Hommage à Joseph : cher confrère, j'ai aimé travailler avec toi

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Cher Joseph, Cher Confrère,
« Quand l’arbitraire existe au sein même de la justice, la crédibilité de l’Etat rappelle celle du Titanic » (Journal indélicat page 162).
Est-ce la raison du scandale que tu as provoqué ?
Je t’ai trop peu connu pour prononcer ton éloge funèbre, mais les quelques échanges que nous avons eus lorsqu’il m’a fallu intervenir à tes côtés pour notre camp politique, dit « d’extrême-droite » pour les partisans du politiquement correct, m’ont fait apprécier ta rigueur morale, ta farouche exigence légaliste.
Malgré cette grandeur morale qui élève très haut les principes déontologiques de notre profession, tu n’as jamais eu ce caractère ombrageux des justiciers, mais bien au contraire, tu faisais témoignage de la charité spontanée des âmes généreuses.
Je te savais trop respectueux de justice, scrupuleusement légaliste, pour te faire « justice toi-même » : ton acte contre ton bâtonnier d’abord, je sais que tu le réprouves puis, en te condamnant à mort, exécutant la sanction suprême pour sanctionner l’acte que tu réprouvais.
Alors, pour quelle raison as-tu franchi cette ligne rouge ?
Ton testament est un réquisitoire accablant contre le Barreau de Melun et ses conflits d’intérêts que tu dénonces à juste titre et qui furent pour toi souffrance, principalement pour l’idée de « Justice » que tu exigeais de l’institution à laquelle tu t’étais dévoué.
Je dois te dire que j’ai été choqué par le message diffusé par le CNB qui a dénoncé ton acte et exprimé ses condoléances à la famille de ton bâtonnier, sans t’accorder le moindre regard, condamnant implicitement ton acte au nom d’un système usé jusqu’à la corde et faisant fi de la douleur de ta famille.
Voilà mes condoléances, Cher Joseph, Cher Confrère.
Que ces quelques mots puissent consoler tes proches et que mes convictions religieuses m’incitent à prier le Seigneur de t’accepter à ses côtés.
Guy Sebag

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3 Commentaires

  1. Dieu pardonnera a cet homme intègre qui était pour une justice vrais car DIEU seul sait se qu il y a dans le cœur des hommes .Que maître Scipilliti repose en paix .Et j espère que le bâtonnier son ÂME ira en ENFER et oui DIEU seul sait le mal qu il a fait a son confrère .

    • Hé bé ! avec des soutiens comme celui-là, nous ne sommes pas sortis de l’auberge ! Une louche de DIEU puis une louche d’ENFER pour tout expliquer et, surtout, justifier sa haine. C’est la recette des islamistes, savez-vous ?

      • Agathe, votre réaction est à l’opposé de divine. Personne ne détient la vérité. Il n’y a seulement que des réalités qui, selon du côté où l’on se trouve, sont percues différemment. Nous vivons actuellement un temps où il n’y a plus ni foi, ni loi et où notre démocratie tire à sa fin. Celui qui a connu la persécution et la souffrance qu’elle peut engendrer, peut comprendre le geste de cet avocat ; si vous saviez combien d’êtres se suicident chaque jour en France pour les mêmes raisons. Son geste vis à vis de son Bâtonnier fut, je pense, un geste de colère et de désespoir. Quant au Bâtonnier, son éducation et son jeune âge ne lui ont pas donnés les possibilités de réfléchir et, surtout d’avoir la sagesse de ne pas sous-estimer l’autre. Raymond Aron a dit, « Les révolutions naissent du désespoir ou de l’espérance plus que de l’insatisfaction.  » Nous y venons.

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