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Hervé Mariton face aux inquisiteurs de la bande à Ruquier

Ce samedi 25 mars, l’émission On n’est Pas Couché invitait entre autres le député Hervé Mariton, ancien juppéiste et actuel conseiller de François Fillon. Si l’on a pu juger indigne l’accueil réservé à Philippot par la même émission le samedi d’avant, celui réservé à Mariton était clairement odieux. A tel point que l’on avait presque envie de voter Fillon à la fin de l’émission.

Remarquez, les attaques n’ont pas débuté dès les premières minutes de l’émission. Ces journalistes chevronnés savent, à l’instar des pythons et des hyènes, mettre en confiance leur proie avant de commencer à la massacrer avec le sourire hypocrite du P(h)arisien.

Durant le premier quart d’heure, le député s’épanche sur ses doutes, ses états d’âme et son soutien envers le candidat Fillon. On le laisse parler, avec une relative bienveillance. L’opération « cassage de droitard » commence au bout d’un quart d’heure doucement, insidieusement, crescendo.

Ruquier reproche d’abord à son invité de trop s’attarder sur le projet filloniste et d’éluder les « affaires », oubliant que ce qui importe dans une élection, c’est bien le projet et non les casseroles. Lorsque M. Mariton cherche à justifier les accusations de son candidat contre le président Hollande, il est vite rabroué par Moix, Burggraf et Ruquier, qui le relèguent au rang des complotistes. « Il n’y a pas de cabinet noir, c’est du délire, et c’est un jeu dangereux pour la démocratie » crisse Vanessa Burggraf, excédée. L’inénarrable Yann Moix affirme même qu’il n’y a « aucune raison de croire » que Fillon est honnête et traite même de « lâche » le candidat des Républicains. S’il reconnaît de la bravoure à Mariton – « courageux de défendre l’indéfendable » (sic) – il n’hésite pas à le rabaisser en lui assénant – alors qu’il s’agit quand-même d’un élu de la Nation – qu’il « raisonne comme un pied. »

Gentil flic, méchant flic, la technique est vieille comme le métier de prostituée. Ruquier joue au « gentil » (nous entendons par là qu’il ne se moque pas, n’insulte pas et n’interrompt pas son invité) tandis que Moix fait le méchant : un rôle qui lui va à merveille. Il va jusqu’à attaquer Mariton sur ses croyances religieuses : « vous êtes peut-être croyant, mais vous êtes surtout crédule » lance-t-il. Et de ressortir toutes les accusations qui pèsent sur Fillon : emploi fictif, escroquerie, costumes de luxe, etc. « Comment pouvez-vous vous regarder dans la glace en sachant que vous soutenez un mec qui est coupable de tous ces faits ? » interroge-t-il, comme un Savonarole doublé d’un Freisler.

Une fois le sujet des affaires épuisé, on passe (il était temps !) au projet lui-même. Mme Burggraf (qui serait en passe d’être virée de l’émission, selon Closer) vilipende la « casse sociale » du programme filloniste. Elle fustige entre autres l’emploi du mot « pauvres » par le candidat Fillon, un mot que la journaliste juge discriminant ; elle préférerait qu’on dise « personnes modestes » comme si les appeler par tel ou tel nom rendait leur situation meilleure. Et ce cher Moix d’ajouter : « ce mot – pauvre – me fait vomir, c’est révélateur du mépris de classe qu’a votre candidat. » Et le public, présélectionné, d’applaudir à tout rompre.

Autre point de discorde : la question des riches et des impôts. La clique des animateurs monte au créneau pour dénoncer le projet de Fillon visant à supprimer l’ISF et le traite de « candidat des riches et de ceux qui ont réussi« . Tentant d’expliquer que l’ISF entraîne la fuite à l’étranger des Français les plus riches, Mariton déclenche l’ire de Burggraf : « donc, vous dites qu’il faut arrêter de taxer les riches et leur céder parce qu’ils font de l’évasion fiscale ? » A cela, le député tente de rétorquer qu’il ne s’agit pas d’évasion fiscale (ce qui est vrai) et que la loi n’interdit pas à un Français de s’expatrier. « Eh bien, peut-être faut-il changer la loi » lui répond-on. « C’est peut-être légal, mais c’est immoral. Moi, je suis fier de payer mes impôts ici, et je ne m’expatrierai pas » ajoute Ruquier, qui jurait de se « casser » si Le Pen était élue.

Il est également attaqué sur sa proposition (certes, contestable, a fortiori en temps de crise) d’augmenter les salaires des élus. Une proposition « inaudible pour le peuple » selon ces journalistes qui connaissent le peuple aussi bien que je connais la physique thermonucléaire. Les mêmes qui dénoncent la « démagogie » de Le Pen quand elle propose de réduire les salaires des élus, s’acharnent sur Mariton qui propose de les augmenter. Tentant d’expliquer que les élus gagnent bien moins que certains agents du secteur privé, le député se heurte à un mur. Cette proposition serait une « marque de déconnexion d’avec les Français » selon les mots de Yann Moix, qui gagne en une soirée le double de ce qu’un député gagne en un mois.

Ensuite, les sujets de société. Cette fois, ce ne sont plus seulement les animateurs, mais aussi les autres invités qui se déchaînent contre l’élu, un vrai gangbang médiatique. Ainsi, l’inévitable question du mariage gay est abordée et l’élu conservateur est d’emblée dans le rôle du méchant. Ne voulant revenir ni sur l’union civile entre homosexuels, ni sur l’adoption homoparentale, il voudrait que les enfants adoptés par les couples homosexuels ne puissent jouir que d’une adoption partielle et non d’une adoption plénière. Quel sale réac ! « C’est homophobe » tranche laconiquement Vanessa Burggraf, en digne émule de Vichinsky. Et d’ajouter, sur un ton accusatoire : « je vous connais, je sais que vous êtes catholique ! » Sauf qu’Hervé Mariton est juif et se revendique comme tel. Combien cette dame est-elle payée pour connaître si bien ses invités ?

A propos d’invités, l’une d’entre eux a particulièrement attiré l’attention sur elle : la « journaliste » et « lanceuse d’alerte » Isabelle Saporta, conviée dans l’émission pour présenter un obscur ouvrage sur l’agriculture productiviste où elle fait l’éloge du bio, pouvant nourrir – selon elle – les 9 milliards d’humain(e)s que comptera notre planète en 2050. Ne cessant de glousser et d’interrompre le député durant toute l’émission, alors même que c’est le temps de parole de Mariton (l’émission est divisée en plusieurs parties, chacune étant consacrée à un invité) elle fait preuve d’un manque d’éducation et d’une vulgarité rarement atteints sur ce plateau.

Elle s’énerve même contre le député, « déconnecté » selon elle. Affirmant avoir « toujours voté par dépit » et qualifiant le programme filloniste d’ « inaudible » pour le peuple, elle s’emporte notamment quand Mariton justifie l’augmentation du salaire des élus : « c’est indécent, il y a des milliers de Français qui crèvent » dit-elle en guise de truisme. Quand l’élu tente de faire un parallèle entre le salaire des haut-fonctionnaires et celui des cadres, elle l’interrompt sans ménagement : « On s’en fout de qui gagne quoi, cette proposition m’énerve. Vous dites qu’il faut augmenter vos salaires pour que vous ne piquiez pas dans la caisse ? Mais pourquoi faites-vous de la politique ? » argue-t-elle sur un ton adolescent. Sa colère, qui peut être partagée par de nombreux Français, prend cependant des allures burlesques lorsqu’elle ponctue ses phrases par d’incessants ricanements ou quand elle tente d’exercer ses piètres talents de tribun au souffle court.

Le lendemain de l’émission, la journaliste quadragénaire poste les extraits de l’émission sur son compte twitter et se dit « trop fière » (sic) d’avoir « sévèrement mouché » Hervé Mariton. Une attitude adolescente et faussement rebelle qui rappelle plus un collégien passablement demeuré qu’un journaliste prétendant parler au nom du peuple.

On félicitera le député Mariton d’être parvenu à garder son calme et à rester courtois face aux provocations de cette triste dame (il est dommage que le mot « triste sire » n’ait pas d’équivalent féminin) et des autres personnes présentes dans l’émission. Malgré cet accueil plus qu’hostile, l’élu a dignement et calmement défendu son candidat et son programme. Face à tant de haine débridée de la part de ces « journalistes » écumant de rage et dégoulinant de stupre, on avait presque envie de voter pour Fillon à la fin de l’émission. Dis-moi qui sont tes ennemis, je te dirai qui tu es. Il est des gens qui nous inspirent tant d’antipathie que s’ils critiquaient l’huile de foie de morue, on en reprendrait trois bonnes louchées.

Nicolas Kirkitadze