Hommage à Laurent Obertone (poème)

Ainsi, il a osé, au mépris du bon sens
S’en prendre aux règles établies de la bienséance :
Un bon journaliste doit faire vœu de silence
Sur les sujets tabous qui pourraient faire offense
A leur sens du devoir, à leur intelligence,
A leur code de l’honneur… et à leur allégeance.

Ainsi, il a osé, le manant, le bouseux,
Les défier dans leur pré carré, tous ces verbeux,
Chaussé de ses sabots encore tout terreux,
Mis les pieds dans le plat, jeté l’huile sur le feu.
Il a commis un livre, crime de lèse-journaleux :
France orange mécanique, le vrai état des lieux.

« Nul n’est censé ignorer la réalité »
Dit-il en préambule. Voilà, E-TI-QUE-TE !
La préface de Xavier Raufer pour appâter,
Marine Le Pen qui en fait la publicité,
Les ingrédients sont réunis pour la curée.
L’hallali a sonné et la meute est lâchée.

Le comique de l’histoire, ou ce que j’en retiens :
A l’origine, ce livre orange n’était rien,
Tout au plus un essai, un constat tout au moins.
C’était sans compter sur les réflexes pavloviens
D’une caste qui a senti des relents « hitlériens »
Parce que Marine Le Pen a promu ce bouquin.

Les nouveaux chiens de garde sont montés au créneau.
Mucchielli le premier a flairé le magot,
L’hesselien s’indignant du succès du salaud !
Mediapart a suivi, dix pages pour dire dix mots
« Les victimes, on s’en fout, un bouquin de facho »
A résumé Obertone sur Atlantico.

Puis ce fut canal plus, sans doute en mal d’audience,
Par le biais d’un Jobard, je jure sans médisance,
Qui s’en prit à l’auteur de cette France délinquance.
Mediapart de nouveau  s’invita dans la danse
Avec une Louise Fessard, en morgue et suffisance :
«Intellectuellement faible », sommet de l’insolence !

Pour la publicité, d’autres ont fait beaucoup mieux !
C’était un samedi soir, ordinaire, ennuyeux,
Un « on n’est pas couché » tout en fiel et mielleux.
Où Ruquier, l’homme qui rit des épaules, courageux,
Reçut le trublion au livre délictueux.
Service Public oblige, sacrifice douloureux !

On ne fut pas déçu, on ne fut pas lésé
La redevance, sur le coup, était méritée.
Un combat de bretteurs de haute qualité.
« Le darwinisme, comme vous, Hitler s’en proclamait »
Le point Godwin atteint, nous voilà rassurés,
Qu’importent la vérité, les morts et les blessés…

Livre raciste, Obertone traité d’hitlérien,
Le public applaudit, Panurge et ses ovins.
Ça ne suffit pourtant à faire taire l’importun,
Le bougre se défend, calme, tranquille, serein.
Alors, faute de l’œuvre, on attaque l’être humain
Comme l’auteur d’un blog AN-TI-RE-PU-BLI-CAIN.

Parce qu’il l’aurait ouvert sous couvert d’un pseudo :
Pelicastre jouisseur, l’ubiquiste, c’en est trop
Cloué au pilori, affiché au tableau,
Catalogué maudit sous l’ire du Figaro,
En fait, sous Polony, figarette plutôt,
Qui s’offusque des mots mais se fout bien des maux.

Le Mrap s’est même fendu… d’une habituelle sentence :
« Tapis rouge pour les idées brunes », quelle déchéance 
Pour ceux qui ont offert tribune à cette outrance !
Devront-ils à jamais en faire repentance 
Pour avoir mis en exergue une telle violence ?
Orwell, Huxley doivent bien se taper sur la panse !

Car faut-vous dire Madame, car faut vous dire Monsieur
Que chez tous ces gens-là, l’agresseur est un dieu !
Une pauvre petite chose, un être malheureux.
Ils n’ont qu’un seul credo en lieu et place des yeux :
Taire l’origine car du FN ça fait le jeu
Pas d’amalgame, le bien vivre ensemble est l’enjeu!

Ça ne vit pas dans les quartchiers  ni les cités,
Ça ne sait pas le quotidien de tout Français,
Mais il est de bon ton de ne pas dénoncer
Le nom des assaillants quand il est étranger.
Islamophobe, raciste sur le front accolé
Des délateurs, menfin, faut pas stigmatiser !

Souleymane sous la plume d’un copiste devient
« Vladimir », comme Poutine, un hasard qui vaut bien
Une « Marine » qui pousse Jessica sous un train.
Madame la Marquise tout va bien, c’est certain
Les heures les plus sombres ont de beaux lendemains…
Foin des mensonges ! C’est Raspail et son « camp des saints » !

Obertone a osé affronter les grouillots
Qui, sous couvert d’un clavier, prônent leurs idéaux
Pour mieux endoctriner et formater les veaux.
Il a jeté un pavé dans ce marigot
Où croupissent les plus infâmes des vermisseaux
Qui tueraient père et mère pour la une des journaux.

Ainsi, il a fait fi de tous ces flagorneurs
Qui l’auraient encensé, s’il avait lors eu l’heur
De trafiquer la vérité en leur faveur.
C’eut été plus facile, plus rémunérateur…
Ah au fait, pour info, messieurs les procureurs
Le livre a du succès et l’homme a de l’honneur.

Oréliane

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