Hollande sera pris en tenaille entre ses électeurs, les patriotes, les musulmans et « le monde de la finance »

Dans son meeting du 22 janvier, François Hollande a déclaré que son « véritable adversaire » est « le monde de la finance », qui « gouverne » sans « visage », sans « nom », sans « candidats aux élections ». Et trois semaines plus tard, il allait rassurer la City de Londres, c’est-à-dire « le monde de la finance » !

François Hollande a donc un double discours, l’un pour ses électeurs et l’autre pour « le monde de la finance ». Et pour savoir ce que celui-ci lui imposera, voici une interview très intéressante de Nicolas Doisy, « Chief Economic » à Crédit Agricole – Chevreux, « le plus important broker indépendant en Europe, qui conseille 1200 fonds de pension, banques, investisseurs » dans le monde. Écoutez bien ces dix minutes de vidéo postée deux jours avant le premier tour (et qui est passée inaperçue…), c’est édifiant :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ZMA59ull2_g[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=ZMA59ull2_g

Ainsi donc, Angela Merkel, la Troïka et « le monde de la finance » passeront un marché de dupes avec François Hollande : quelques belles paroles qui ne mangent pas de pain dans les traités du genre « il faut de la croissance », contre un plan de rigueur qui commencera doucement (réforme du droit du travail) pour se terminer à la grecque ou à l’espagnole.

Donc exit les mesures sociales et économiques du « programme » de François Hollande, qui au demeurant est toujours resté flou et a bien pris soin de préciser que ce programme se réaliserait… « selon nos moyens », c’est-à-dire quand on aura des sous, et ce n’est pas demain la veille.

Comme exemple de flou, prenons le cas du Smic, dont l’augmentation significative est rituelle à chaque fois que la gauche parvient au pouvoir. Alors que Jean-Luc Mélenchon annonçait 1700 euros bruts tout de suite et nets à la fin du quinquennat, François Hollande ne donnait aucun chiffre et disait que ça se négociera « avec les partenaires sociaux ». Idem pour l’âge et les conditions de départ à la retraite. Quant à la promesse d’embauche de 12.000 nouveaux fonctionnaires par an à l’Éducation nationale, elle est devenue « à effectif constant de la fonction publique », donc ce ne seront plus de nouvelles embauches, et on ne sait toujours pas quelles administrations seront « dégraissées » pour alimenter celle de l’Education nationale.

Il est d’ailleurs notoire que le « programme » de François Hollande a totalement disparu de son site de campagne devenu « site de transition » : http://francoishollande.fr/

Le nouveau Président de la République décevra donc ses électeurs, en particulier les plus à gauche au Parti socialiste et naturellement ceux du Front de gauche. Rappelons que les scores cumulés de Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud représentaient 15% des suffrages exprimés au premier tour…

L’éventualité d’une fronde sociale, avec manifestations et grèves, n’est donc pas à exclure. D’ailleurs elle est évoquée dans la fin de l’interview du responsable de Crédit Agricole – Chevreux ; qui évidemment ne sait pas ce qui pourrait se passer dans ce cas de figure non prévu par « le monde de la finance »

S’il lui est impossible d’appliquer son programme économique et social, François Hollande risque de se rabattre sur les mesures « sociétales » qui ne dérangeront pas « le monde de la finance » : vote des étrangers aux élections locales, régularisation massive des clandestins (il suffira d’avoir un emploi obtenu frauduleusement ou un enfant scolarisé pour être régularisé !), assouplissement du regroupement familial, « diversité » et « métissage », durcissement des lois contre les patriotes, abrogation des lois sécuritaires de Nicolas Sarkozy, mariage homosexuel, etc.

Et alors, le nouveau Président s’exposera à une autre fronde : celle des patriotes et des nationaux : 20% d’électeurs de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan, une bonne partie des électeurs de l’UMP, et également quelques patriotes au sein de la gauche patriote et laïque.

La négation totale de l’identité française et de la Nation prévue par la mixture Hollande-Mélenchon-Joly fera-t-elle descendre les patriotes dans la rue ? C’est possible. Et en tout cas, en cas de répression, la « résistance » s’organisera sous forme d’un « communautarisme » français, de « villages gaulois » tels qu’évoqués dans « La faute du Bobo Jocelyn », ou dans cette remarquable tribune de Jean-Paul Bourre qui n’exclut pas des risques de « guerre civile » :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=2FR1Rhlwoz0[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=2FR1Rhlwoz0

La volonté de plaire au nouvel électorat « issu de l’immigration » et cher à Terra Nova (et avec quelle réussite : 93% des musulmans ont voté Hollande au second tour !), le laxisme en matière de sécurité et de laïcité, ainsi que les manques de moyens pour acheter la « paix sociale » dans les banlieues de l’immigration peuvent conduire à un accroissement des violences, des agressions, et évidemment de l’islamisation. C’est un troisième front que devra combattre le nouveau Président de la République, d’une manière bien impuissante puisqu’il sera barré dans toute initiative sur ce point par la clique des SOS-Racisme, des Syndicats de la magistrature et autres terroristes intellectuels.

L’ensemble de tout cela nous fera revivre en accéléré le scénario grec : plans de rigueur imposés de l’étranger, révoltes multiformes du peuple, et finalement… crise gouvernementale.

Car obnubilés par le second tour de l’élection présidentielle dimanche dernier, nous avons oublié qu’il s’est passé quelque chose de fondamental en Grèce le même jour.

En résumé, 68% des électeurs ont voté contre la coalition au pouvoir, une sorte d’union nationale Nouvelle démocratie (ND) et Pasok (sorte d’UMP-PS pour prendre une métaphore française) favorable aux plans de rigueur. Une chute spectaculaire pour une « UMPS » locale historique depuis la chute des Colonels et qui détenait auparavant 4 suffrages sur 5 ! 68% des Grecs ont voté pour des partis qualifiés d’« extrémistes », de gauche comme de droite opposés aux plans de la Troïka FMI-BCE-UE. Pour donner une autre illustration, le parti Siriza (une coalition de la gauche radicale équivalente à nos mélanchonistes) a fait un score meilleur que le Pasok, parti socialiste grec.

Bien que la loi électorale grecque soit assez particulière (50 sièges au parti ayant obtenu le plus de voix, en l’occurrence la Nouvelle démocratie, et les 250 sièges répartis à la proportionnelle entre tous les ayant obtenu au moins 3%), l’alliance européiste qui a signé tous les plans de rigueur n’obtient pas la majorité au Parlement. Et depuis dimanche, tous les efforts pour créer une nouvelle coalition gouvernementale ont lamentablement échoué.

Cela inquiète bien sûr la Troïka qui voit mis à mal son marchandage ; aide financière contre plans de rigueur. A tel point qu’une convocation surprise des chefs d’États de l’Union européenne vient d’être décidée pour le 23 mai. Officiellement pour parler de croissance et de rigueur, mais en fait pour évoquer le problème grec, et aussi la situation en Espagne qui s’aggrave également : dérapage budgétaire lié à l’endettement des régions, chômage record à plus de 24%, secteur bancaire dans le rouge et retour en récession.

La situation de blocage grec fait dire à Nicolas Doze sur BFM Business et à d’autres journalistes économiques que la sortie de la Grèce de l’Euro est un scénario désormais inéluctable.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=TA_S1Ba51lY[/youtube]

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Mais le plus comique d’entre eux est François Lenglet qui rejoint ses collègues sur ce scénario et qui a même dit sur BFM TV que François Hollande sera sans doute « le président du retour au Franc ». Alors qu’il avait dit pis que pendre en interviewant Marine Le Pen, lui reprochant son programme de sortie concertée de l’Euro !

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=hFVA8aonJwA[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=hFVA8aonJwA

L’opinion de ces journalistes économiques est évidemment rejointe par Jacques Sapir, qui évoque la révocation de la loi de 1973, avec donc le droit de la Banque de France de prêter directement à l’Etat et aux collectivités locales. Donc… quasiment ce que l’on trouve dans le programme de Marine Le Pen !

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=smHrVc3_JbA[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=smHrVc3_JbA

Comment François Hollande va-t-il négocier ou contrer ces scénarios à la grecque, accompagnés d’une révolte des citoyens de gauche (pour des raisons sociales et économiques), des patriotes (pour des raisons d’identité nationale) et de nouvelles flambées de violence et d’islamisation ?

Le calendrier sera très rapide, et on peut miser sur une crise gouvernementale grave dans les mois qui viennent, au plus tard à la rentrée de septembre. Comment se recomposera alors le paysage politique et social français ? Si l’UMP risque fort d’éclater entre ses différents courants, il peut en être de même pour la gauche entre un nouvel Hollandréou et un Front de gauche fortifié et mordant sur le parti socialiste.

Roger Heurtebise

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