Horreur ! Élisabeth II a fait un salut nazi à l'âge de six ans !

 ElisabethIInaziThe Sun vient de publier des photos de la Reine d’Angleterre Élisabeth II, en train de faire un « salut nazi »… à l’âge de six ans. Et tout le Royaume-Uni d’en causer, comme si le chômage, l’islamisme et les autres problèmes étaient d’ores et déjà réglés, ou insignifiants. Une pléthore de journalistes et de politologues britanniques vient sur les plateaux de télévision français, nous expliquer avec des trémolos dans la voix que la reine d’Angleterre « n’est pas une nazie ». Que la reine ne partage aucune affinité idéologique avec Heydrich et Göring, cela me parait si évident que je juge inutile d’en parler davantage. Je consacrerai donc le présent article à la déviance que connaît aujourd’hui non seulement le journalisme, mais aussi l’intelligentsia en général.
Voilà le visage purulent du monde contemporain! Voilà le journalisme d’égout dans toute sa bassesse! Que la Reine ait passé soixante ans de son règne à diriger le Commonwealth; qu’elle ait soutenu la décolonisation: qu’elle ait accompli un nombre incalculable d’actions charitables pour les plus démunis; qu’elle, sa sœur et leur mère soient restées à Londres sous les bombardements; qu’à l’âge de dix-huit ans, la future reine ait soigné en tant qu’infirmière, les soldats britanniques et français, toutes ces actions d’éclat devraient donc être assombries par une photographie qu’un paparazzo insignifiant a déniché on ne sait où.
Quand bien même ces photos seraient véridiques, quelle en est l’utilité aujourd’hui? Va-t-on jeter la vieille reine en pâture aux tribunaux internationaux? Va-t-on demander son abdication? Non. Alors quelle utilité si ce n’est d’attiser les causeries et commérages? Socrate disait à un ami bavard « Si ce que tu as à me dire n’est ni bon, ni utile, ni vrai, alors fais silence à jamais ». Cette maxime devrait figurer comme une règle d’or sur les frontons de chaque radio, chaîne de télévision ou journal; ce devrait être une devise pour tout journaliste digne de ce nom. Mais comme nous le verrons plus bas, les journalistes dignes et honorables, cela fait longtemps qu’ils mangent les pissenlits par la racine.
En fait, ce non-évènement est révélateur d’un mal-être contemporain. Me permettant une supposition tout à fait personnelle, j’opte pour la thèse du « médiocre rancunier ». Je vous explique: le « journaliste » en question se sent petit dans ce monde. Il sait qu’il ne pourra jamais contenir l’univers dans le creux de sa main squelettique. Il veut accomplir de grandes choses. Qui sait? Peut-être était-il un des premiers de sa classe et a-t-il connu les bancs de grandes écoles de journalisme… Mais voilà, la vie ne donne pas toujours ce qu’on veut. Il n’a rien fait de grand; où en aurait-il trouvé le loisir, lui qui gagne son pain en fouillant dans les égouts, en mettant au grand jour les turpitudes des uns et les tabous des autres? Lorsqu’au matin, il se regarde dans un miroir, il se trouve laid. Ne pouvant être ce qu’il chérissait jadis, son cœur s’emplit d’amertume et de haine envers tout cela: grandeur, beauté, puissance, respect, honneur…
Il y en en effet, chez les médias, une même tendance aussi aigre qu’exaspérante qui gangrène ce milieu professionnel. Cette gangrène c’est la volonté de salir. Mais malheureusement les médias n’en sont pas les seules victimes. L’histoire que j’étudie, ainsi que la politologie en sont aussi atteintes.
L’historiographie moderne est plus cancanière qu’une commère penchée du haut de son balcon, regardant les fenêtres de ses voisins. En effet, l’on nous enseigne à nous méfier des historiens anciens, des discours, des blâmes, des éloges, bref de tout ce que les Anciens ont révéré. Ainsi, Cicéron ne serait qu’un foutriquet prétendument sauveur de Rome, qui n’aurait rien sauvé que ses fesses. Charlemagne, allons donc! Il n’a rien fait, sinon profiter d’un « contexte sociopolitique » (expression chère à certains de mes maîtres diplômés de Sciences Po). Bref, l’acharnement contre tous ceux qui furent grands est un passe-temps favori de certains historiens contemporains qui doivent y trouver une consolation à leur propre médiocrité. Sous prétexte d’une « historicité », on sacrifie toute la beauté et la grandeur, qui selon les dires d’un de mes maîtres sont « du ressort de l’art ». Comme ça, au moins c’est clair…
Les politologues n’échappent pas à cette tendance: leurs livres se résumant bien souvent au dénigrement: « JFK sous la ceinture », « Scandale à Matignon », « Le passé occulte de M. Ducon » « Churchill: ce grand escroc » etc. Cette manie de salir (que les arguments proposés soient vrais ou non) est aussi révélatrice d’une certaine médiocrité vindicative. Surtout, lorsqu’il s’agit de confidences volées dans un lit ou dans des rumeurs de couloir; ce qui ajoute de la lâcheté à la médiocrité.
Dans la salissure et le stupre, les médias méritent bien la palme d’or, comme en témoigne « l’affaire » de la Reine d’Angleterre. Il est loin le journaliste consciencieux qui parcourait les rues de Paris, notant sur son calepin l’actualité, qu’il télégraphiait à ses supérieurs qui – après vérification – transcrivaient la nuit pour faire connaître aux gens les nouvelles du monde.
Circulez, m’sieurs dames, ce temps est révolu. Le journaliste d’aujourd’hui, son dada c’est le « décryptage ». Il ne sait pas lui-même ce qu’il décrypte, mais tant qu’il le décrypte, peu lui en chaut. Selon lui, sous la plus banale phrase, sous le plus simple sourire, sous le plus ordinaire clignement d’œil, se cache un code secret, un tabou inavoué, des projets eschatologiques qui pourraient ébranler le monde « dans les fondements des fondements, et les générations des générations » comme le dirait Queneau. Et lui, se croit investi d’une mission sacrée, qui serait de révéler et de combattre ces suppôts du démon. Le showman androgyne du XXIème siècle se croit dans un roman de cape et d’épée; sauf qu’il n’a ni cape, ni épée, il n’a pour seul bagage que sa médiocrité qui lui pèse comme la bosse de Quasimodo. Ne brillant ni par des qualités humaines, ni par un charisme hors du commun, ni ma foi par un intellect plus développé que celui d’un fouteboleur de province, il veut salir tout ce qui le dépasse. Il vendra père et mère, fouillera dans la fiente et la pue, pourvu qu’il y trouve quelque chose susceptible de noircir quelqu’un. La reine d’Angleterre, une nazie? Les yeux de notre compère s’allument, sa fougue (d’habitude bien cachée sous sa cuirasse de lâcheté) revient au galop. Il titre « Élisabeth II: la bête immonde!!! » et va boire un verre de champagne, tout content d’imaginer la réaction de la nonagénaire à la vue de sa photo d’enfance en train d’esquisser un geste dont elle ne comprenait pas même le sens.
L’époque n’est plus au Grand ou au Beau. « C’est réservé à l’art », comme dit mon maître de conférences… Non, il faut tout salir. Voient-ils une belle jeune fille, au lieu d’admirer sa beauté, ils veulent « décrypter » ce qui s’y cache: ils lui sautent dessus, la déshabillent, la découpent, la dépècent et ne trouvent la paix qu’à la vue d’un squelette sanglant, décharné. « Là, nous avons vu ce que dissimulait sa beauté », se disent-ils repus, en claquant leur langue.
Un autre de mes professeurs, plus iconoclaste que ses collègues, ce qui explique que malgré sa cinquantaine bien tassée, il ne soit guère plus avancé dans sa carrière que les trentenaires à peine doctorants qui visent déjà à devenir directeurs de recherches, me disait quand je lui fis part de ma vision de l’histoire et du journalisme: « Votre vision peut se comprendre. Mais l’époque ne le voudrait guère. Imaginez-vous un journal vanter les bienfaits d’un homme d’Etat? Ou un historien affirmer la totale véracité de tel ou tel ouvrage ancien? » Eh oui, monsieur le professeur, l’époque ne le voudrait guère. L’on n’est plus au temps où d’aspirants avocats lisaient Cicéron avec admiration, se disant « Cet homme est mon modèle. » Non, maintenant, crachons sur Cicéron et sur tout… Écrire son nom sur un mur avec ses excréments et sa bile, c’est tellement mieux.
Je ne peux que blêmir devant la monstruosité que fut le nazisme et les funestes accomplissements qui s’en suivirent; ainsi que devant la complicité d’une partie de la famille royale britannique qui prit fait et cause pour le Führer allemand. Assurément, cette idéologie fétide fut la Bête Immonde du XXème siècle. Mais le XXIème siècle est-il si exempt de bêtes immondes? Non, à en juger par des gens tels que ces paparazzis ne rechignant pas à traîner dans la boue une femme quasi-centenaire qui a consacré sa vie à son pays en y portant le fardeau de la royauté.
Nicolas Kirkitadze
 

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16 Commentaires

  1. Pourquoi ne parle t-on pas du salut nazi fait par notre guignol de président à la fin de son discours en Allemagne, après une phrase prononcée en allemand?

  2. Un non évènement, on voit qu’on est en été et qu’il faut continuer à vendre des journaux. La vie entière d’Elizabeth, consacrée à ses compatriotes, plaide pour elle, si toutefois elle avait besoin d’être défendue. La presse anglaise est la pire des presses-caniveaux.

  3. Belle écriture mais, comme toutes les célébrités, elle a sa part d’ombre et de lumière. Les héros ne sont pas des saints, les grands hommes ne sont pas parfaits et reprocher aux journalistes ou autres informateurs de révéler la part d’ombre des grands-hommes est aussi ridicule que vouloir se persuader que ces grands-hommes sont absolument parfaits …comme des idoles.
    Quant au salut « nazi » de la petite Elisabeth, son décryptage contextuel mérite toute notre attention au regards des amours pétainistes des Français.

  4. Total bon sens.
    Riposte laïque a dans son sein de grands contributeurs.
    Merci à tous de dire tout haut ce que les patriotes pensent tout bas.

  5. Nous sommes parfaitement en phase. J’irai même plus loin, nos journaleux, comme notre caste politicarde et les thèses de décroissance économique et énergétique, ne sont rien d’autre que la partie visible d’une société sur le point de disparaître. D’une société probablement déjà en état de coma avancé.

  6. Je frémis en pensant à tous les « nazis » qui se disent au revoir depuis un quai ou un embarcadère! Mais heureusement, ils ne sont pas la reine d’Angleterre.

  7. Bien sûr un salut nazi pour vous raciste n’est pas très grave, mais pour les juifs de France et du monde entier c’est le symbole du massacre de leur parents.

    • en 1933 on etait encore loin de la shoah et le danger venait plutôt de la russie sovietique .Hitler avait somme toute l’image d’un type energique et beaucoup pensaient naivement que l’exercice du pouvoir allait certainement le rendre plus souple .maintenant ce pseudo »salut nazi » remonte a la plus haute antiquité … .a moins de considerer les romains comme des précurseurs en matiére de national-socialisme …et de plus il s’agit du salut olympique …tiens pourquoi ne pas interdire les drapeaux aux couleurs rouges,blanches et noires tant qu’on y est ?

    • Pour nous, « racistes », une photo qui daterait de 1933 (année de l’ accession d’ hitler à la chancellerie et du vote du plein pouvoir qui lui est décerné par le Reichstag), sans explication ni preuve d’ authenticité d’ une petite fille de sept faisant un salut nazi (peut-être par moquerie) ne saurait entacher l’ honneur d’ une reine qui a, sa vie durant, apporté la preuve du contraire de ce que cette photo sous-entend.
      Il est des signes beaucoup plus actuels, flagrants et réels de collusion avec des forces plus dangereuses que le défunt nazisme, pour vous ylorb, comme pour nous les « racistes », qui devraient vous interpeler davantage.

  8. voilà bien les seules affaires que la socialie européenne soit capable de gérer ……

  9. Combien de fois ai-je fait le salut nazi lorsque j’étais gendarme pour arrêter un véhicule. Combien de fois l’ai-je refait, depuis, pour dire au revoir à un ami qui s’en va ou pour matérialiser la hauteur de mes roses trémières. J’ai eu la chance qu’aucun photographe ne se soit trouvé là au bon moment pour qu’un pisse copie ponde un torchon digne du  » sun  » qu’Henri JEANSON aurait lu d’un derrière distrait. Cette grande dame courageuse s’est forgé un destin de reine de son pays tandis que d’autres, rats méprisables, curent les caniveaux et les égouts. On a le destin qu’on peut mais ce n’est pas en s’en prenant à la reine Elisabeth II que les rats du sun sortiront de la fange.
    Avec The Sun, pour 20 pence, vous avez la nausée ET les mains sales…

  10. Nous sommes en 1934 ; les  » WINSOR  » sont d’ origine allemande ;
    Hitler est en train de sortir l’ Allemagne de la merde dans laquelle l’ a plongé le traité de Versailles …………….Alors ???? SALUT NAZI ? Ben oui et alors ….
    SI Hitler était mort d’ un infarctus ou d’ un accident de la route en 1938, Dieu sait s’ il ne serait pas considéré par les allemands comme le plus grand héros depuis Charlemagne ……… SI ……SI ……. SI …….

  11. Au nom de la Liberté d’ Expression bien sur ………. ( Tu es CHARLE je suppose )……………………Pas de Liberté pour les ennemis de la Liberté ETC ETC ETC ;;je vois !

  12. Votre billet, Niki Sarmatus, est un plaisir à lire ; vous me faites garder l’espoir que tout n’est pas perdu.
    Merci à vous, étudiant en Histoire et continuez votre combat contre vos professeurs déformateurs.

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