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Honte au troupeau qui souille la mémoire du Général de Gaulle

D’accord, dans une conférence de presse donnée en mai 1958, le général de Gaulle avait déclaré : « Je suis un homme qui n’appartient à personne et qui appartient à tout le monde. » Mais de là à se précipiter, comme des furies un jour de soldes aux Galeries Lafayette, sur la tombe du premier Président de la Ve République, il y a tout de même un pas que la décence commandait de ne pas franchir. D’autant que les ficelles de la campagne présidentielle sont trop grosses pour être honnêtes !

Ainsi, ce mardi, l’obscénité mémorielle de ce troupeau de nains politiques sans foi ni loi s’exprime à nouveau sans vergogne. Et les voici qui se ruent à Colombey-les-Deux-Églises, en ce 51e jour anniversaire de la mort d’un géant. Petit village de Haute-Marne qu’ils contribuent, au passage – et au grand dam, outre-tombe, du Général ! – à transformer, à l’image de toute la France, en Colombey-les-Deux-Mosquées avec leurs partis mondialistes et immigrationnistes.

De Gaulle, dont on dira ce qu’on voudra – à défense ou à charge –, mais dont on ne pourra jamais dire qu’il n’aimait pas viscéralement la France ; cette France dans laquelle il englobait aussi bien Clovis, Saint Louis, Louis XIV, Jeanne d’Arc, Napoléon que Clemenceau (sur la tombe duquel il viendra d’ailleurs s’incliner trois fois en Vendée). Cette France, surtout, dont il demeure peut-être la dernière grande page, les suivantes n’étant que de vilains et malhonnêtes brouillons indignes de notre roman national…

Oui, le Général, une fois au pouvoir, est allé vite. Trop vite, si l’on pense à l’Algérie. Songeons cependant un instant à ce qu’était la France avant lui et ce qu’elle fut après. De Gaulle nous aura imposés au monde. Aussi, de voir ces faux héritiers, ces vrais ennemis de sa politique, ces destructeurs inlassables de notre pays se confondre en recueillements de façade devant sa tombe a de quoi dégoûter n’importe quel patriote honnête. Car à peu près tous ceux qui auront fait le déplacement à Colombey-les-Deux-Églises insultent, à la fois dans leurs actes passés et leurs intentions futures, la mémoire du général de Gaulle. Mémoire qu’ils kidnappent aujourd’hui, alors que l’immensité politique et historique gaullienne les rejette impitoyablement dans l’ombre de leur médiocrité ténébreuse.

Je salue ici Éric Zemmour qui, contrairement à ces veaux, ne se rendra pas sur place, préférant certainement saluer la mémoire du Général autrement que parmi ce troupeau d’hypocrites, voire cette meute pour qui, comme l’a si judicieusement écrit Le Parisien, c’est « une occasion également de marquer leur territoire face à Éric Zemmour », comme des chiens pissent sur un poteau…

Marine Le Pen, Dieu merci, n’aura pas cédé à cette tentation récupératrice et se sera rendue à Bayeux (Calvados) où le Général prononça jadis deux discours : l’un en juin 1944, après le Débarquement, et l’autre deux ans plus tard, qu’il concluait ainsi : « Nous avons à assurer le destin de la France au milieu de tous les obstacles qui se dressent sur sa route et celle de la paix. Nous avons à déployer parmi nos frères les hommes ce dont nous sommes capables pour aider notre pauvre et vieille mère la Terre. Soyons assez lucides et assez forts pour nous donner et pour observer des règles de vie nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes ! Toute notre histoire, c’est l’alternance des immenses douleurs d’un peuple dispersé, et des fécondes grandeurs d’une nation libre groupée sous l’égide d’un État fort. »

Laissons donc ces carriéristes de la politique, ces obsédés de leur petit moi, ces ténias qui parasitent la France, ces verbeux qui parlent et pensent mal, et souvenons-nous seulement que « les exigences d’un grand peuple sont à l’échelle de ses malheurs » (Charles de Gaulle)…

Charles Demassieux