« Hollande, président ! » Un cauchemar ? Oui, mais un cauchemar nécessaire…

Publié le 29 avril 2012 - par - 2 416 vues
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Commençons donc par le cauchemar : le 7 mai prochain, Hollande devient locataire de l’Élysée. Et dans la foulée, en cohérence avec leur choix présidentiel, les Français envoient une majorité de gauche à l’Assemblée.

Pour un Martien qui débarque de sa soucoupe, le spectacle est alors saisissant. La France ? Une Planète Rouge ! Du rouge clair (le boboïde rose Solferino) au rouge trash (l’hémoglobineux écarlate mélenchonesque). Voyez ce que voit notre petit bonhomme vert : L’Élysée ? Rouge. Matignon ? Rouge. L’Assemblée ? Rouge. Le Sénat ? Rouge. Les régions ? Rouges. Les conseils généraux ? Rouges. Les grandes villes ? Rouges. Les syndicats ? Rouges. Les médias ? Rouge. La culture ? Rouge. L’Éducation nationale ? Rouge. Les universités ? Rouges. Les tribunaux ? Rouges. Et j’en passe. Certes, toute ressemblance avec une dictature ne serait que pure illusion d’optique, puisque la gauche, c’est bien connu, est par essence démocratique. Mais enfin, tout de même, l’inquiétude est permise, et pas seulement pour notre petit Martien.

« Mais quelle accumulation monstrueuse de bourdes la droite a-t-elle pu commettre pour perdre ainsi la totalité du pouvoir ? » se demande notre gentil E.T. Suggérons-lui cette réponse : la droite a trop voulu jouer à ressembler à la gauche. Dans son culte de l’Autre Suprême, son relativisme, son mercantilisme, son utilitarisme, dans son européisme et son mondialisme, dans son mépris du peuple, de sa culture, de ses traditions, de ce qui fait qu’un peuple est peuple, la droite singeait décidément trop la gauche. Perdant son identité (ah ! l’identité…), la droite a perdu ce qui faisait qu’elle tenait debout. Et très logiquement, les électeurs l’ont renvoyée à son néant.

Alors exit la droite ? Non : exit l’UMP. La France d’après Sarkozy, c’est une France où l’UMP aura disparu. Un Sarkozy qui a déjà dit comment il allait occuper ses loisirs : gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Il va sans doute promener de par le monde ses tics et son élocution approximative pour tenter de continuer à exister. Le bonhomme était pitoyable, il ne représentait pas la France. Chaque fois qu’il prenait la parole, en France et dans le monde, les patriotes se sentaient humiliés. Même Porcinet a davantage de charisme, c’est vous dire. Sarko et l’UMP, ou comment s’en débarrasser : fin de l’acte un.

Début de l’acte deux. A droite, la recomposition politique se fait autour du Front national. C’est la seule force debout face à un Parti socialiste omnipotent. Un PS qui va donc encaisser la totalité des coups face à l’énorme crise qui vient. Pas la crise tchitchi que nous connaissons maintenant. Non : la vraie crise. Une crise à la grecque : un salaire moyen qui chute de 22%, des pensions de retraites réduites à la portion congrue – quand elles sont versées -, 25% d’augmentation des suicides, etc. La crise, quoi. Et, seul face à cette crise, un PS qui ne pourra pas dire : « Ah ! Si nous étions à l’Élysée ! Ah ! Si nous avions le Sénat ! Ah ! Si nous détenions les régions ! Ah ! Mais les médias sont contre nous ! ». Un PS dont la seule excuse sera : « C’est pas nous ! On n’y est pour rien ! C’est Bruxelles ! ». Un peu court, jeune homme, sauront alors lui répondre les Français : ce pouvoir dont dispose Bruxelles,  c’est vous, les socialistes, main dans la main avec vos ex-compères de l’UMP, de Maastricht à Lisbonne en passant par Schengen, qui le lui avez donné.

Cette crise serait quoi qu’il en soit survenue avec un Sarkozy réélu et une UMP reconduite au pouvoir. Mais la « gestion » que s’apprêtent à en faire les socialistes, telle qu’elle ressort du programme de Hollande, en sera un formidable accélérateur et amplificateur : explosion des déficits et de la dette ; défiance des marchés qui imposeront à la France des taux d’intérêt strangulateurs pour ce qui reste de notre économie (pour l’européiste Hollande, hors de question de revenir sur la très libérale loi Pompidou-Rothschild de 1973 qui a instauré la dictature de ces mêmes marchés) ; ouverture totale des frontières aux quatre vents d’une immigration submersive (pour l’européiste Hollande, hors de question de remettre en cause le très libéral espace Schengen et la libre circulation des personnes dans un continent aux frontières totalement passoires), etc. Si avec ça, les Français ne retrouvent pas le goût de l’action révolutionnaire, c’est qu’ils ont décidé que l’Histoire pouvait se passer d’eux, et réciproquement. Dans ce cas-là, paix à leurs cendres. Mais je crois, je sens, je sais, que la France est une nation au-dessus des nations, et qu’elle a vocation à l’éternité. Oui, l’éternité ! Que voulez-vous, c’est mon côté réac…

Hollande, élu pour cinq ans ? Il n’en fera que deux ou trois, dans le meilleur des cas. Ou s’il en fait cinq, il passera les deux ou trois derniers en cohabitation avec un gouvernement Front National. Ce que j’espère pour l’immédiat ? C’est que le différentiel sondagier entre Sarko et Porko restera, jusqu’à l’aube du 7 mai, élevé en faveur du second. Si tel n’était plus à un moment le cas, je me verrai en effet contraint de me déplacer pour aller porter ma voix au candidat socialiste. Je me rendrai à mon bureau de vote en ayant préalablement pris soin d’avaler une boîte entière d’un bon antiémétique. Et comme je sais que ça ne suffirait pas, il faudrait que je me munisse d’une bassine et d’une serpillière.

Ce serait terrible d’en arriver là. Non ?

Henri Dubost

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