Hôtel Lambert en feu : notre patrimoine vendu aux qataris est en danger

Un élément de notre patrimoine architectural et historique vient de partir en fumée cette nuit. Un terrible incendie s’est en effet déclaré en pleine nuit à l’Hôtel Lambert, bâtiment classé datant de 1640 et surplombant la Seine, et regorgeant de nombreuses œuvres d’art dont certaines ont subi d’importants dégâts, à l’instar du toit effondré au niveau du cabinet des bains peint par Eustache Lesueur, qui constitue l’un des plus grands chefs-d’œuvre du décor mural français du XVIIe s.

Hôtel Lambert

Cet hôtel particulier, classé depuis 1862, avait été l’objet d’âpres négociations en 2009 entre son nouvel acquéreur qatari, la Ministre de la Culture de l’époque Christine Albanel et l’association Paris-Historique. Le Ministère avait alors donné son autorisation pour certains travaux d’aménagement avant de faire l’objet d’un recours en référé par l’association en raison du risque élevé de dénaturation du monument.

Après avoir passé plusieurs siècles sans encombres, durant lesquels les murs ont gardé la mémoire des conversations avec la jolie Marguerite d’Orléans, Chopin, Lamartine, Balzac, Berlioz, Liszt, et plus récemment Michèle Morgan et Guy de Rothschild, il a fallu qu’il arrive entre les mains du frère de l’émir du Qatar Abdallah Ben Abdallah-Al-Thani, pour connaître son malheur, en même temps que le nôtre.

Depuis son achat par la famille qatarie, des tentatives d’escroqueries assorties de menaces de dénaturation des lieux et autres interdictions de visites de contrôle par l’association, par un comité scientifique, ainsi que par le Ministère, n’ont cessé de faire rage. Entre la cour historique menacée d’être transformée en garage pour les nombreux véhicules du frérot de l’émir, une climatisation déguisée en élément de « développement durable », un souterrain menaçant sa stabilité, des cheminées du 18e siècle descellées, des ajouts d’éléments anachroniques avec « une forme extrêmement bizarroïde », un ascenseur devant transpercer des solives peintes en dénaturant une pièce néogothique, heureusement interdit in extremis. Et pourtant le Ministère avait promis que le nouveau propriétaire était friand de tous ces joyaux historiques…

Comment est-il possible d’accepter cette prostitution consistant à confier des trésors à des étrangers aussi grossièrement méprisants et irrespectueux de notre culture et de notre patrimoine ? A des individus dirigeant un pays aux moeurs si arriérées que seuls les hommes décident de tout, que les femmes doivent demander la permission à tout bout de champ, que l’on y emprisonne les homosexuels ? A des sunnites, descendants de chameliers bédouins nouvellement enrichis par le hasard de la géologie, et plus prompts à s’extasier devant une brosse à chiottes en or massif que devant ce bijou de finesse architecturale qu’est l’Hôtel Lambert ? Autant donner du caviar à des cochons !

Cet hôtel est NOTRE bien, NOTRE patrimoine, du latin patrimonium, le « bien de famille », ce bien « hérité du père » et transmis de génération en génération par les ancêtres. Ce n’est sans doute pas un hasard si la patrie qui découle de la même origine est si dénigrée de nos jours.

Incendie hotel lambert

Alors que penser de ce providentiel incendie survenu en pleine nuit alors que les lieux sont inhabités et que les aménagements réclamés par les nouveaux riches qataris ont été refusés par les responsables de notre bien commun ? Qui sait si l’enquête ne nous apprendra pas que des incendiaires ont été payés pour faciliter les négociations et accessoirement faire disparaître d’indécents tableaux de femmes trop dénudées pour être honnêtes ?

Caroline Alamachère

http://www.latribunedelart.com/incendie-a-l-hotel-lambert

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hôtel_Lambert

(photos d’une partie des fresques de l’hôtel Lambert ayant brûlé) http://www.latribunedelart.com/cabinet-des-bains-de-l-hotel-lambert-voila-ce-que-nous-ne-verrons-plus

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