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Henri Weber : « Mort d’un pourri », ou « Danse avec les loups » ?

En 1977, les amateurs de cinéma ont vu un film dont le titre, Mort d’un Pourri, pourrait servir à d’innombrables notices nécrologiques, dont celle de Weber, que le dénommé Mestre, de la bande à Plenel, a signée récemment dans l’Immonde. Weber Henri aurait pu être le fils caché ou putatif de Simone Weber, qui découpait ses amants à la tronçonneuse. Pour illustrer ce qu’ont été ses engagements, il faudrait tourner un remake de Danse avec les Loups. Le scénario serait tout autre. Un soldat ou un cow-boy – appelons-le Kevin Dunbar ou John Costner ou Dunbar Weber – est sauvé d’une mort certaine par des Indiens. Mais, au lieu de leur exprimer gratitude et reconnaissance, il se met au service, comme éclaireur, de l’armée yankee qui massacre toute la tribu qui lui a donné asile : enfants, femmes, vieillards, et bien sûr tous les hommes, valides ou non. Voilà résumés les engagements de Weber : il est ce cow-boy ingrat ; les Français – les Français de peu, évidemment, Weber étant un Français de beaucoup et même de beaucoup trop – étant les indiens exterminés ; le communisme et l’européisme étant l’arme des exterminateurs.

Weber est né dans un camp de concentration ou de travail forcé en URSS, dans une ville qui portait – ironie de l’histoire – le nom béni de Leninabad, où ses parents polonais étaient internés, esclaves contraints à travailler gratis ou quasiment pour rien à la gloire de la patrie des travailleurs. Revenus vivants en Pologne après la victoire de 1945, ils ont pu quatre ou cinq ans plus tard quitter cette nouvelle patrie du communisme triomphant pour trouver asile en France. Alors, la Guerre Froide fermait les frontières : comment ont-ils pu quitter le paradis communiste ? Par quel réseau ? Mystère. Le fait est que Weber a fini par devenir français – peut-être sans l’avoir souhaité ni demandé – et il s’est engagé aux jeunesses communistes, puis à l’UEC, de sinistre mémoire, puis à la Ligue communiste – celle du raciste Plenel.

Avec ses parents, il avait fui deux enfers communistes, l’URSS et la Pologne ; eh bien, devenu ado, il n’a rien trouvé de plus urgent que d’importer ces enfers en France. Lénine a nettoyé la terre russe de tous les insectes nuisibles. Weber a voulu faire de même en France. S’il était arrivé au pouvoir avec sa clique de pseudo-révolutionnaires caviar ou Dior, il aurait multiplié camps de redressement et de concentration ; il y aurait fait le commissaire politique intransigeant sur la doctrine ou, mieux, le garde-chiourme sur miradors (c’est tout comme) ; il y aurait rééduqué, quitte à l’y faire disparaître, le peuple français qui l’avait accueilli et sauvé de l’enfer. C’est dans ce sens qu’un remake du dénouement de Danse avec les loups s’impose. Weber a tout du communisme. La preuve, il a été intronisé docteur de l’Université grâce un bouquin dont il est impossible de lire une ligne sans éclater de rire.

Après 1981, la victoire du pétainiste, ex-antisémite, ex-partisan des guerres coloniales à outrance a rendu impossible en France le Paradis urssien. Pas folle, la guêpe ! Weber n’a pas changé son fusil d’épaule, ni retourné sa veste, comme l’écrivent ses nécrologues. Il est resté fidèle à ses engagements ; il a persévéré dans son être, comme un bon disciple de Spinoza, qu’il n’était pas. Il a continué la lutte, mais avec d’autres moyens : non plus les dizaines d’épais volumes des œuvres complètes de Lénine et de Trotski, mais l’Union européenne, et le marché roi, avec fric, flouze, oseille, € et $ sonnants et trébuchants, mondialisation financière, abolition des limites et des frontières, tout ce qui est en train de faire disparaître la France (qui pourtant lui a donné asile) et d’exterminer le peuple français (qui pourtant l’a accueilli comme un des siens)… Ironie de l’histoire : le sans-frontiériste acharné et vindicatif qu’il était est mort du confinement ! On peut s’en gausser, comme de ses thèses.

Dans cette affaire, la République, comme d’habitude, a sombré dans l’infâme. Oui, comme l’Université a fait Weber docteur, elle a osé en faire un sénateur et l’a envoyé siéger au Parlement européen où se concoctent les poisons mortels que des Satan sans autre foi et loi que le fric administrent au peuple français et à la France.

Étienne Dolet