Hommage à Aretha Franklin

 

Malgré les grincheux qui vont se plaindre d’avoir encore droit à un épisode de mon expérience aux États-Unis et dire que les souvenirs n’ont pas leur place sur ce site, je vais quand même rendre hommage à Aretha Franklin.

Ses débuts, dans l’Amérique des années 50/60, ne furent pas faciles et cet incident auquel j’assistai le démontrera.

En 1961, la chanteuse débutante qu’était Aretha Franklin, 19 ans (elle est née en 1942), est venue dans la ville où j’enseignais : Appleton, Wisconsin. Il faut dire que, à cette époque, l’état était très conservateur et qu’il l’est resté puisqu’il a voté Trump. Mais cette ville de près de cent mille habitants, en comptant Neenah et Menasha, ses banlieues, était entièrement blanche, les noirs y étant mal vus. C’était le cœur de l’industrie du papier, avec des grandes usines, comme celle de Kimberley Clark (qui lancera le Kleenex), et la ville comptait beaucoup de millionnaires.

Au centre de la ville se trouvait Lawrence College (devenu depuis Lawrence University) qui la reçut pour un concert. Aretha était très peu connue et faisait ses premiers pas dans le monde du show business. J’y assistai et la rencontrai ce soir-là. Malheureusement, l’amphithéâtre était à moitié plein, environ deux cents personnes, tous étudiants et quelques professeurs, évidemment tous blancs. Elle fut bien applaudie et, timidement, remercia les spectateurs.

La soirée aurait dû se terminer par une petite réception et puis chacun serait rentré chez soi. Mais ce ne fut pas ce qu’il se passa, et ce qu’il se passa explique la révolte des noirs où Aretha joua un rôle important avec ses chansons, ses messages et sa détermination à défendre la cause des «  Niggers », comme les noirs étaient encore appelés en toute impunité.

Il était environ 22 heures, à la fin du concert, quand Aretha subit l’une de ses pires humiliations : elle dut quitter la ville pour dormir car l’hôtel «  The Sun Valley Hotel » lui avait refusé des chambres pour elle et ses trois musiciens. Elle partit en voiture à Milwaukee à quelques 100 milles (environ 160 km) d’Appleton. C’était la dernière ville, en ces temps de discrimination, qui recevait des noirs.

Pour les étudiants, ce fut un moment de surprise, vite effacé de leur mémoire, mais pour le Français de Ménilmontant que j’étais, j’appris ce qu’était l’Amérique des années 50.

Six mois plus tard, j’étais à Kansas City, enseignant à l’université, et le samedi soir nous ne pouvions sortir avec mes rares étudiants noirs car, sur la porte des bars, il y avait encore des écriteaux : « No negros, no Mexicans, no dogs ».

Peu à peu, dans les années 60, des marches (De Selma à Montgomery, le 17 mars 1965), des manifestations (Washington, en août 1963), des émeutes (Watts, Los Angeles, le 17 août 1965) vinrent à bout de cette situation. Aretha Franklin, Dr King et bien d’autres participèrent activement à ce combat contre cette discrimination. Ils poursuivaient le travail et la lutte de Rosa Park à Montgomery, refusant de céder son siège à un blanc dans le bus.

Le «  Civil Rights Movement » prit de l’ampleur dans les années 60 pour aboutir au «  Civil Rights Act ».

Je me rendis plus tard à quatre de ses concerts.

Je rends, en des termes élogieux, hommage à la grande dame que fut Aretha Franklin.

André Girod

https://www.youtube.com/watch?v=6FOUqQt3Kg0

https://www.youtube.com/watch?v=gGAiW5dOnKo

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27 Commentaires

  1. De l’antiracisme a vomir, qu’est ce que ça fout sur Riposte Laïque ?

    • J’aime mon prochain (hors musulman ou leurs soutiens peu importe l’origine ethnique). Le génie n’a pas de couleur de peau. Riposte Laïque a raison de publier cet article et j’apprécie ce média qui rappelle qu’on peut être tolérant tout en n’oubliant JAMAIS que l’islam et les musulmans doivent disparaître de notre monde. Ce n’est pas imcompatible et il y va de notre survie. L’humanisme est un atout né de notre culture judeo-chrétienne qui permettra, avec fermeté de sauver ceux qui le méritent.

    • MartelFan En réalité vous faites le même type d’amalgame que les gauchiasses. Vous n’avez pas compris qu’on peut être islamophobe(rien à voir avec du racisme) ne pas vouloir que son pays soit envahi par des gens dont la culture s’oppose à la vôtre, sans être raciste ?Il y a des gens bien partout. Aretha n’était pas islamiste, ne faisait pas partie de certaines « racailles » de quartier et on n’a pas à juger les gens sur leur seule couleur de peau. Sinon, c’est vous qui êtes à vomir.

      • Bien d’accord avec vous Marjolaine. Il semble que RL devienne un site de plus en plus malsain si l’on en juge par certains commentaires.

  2. Et son numéro un en 1987 en Angleterre, en duo avec le regretté George Michael, était un chef d’œuvre !

  3. Puisqu’elle n’était pas musulmane je souhaite la paix pour son âme

  4. Aretha Franklin ? Mais vraiment RAB !!! On est en France, b… de m…

  5. Un très bel article, une expérience, un témoignage -merci

  6. Je compatis à la grande tristesse de Sean Connery.
    Aretha Franklin et lui étaient fiancés , mais elle a rompu leurs fiançailles quand elle s’est rendu compte que son nom de femme mariée serait Aretha Connery.

    • Oh, que tu es drôle !!!!! Ta super vanne ne me faisait déjà plus rigoler il y a 20 ans.

  7. RIP Aretha Franklin, l’une des reines de la soul music ! Elle a marqué son temps à une époque ou les afro américains faisaient encore de la musique merveilleuse… Quel dommage que leurs descendant aient tout perdu… et nous inondent à présent de musique de merde.

  8. de la « saoule » black panther ? -moi c’est Brainbombs, Butthole Surfers, Scratch acid, Metz and similar……….faut pas croire que parce qu’on est « à droite », on est censé être « conventionnels ».

  9. Musicien de Jazz à mes heures, je n’ai jamais bien compris la « Soul » !
    Même âme noire, s’éloignant du Blues, dans des harmonies préfigurant les musiques (?) actuelles. Musique de transition ? Aidez-moi !

    • : music that originated in African American gospel singing, is closely related to rhythm and blues, and is characterized by intensity of feeling and earthiness

      • Même en anglais, j’ai compris. Assez d’accord sur le RnB. Merci !

  10. André Girod! Félicitations pour votre bel hommage qui confirme la teneur de mon livre: « Chroniques d’une décomposition française »: Osez penser par vous-même. Très cordialement, Yves Hajos

  11. C’était une femme formidable, elle avait une voix exceptionnelle, elle représentait admirablement la musique « soul »; mes hommages à sa famille.

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