Hollande-Ayrault n’ont aucun vrai pouvoir, mais doivent faire croire qu’ils gouvernent

Publié le 1 mars 2013 - par - 1 160 vues
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Les grands débats d’aujourd’hui sont donc du type dit sociétal. Autrement dit  dérisoires. Les trois exemples les plus actuels sont bien sûr le mariage des homosexuels (hypocritement et démagogiquement appelé « mariage pour tous »), les salles de shoot (et là il ne s’agit pas de tirs au but, pas même de coups de pied au cul ; le penalty y est d’une autre nature), et la réforme dite des « rythmes scolaires ».

Voilà dans quelles discussions nos chers, très chers, députés (enfin quelques-uns d’entre eux) passent leur temps. Voilà de quoi l’on débat au Palais Bourbon. Voilà sur quels sujets on s’empoigne joyeusement, on s’invective, on ironise, on parade, on fait des phrases, on balance des formules-choc, on joue les orateurs à la très petite semaine. Sur des sujets grotesques que l’on feint de croire fondamentaux, que l’on fait passer pour majeurs, essentiels, avec une complaisance totale des tout puissants pouvoirs médiatiques. Voilà à quoi l’on joue aujourd’hui au Gouvernement et au Parlement. Et voilà enfin avec quoi l’on remplit la Une des journaux.

Concernant la pantalonnade du « mariage pour tous », il y a une première raison à ce déchaînement politico-médiatique : faire croire que la droite et la gauche, cela existe encore. Il suffit de voir avec quelle gourmandise les gens descendent dans la rue, bardés de pancartes comme jamais. Il est vrai que le spectacle (ou théâtre) de rue est à la mode. C’est le nec plus ultra de l’art dramatique. Les manifestations participent de cet art majeur. Musiques, déguisements, chansons (enfin si l’on peut dire) slogans, danses, mimes, gesticulations hystériques, acrobaties, tout y passe. Une sorte de mauvais cirque ambulant. Pardon : déambulatoire ! Et l’on compte les coups, les coûts et les participants : Qui sont les plus nombreux ? Les anti ou les pro ? Autrement dit : la « droite » ou la « gauche » ?

Comme il est évident que le clivage droite-gauche n’existe plus depuis longtemps sur les sujets vraiment fondamentaux tels que l’ultralibéralisme, la mondialisation, l’Europe,  le chômage, les nouvelles bases politiques de nos sociétés, la montée du fanatisme (on peut même penser que la gauche est sur ces sujets plus à droite que la droite), la démolition de l’Ecole, alors on se rabat sur des sujets futiles pour entretenir l’illusion manichéenne d’une France partagée en deux : la gauche (le bien), et la droite (le mal). L’ange et le démon en quelque sorte. Et tout le monde, à peu de chose près, joue le jeu dans la classe politique. On nous amuse avec des considérations du genre : vous voyez bien que dans le cortège des anti, il n’y a que des réactionnaires, la France rancie (tiens ! voilà un nouveau mot à la mode), les cathos, l’extrême droite, alors que de l’autre côté sont les progressistes, ceux qui sont ouverts, justes et généreux comme on disait jadis. La fausse gauche au pouvoir a tendu le piège à la droite qui s’y est engouffrée. Mais les deux y trouvent leur compte (à tous les sens du terme). Les deux ont le même intérêt à faire croire au bon peuple qu’il existe toujours en France une droite et une gauche dont les idées sont diamétralement opposées. Sinon, comment faire pour entretenir l’illusion de la démocratie ? Pour faire encore un peu voter les gogos ?

Et dans le même temps, une fois passées ces carnavalesques spectacles déambulatoires, les imams prêchent devant des foules prosternées à même la rue et appellent à combattre l’infidèle, avec, paraît-il, « l’accord de la Préfecture ». Mais de cet autre spectacle de rue, on ne discutera jamais à l’Assemblée. Ni de cela ni des mécanismes pervers de la fameuse et providentielle « dette ». En vérité, de rien d’important. Alors voilà : on a trouvé le mariage des homos et les salles de tir au but. Les bons sentiments dégoulinent à qui mieux mieux sur les gradins de nos assemblées comme dans la rue, la démagogie, la fausse modernité, ou leurs contraires, nécessaire pendant car le bien a besoin du mal et vice versa, le tout constituant un grossier miroir aux alouettes (que nous sommes). Grossier, certes, mais ça marche.

Je n’ai pas compétence pour juger de l’opportunité des salles dites « de shoot ». Par-delà la triste évidence que l’on en est réduit à tout simplement entériner l’engloutissement de toute une génération par l’usage de drogues diverses, constat donc d’impuissance, et de ce fait à se trouver réduits à ce pis-aller qu’est l’officialisation des salles de shoot pour essayer de limiter les dégâts, on remarque encore une fois que les media et donc le pouvoir politique consacrent à ce sujet une place de choix.

Je voudrais évoquer enfin un troisième sujet : celui de la prétendue « réforme » des rythmes scolaires, qui envahit lui aussi les Unes des journaux. Il est partout, en même temps que la photo de l’omniprésent ministre Peillon. Je n’ai pas non plus compétence pour savoir si 4 jours et demi valent mieux que 4. La question n’est pas là. Ce que je constate, c’est la disproportion du vacarme qui entoure cette affaire, où l’on voit notre valeureux ministre se mettre en colère, brandir la menace, prendre des statures de matamore, comme si, dans une demi-journée de plus ou de moins, résidait le fondement de notre école. Une nouvelle fois, on nous masque l’essentiel par un leurre. Oser faire tant de bruit pour cela alors que, depuis plusieurs décennies, tous les gouvernements et leurs satellites, FCPE et syndicats en tête, s’appliquent méthodiquement à détruire la substance même de l’école de la République, à coups de formules ridiculement prétentieuses pondues par des experts dans les officines de la pédagogie moderne, tout en la vidant de son contenu, de sa raison d’être : l’enseignement d’un savoir. Mais sur ce scandale, ce massacre de notre école, Peillon pas plus que ses prédécesseurs se garde bien de revenir, et pour cause ! Et comme il faut bien qu’il justifie, comme les autres,  son maroquin par une prétendue réforme, il nous amuse avec le leurre des rythmes scolaires. L’accessoire à la place de l’essentiel, comme toujours. Le verbiage à la place de la substance, le contenant à la place du contenu.

Pour en rajouter une couche, encore une affaire providentielle : celle de la viande de cheval roumain. Cette viande-là en tout cas nourrit abondamment les media, qui se taisent par contre comme un seul homme sur les divers scandales de la viande halal. Que voulez-vous, y a viande et viande : la viande politiquement correcte, et celle qui ne l’est pas.

Tout le monde l’a compris mais il n’est peut-être pas inutile de le répéter : un gouvernement qui n’a aucun pouvoir se trouve dans l’obligation de faire croire qu’il gouverne quand même. Triste spectacle en vérité.

Yves PIALOT

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