour neuf ans, en décalé. L’erreur fondamentale est d’avoir pensé comme Georges Pompidou qu’il fallait passer de sept à cinq ans de pouvoir, et d’avoir limité à deux mandats l’exercice du pouvoir, et en positionnant les législatives justes après les présidentielles.

Exit, dans le même temps, les référendums. Il n’y a plus aucune respiration, plus d’élections en cours de mandats, plus d’opposition venue d’Assemblées nationales renouvelées indépendamment des Présidents. Le Président d’aujourd’hui est un monarque absolu, sans contre-pouvoir. Pire que sous un monarque de droit divin.

Quand ce monarque n’a aucune notion de ce qu’est la France, son histoire de plus de mille ans, sa culture, sa langue et qu’il insulte de plus le peuple dès qu’il met un pied à l’étranger, nous sommes manifestement devant un monarque devenu fou, dans une république devenue folle, avec des bouffons sans relief, incultes, et désespérément mortifère pour cette France que nouss patriotess avons à cœur.

Henri Guaino le sait. Il ne dit rien. Il constate certes, et proteste trop mollement, mais ne s’engage plus. Même pas dans ce parti auquel il a pourtant appartenu. Il le voit bien se déchirer peu à peu, entre l’attirance des uns pour un roi fou, un Charles VI vendant la France à l’étranger, en capacité de distribuer des postes, des indemnités, des prébendes, et un Éric Zemmour dont il ose à peine dire le nom.

Il constate le naufrage de son parti à travers Valérie Pécresse. Un parti si loin de sa vision de la France. Il ne sait toujours pas dans quelle barque de sauvetage il va grimper. C’est triste et affligeant.

Gérard Brazon