Hommage à mon ami Marc Noé, qui nous a quittés avant d’aller voter !

Publié le 26 mai 2019 - par - 34 commentaires - 3 958 vues
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J’ai appris, ce midi, par un texto de son épouse Danièle, que ses amis appellent Daddie, que mon ami Marc Noé nous avait quittés, à l’âge de 66 ans, dans la nuit de samedi à dimanche. Détail cruel, son épouse que j’ai appelée dès que j’ai eu l’information, m’a confié que Marco tenait absolument à aller voter ce dimanche, et que la veille, après une sieste, affolé, il avait, en se réveillant, eu peur d’avoir oublié d’aller aux urnes !

La première fois que j’ai entendu parler de Marc Noé, j’avais le même âge que lui, 14 ans. Je lisais quotidiennement le journal « L’Equipe » et je découvrais les exploits d’un minime, devenu cadet, qui battait régulièrement des records de saut en hauteur et qui, à l’âge de 15 ans, à l’époque où le « Fossbury » n’existait pas, sautait déjà 2,05 mètres.

Et puis le temps a passé, et j’ai reçu, un jour, quand j’étais directeur de publication de Riposte Laïque, un message de Marc Noé, qui me disait qu’il nous lisait régulièrement, et qu’il souhaitait reprendre contact avec notre contributrice Suzel Anstett, qu’il avait connue, à l’époque gauchiste, au lycée de Montgeron.

Nous avions échangé, et cela s’était traduit par le fait que c’est chez lui, et chez son épouse Daddie, que nous nous étions retrouvés, André Bercoff, Fabrice Robert, à l’époque président du Bloc Identitaire, Bruno Larebière, chargé de presse du Bloc Identitaire, Christine Tasin et moi, chez Marc et Daddie, durant une semaine, pour rédiger l’histoire du fameux « Apéro saucisson-pinard » pendant une semaine, devant un magnétophone.

Nous avions vraiment, tout en travaillant sérieusement, passé une semaine délicieuse. On sentait que Marc, qui savait rester à sa place, discret, se régalait à nous entendre, sous la direction d’André Bercoff, nous chamailler sur des détails secondaires, entre régionalistes et jacobins, tout en partageant l’essentiel : l’amour de la France.

Par la suite, nous sommes revenus régulièrement, avec Christine, à chaque fois que nous avions une échéance qui nous faisait passer près de la Dordogne, où vivaient Marc et Daddie, dans cette maison qu’ils avaient construite de leurs propres mains, dans un petit village près d’Issigeac.

J’avais appris à mieux connaître Marco. Nous partagions beaucoup de choses. Nous étions des sportifs, même si le footballeur que j’étais n’a jamais atteint le niveau du grand sportif qu’il était, comme sauteur en hauteur, puis comme coureur du 110 mètres haies, où il talonnait son ami Guy Drut, qui devint champion olympique, et ministre de Chirac.

Nous venions de deux bords opposés. Marco avait milité dans des mouvances nationalistes, alors que j’avais fait un passage à l’extrême gauche. Mais il respectait ses adversaires, avec lesquels il avait multiplié les bagarres féroces, parce qu’il trouvait que c’étaient des hommes, eux aussi, et des courageux. Même s’il n’avait aucun doute sur leur nuisance, et sur le fait qu’il fallait les vaincre pour les empêcher de détruire la France.

Je sus rapidement tout – il était très prolifique après quelques verres de whisky – sur sa carrière sportive, sur l’équipe de France d’athlétisme, où il côtoya les plus grands, sur son militantisme au PFN, sur son adhésion au RPR, où il devint, en Seine-et-Marne, maire et conseiller général. Il m’en a dit, sur les trahisons de Chirac et surtout de Copé, à qui il vouait une tenace rancoeur, à cause de la trahison européiste, qui tournait le dos aux vraies valeurs du gaullisme.

Il était également parachutiste, et avait été appelé fréquemment dans des missions sur lesquelles il préférait garder une grande discrétion. Daddie, quand elle parlait de leur première rencontre, disait qu’il était beau comme un Dieu, ce que je veux bien croire. Une belle gueule, et un athlète qui, à 20 ans, mesurait 1,93 m et pesait 85 kg de muscles.

Il respectait mon passé de syndicaliste, et je suis convaincu qu’il aurait été un grand délégué syndical du Livre CGT, et un chef de service d’ordre hors normes, comme ceux que nous avions. Il m’a raconté ses bagarres mémorables contre les communistes, et ses expéditions punitives quand un des siens était victime d’une agression de la part de l’adversaire. Il était passionné par l’histoire de son pays, et sa maison illustrait le temps des Croisades et celui de Napoléon.

Il avait du mal à comprendre pourquoi, en Dordogne, tous les présentateurs des journaux régionaux étaient presque tout le temps issus de la diversité. Il supportait de moins en moins, bien que vivant dans un paisible village, ce que devenait la France.

Quand j’ai fait connaissance de Marco, il était encore un gaillard de plus de 100 kilos, qui en imposait physiquement. Hélas, les années qui passèrent le virent multiplier les ennuis physiques, qui, bien évidemment, diminuèrent cette force de la nature, qui multiplia les passages à l’hôpital. Il souffrait, bien sûr, de constater qu’il n’était plus le même homme que celui qu’il avait été, jusqu’à 55 ans.

Il écrivait parfois pour Riposte Laïque, mais surtout pour le site qu’il avait créé lui-même, « Le Gaulois », un nom qui lui allait comme un gant.

https://ripostelaique.com/author/marc-noe

http://francepresseinfos.blogspot.com/2016/02/djihadiste-tout-feu-tout-flamme.html

Son grand-père avait été un grand Résistant, son père était gaulliste, et était très malade, ces derniers temps. Marco ne voulait pas mourir avant lui, cela lui aurait paru une erreur de la nature. Alors, comme il savait le faire, il s’était accroché à la vie, jusqu’à la mort, récente de son père, qu’il admirait beaucoup.

La dernière fois que je l’ai vu, c’était à l’occasion du mariage de mon neveu, à quelques kilomètres de chez lui. Nous avions naturellement dormi chez la famille Noé, pour avoir le plaisir de les revoir. Presque une année. Nous devions, à l’occasion d’un périple récent, nous arrêter chez eux, mais au dernier moment, cela n’a pas été possible. C’est la dernière fois que je l’avais eu au téléphone, et on avait bien rigolé, ensemble, sans savoir que cela ne se reproduirait plus.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore ce qu’aura été le résultat des Européennes, où la voix de Marco aura, sans doute pour la première fois, manqué au camp patriote. Mais mon petit doigt me dit que si Dieu lui avait prêté 24 heures d’existence de plus, il aurait passé une excellente dernière soirée.

A chaque fois que nous passions en Dordogne, avec Christine, nous avions peur de ne plus jamais le revoir, tant il donnait des signes de fatigue évidents. Et nous savions pertinemment qu’il y avait bien plus de chances que nous allions aux obsèques de Marco, que le contraire. Hélas, nous avions raison.

Salut Marco, j’ai vraiment été ravi de te connaître, et j’ai beaucoup appris de toi. Comme on se disait souvent, en levant nos verres : « A la France ! », et « On les aura ! ».

Pierre Cassen

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Notifiez de
Clo

Tous mes compliments pour ce bel hommage tant mérité.
J’ai connu Marc via Le Gaulois. J’appréciais beaucoup ses articles et correspondions de temps à autre.

kerbourc'h philippe

Merci Pierre pour tes mots simples qui sortent du cœur !
Notre dernier dîner commun avec Marco remonte à cet automne… et tu avais pu constater comme moi l’automne qui s’abattait sur ce grand corps d’athlète mais il a su résister jusqu’au bout !
Je lui ai rendu ma dernière visite quelques heures après son « grand saut », il reposait calme et serein; vendredi prochain j’espère avoir un minimum de voix pour entonner « les oies sauvages »…
Cordial salut camarade !

Corinne Lemuel

Enfin une bonne nouvelle !

Michèle

Honte à vous de vous réjouir de son décès

Loupgaulois

Merci Pierre pour cet hommage à ce patriote convaincu.

Didier BLOT

Merci pour cet article d’hommage à Marc Noé.
C’était un homme de cœur, courageux et droit.
Il va nous manquer ! Adieu Gaulois.
Salut Marco et à bientôt…

Michèle

Merci pour ce bel hommage rendu à mon grand frère.

laurent barre

Pensées et respect…

Michèle

Merci pour mon grand frère

Charles DALGER

Emouvant hommage ! Magnifique exemple d’humanité et de respect. Paix à l’âme du patriote.

pascal

Ah merde! une voix de moins pour Jordan!

spartac

Un agriculteur se suicide tous les deux jours.
No comment.

rotrude martel

Quelle émotion en lisant ton article hommage à Marco !
J’ai souvent été en contact avec lui et aussi publié quelques articles sur le Gaulois. Je l’appelais mon baroudeur. Il l’était ! Il a vécu mille vies. Il est parti trop tôt, bien trop jeune !
J’ai beaucoup de peine et je pense à son épouse Danièle.
Je l’aimais beaucoup.

Lando Gilbert

J habite l Australie.Je suis tres emu d apprendre la disparition de mon ami Marc Noe. Je correspondais avec lui depuis plusieurs annees par mail,c est comme cela que je l ai connut,aussi par son journal ( LE GAULOIS) Il etait Capitaine Parachutiste a la BETAP a PAU.Je n ai jamais eut la chance de pouvoir lui serrer la main.Nous avions une certaine amities,car moi aussi ancien Parachutiste au 11 iem choc,ce qui nous avez beaucoup familiariser.Toute mes condoleances a son epouse.Ont ce reverras la haut Marc.Gilbert

Marnie

C’est un homme de cœur Monsieur Cassen. Un très bel hommage à un être d’exception.

Larapède

C’est beau une telle amitié.

a.hourquetted'are

Merci à Marc Noé de tout ce qu’il a fait pour notre France au cours de sa vie.Merci Pierre de cet hommage.Merci également à Daddie et toutes les épouses /compagnes de ces militants. Leurs vies sont bousculées, leurs maisons se remplissent ou se vident au gré des événements…leurs tables toujours ouvertes! Ce n’est pas simple au quotidien, c’est un budget…merci à ces femmes patriotes Françaises, ce sont de grandes dames!

capitaine Stahl.

le « GAULOIS »est mort vive le « GAULOIS » ! dans le milieu parachutiste Marc sera pleuré tant son charisme etait fort…en tant que beret vert ,j’ai eu des échos et nous sommes tous en deuil….salut a toi GAULOIS…

Aux Armes Citoyens

Cet hommage est très émouvant.

4711

De tout coeur avec vous

Claire

Salut Pierre ! De tels partages d’estime et d’affection ne meurent jamais. Ils nous accompagnent par l’esprit, jusqu’à la fin de nos jours. Tant que le coeur nourrit son souvenir, l’ami n’est pas tout-à-fait parti. C’est ce qui fait aussi la tradition des combattants où les compagnons affirment en cérémonie de commémoration « Marco Noé : présent ! »

Nuch

Les valeurs l’honneur l’amitié de plus en plus rare tout fout le camp dommage

Jotab

Bravo Pierre, publier un tel hommage au pied levé. Vos amis ont de la chance de vous compter comme ami !

Jakadi

Para un jour, para toujours !

Sjean-louis

Bien sûr on les aura et ça commence bien !

Yohann le debattznt

Bel hommage à votre ami Pierre…

zéphyrin

je vous rejoins dans votre capacité à avoir des amis d’autres bords , du moins ceux qui vivent les yeux ouverts et qui ne sont pas enfermés dans la bien pensance et le politiquement correct. Belle histoire ma foi

Une patriote

Bel hommage, les salauds restent et les gens bien nous quittent trop tôt !

roland culé

Très bel hommage, qui remue.

raskasse

Les meilleurs partent trop vite.

Spipou

J’ai cherché « Fosbury » sur internet, et j’ai trouvé ceci :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fosbury-flop

Il s’agit bien de cette technique ?

Merci.

Michel Corbeil

Oui.

Spipou

Merci.

(Je n’y connais rien en sports)

Jean-Paul Bourdin

Un très bel hommage, où tout est dit : l’amour de la France et la fidélité en amitié. De vraies grandes valeurs.