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Hommage à Trump, même si la bataille était perdue d’avance

Le Président sortant Donald Trump ne cessera jamais de nous étonner tant par sa simplicité qui frise parfois une candeur légèrement grotesque que par un manque abyssal de sophistication. Trump n’est pas Obama, ni même Biden… Trump est le fils de la plèbe, du peuple, du commun… Pourtant beaucoup l’auront aimé et apprécié pour cette nature franche, directe, authentique qui convient de moins en moins à nos temps modernes et aux aspirations des bien-pensants.

Mais aussi, cette manière qui lui est tout à fait particulière de se faufiler sur des pistes alambiquées et des plus hasardeuses et d’en sortir indemne et parfois même victorieux, l’extrait du commun des mortels. Trump fait usage d’une diplomatie qui lui est propre et que personne ne s’aventurerait à dupliquer.

Il ne possède aucune arrogance, contrairement à tous ceux qui l’en ont affublé. Il est l’enfant de la nature prêt à s’offrir entièrement à sa foi et à ses convictions… C’est un croyant, un homme qui aime Dieu et qui le cherche dans toute la création. Et c’est ce qui a fait son malheur. Le peuple américain sort de l’ère Trump profondément divisé. Le fossé entre le sophistiqué, l’intellectuel, l’élite, le laïc et le commun, le simplet s’est énormément creusé. Le progressiste, celui qui s’est attelé à refaire le monde selon ses propres lubies, n’a aucune place dans les visions de Trump. Le progressiste demande l’abolition des frontières, le multiculturalisme, la mondialisation, l’abolition du genre, alors que Trump demeure vieux jeu, cherche à protéger une Amérique en voie de disparition, en voie de dissolution complète, une humanité en pleine régénération. L’Amérique de nos vieux parents et grands-parents n’est plus. C’est un fait que beaucoup d’entre nous refusent d’accepter et qui sont ceux-là mêmes qui, hier, ont pris d’assaut le Capitole à Washington.

Trump savait qu’en dépit de tous ses efforts il ne parviendrait jamais à abattre ces forces liguées contre son idéalisme et sa vision du monde. Il a fait usage de toutes les cartes à sa disposition, mais sans succès. D’ailleurs, il me semble bien avoir écrit un article à ce sujet, dans lequel je prédisais sa chute.

Et elle eut lieu justement hier lorsque des membres de son parti lui ont tourné le dos, l’abandonnant comme un vieux torchon au pas de la porte de la Maison Blanche.

La bataille était perdue d’avance. Les forces sont trop inégales… Que l’Amérique subisse son sort et que Trump, guerrier blessé à mort, quitte la scène… sur un brancard… le brancard de sa désillusion.

Comme j’aimerais qu’il la quitte la tête haute, car s’il a été vaincu dans les législatives honnêtes ou malhonnêtes, personne ne le vaincra dans sa foi, ni ne pourra ignorer le courage et la volonté de fer qu’il a démontré à tous ceux qui ont cru en lui.

La politique est un abîme où les forces du mal s’exercent et où la candeur n’a aucun interstice où s’immiscer.

Au revoir, cher Trump. Je t’ai vivement apprécié… Tu n’as rien d’un déguisé en Jésus sacrifié comme l’avait faussement incarné Obama, ni ne possèdes l’onctueuse sollicitude de Biden au regard doux, dénué de façon incontestable d’innocence. Ces acteurs sont maîtres dans la composition d’une attitude, d’une figure attachante, émotionnelle, pour mieux nous leurrer.

Thérèse Zrihen-Dvir