Hollande le magicien : un coup de baguette magique, et il fait disparaître le mot race !

S’il est élu président de la République, François Hollande entend retirer le mot «race» de la Constitution. Il a raison ! Ce mot est devenu «nauséabond», et la Constitution ne saurait l’être. Plus encore : supprimer le mot, c’est déjà supprimer la chose, car si la chose ne peut plus être formulée par des paroles, elle finit par disparaître : l’ineffable est la botte secrète !

Mais s’il n’y a plus de races, que deviennent les mouvements antiracistes ? Que deviennent les partisans de la «diversité» ? Que deviennent les métis ? Que devient la «négritude» revendiquée par Aimé Césaire ? Que devient Lionel Jospin et la «France de couleurs» qu’il appelait de ses vœux ?

Si nous répétons sans cesse que nous sommes tous membres de la «famille humaine», n’est-ce pas parce que ces mêmes membres sont différents ? Or, ces différences ne définissent aucun d’entre nous : elles sont des «accidents», comme le dirait Aristote. Par contre, notre «essence», c’est l’homme. Nous sommes l’homme, que nous soyons jaunes, noirs, blancs ou autres. Parce qu’il y a l’homme, il y a des races ; parce qu’il y a des races, il y a l’homme. Les races sont un fait. Le racisme aussi. Mais ce n’est pas la race qui fait le racisme : c’est le racisme qui, s’appuyant sur des caractères physiques héréditaires (comme la couleur de la peau, la forme de la tête ou la proportion des groupes sanguins), invente la supériorité d’une race sur les autres et en déduit  le droit qu’elle a de les dominer. C’est donc bien le racisme qui pervertit la race, comme la folie pervertit la raison, ou l’amour-possession l’amour lui-même ! S’il suffisait de supprimer le mot pour supprimer la chose, il n’y aurait plus aucun dictionnaire, car il n’y aurait plus rien !

François Hollande est cependant excusable, la volonté d’effacer ce terme de la Constitution étant une question récurrente au sein du Parti socialiste. En outre, il est en pleine campagne présidentielle, et cela fatigue. La preuve : il n’a même pas vu qu’en s’adressant, ce 10 mars 2012, à des gens de couleur, il n’a fait que confirmer la réalité du multiracial – qu’on ne pourra plus désigner ainsi ! Que dira-t-on alors ? Parlera-t-on de «prétendues races», comme le suggère Pascal Jan ? Utilisera-t-on le mot «ethnique» à la place du mot «race», comme le propose la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste ? Mais cette fondation a-t-elle pris la peine de consulter le Petit Robert, qui précise que le mot «ethnique» renvoie au mot «racial» ?

La politique permet de grandes choses : elle permet même de devenir Président de la République. Mais elle ne saurait permettre qu’on revête pour cela le chapeau du magicien, car ce qu’il en sort est toujours une illusion !

Maurice Vidal

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