Huit cents kilomètres dans la France profonde, celle vêtue du gilet jaune

Publié le 1 décembre 2018 - par - 10 commentaires - 1 249 vues
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Cette semaine, j’ai fait par étapes 800 km, d’ouest en est, dans la France profonde. Ce que je peux dire, c’est que j’ai vu partout des barrages de Gilets jaunes, des Gilets jaunes au bord des routes, des Gilets jaunes à des carrefours, et que cela m’a réchauffé le cœur. Car on nous avait dit, à Rance-info, que le mouvement faiblissait. Eh bien non, pas du tout ! Il ne faiblissait pas.

Il était même encouragé et soutenu comme nous le dit ce Gilet jaune :

https://www.lepopulaire.fr/limoges/social/2018/12/01/suivez-la-mobilisation-des-gilets-jaunes-ce-samedi-en-haute-vienne-et-en-limousin_13069640.html

J’ai traversé l’Angoumois, le Limousin, le Rouergue, puis le Languedoc et la Provence. J’ai vu au moins seize barrages de Gilets jaunes, ce n’est pas rien. Occupant pacifiquement des ronds-points, des entrées d’autoroute, l’espace devant des centres commerciaux. Beaucoup, beaucoup de monde. Des tentes étaient installées car il faisait froid, des brasiers pour réchauffer. Des saucisses grillaient, c’était très convivial, bon enfant. Chaleureux. On avait envie de se joindre à chacun de ces barrages.

Ces gens avaient du mérite, car la température tournait le matin autour de 6°, et ils étaient là, aimables, prévenants, depuis l’aube.

Les Gilets jaunes nous demandaient de klaxonner et on obéissait sur le champ. Ils souriaient, car ils étaient heureux de leur démonstration. C’était un concert de klaxons. Une évidence. Un plébiscite.

Nous avons perdu une heure dans des barrages filtrants à l’arrivée mais cette heure de retard ne nous a pas pesé alors qu’au fond nous étions pressés. Car s’arrêter aux barrages et klaxonner, c’était une participation qui nous honorait. Les gens autour de nous ne s’impatientaient pas non plus. Ils savaient que c’était pour la bonne cause. Et ils montraient qu’ils le savaient.

La France profonde était là. La France de toujours, celle qui souffre. Beaucoup de voitures pavoisaient avec un gilet jaune à l’avant. Pratiquement tout le monde semblait être pour les Gilets jaunes. Le Français n’aime pas attendre et râle quand on l’y oblige, mais pas cette fois-ci.

La France profonde a mis peut-être un peu de temps pour se mettre en mouvement, mais maintenant qu’elle y est, elle n’est pas près de s’arrêter. C’est un mouvement puissant, tranquille, qui va durer. Et peut-être tout emporter sur son passage.

Comment oublier en passant devant, en cette fin de mois, le magasin de surgelés Picard dans lequel j’étais entrée une autre fois ?… Le magasin était totalement vide de clients. C’était bien pour moi : pas de cohue, tout le temps de choisir. L’unique employée dans le magasin poussait des soupirs de tristesse et se rongeait les ongles avec désespoir. Finalement, elle était venue vers moi et m’avait dit tout de go : « Vous voyez, il n’y a personne, les gens reviendront la semaine prochaine. »

 

Sans attendre, elle avait ajouté : « Oui, c’est la fin du mois, ils n’ont plus rien, alors ils ne viennent plus, ils attendent leur paie. Ils ne mangent plus que des pâtes chaque dernière semaine du mois. »

Comme si presque rien n’avait changé depuis Jacquou le Croquant, qui se nourrissait de vieilles patates ou de vieux croûtons dans le meilleur des cas.

J’y étais retournée la semaine suivante, en début de mois, l’employée ne soupirait plus et m’avait fait un clin d’œil : « Vous voyez, ils sont revenus. »

C’est cela, le malheur des Gilets jaunes : ne même plus pouvoir s’offrir les premiers prix du magasin Picard. Ni tout le reste. Devoir tout le temps se restreindre, tout le temps compter, se priver de tout, ne pas savoir de quoi demain sera fait. Ne pas savoir comment on vivra demain ni comment on fera vivre ses enfants. Ni comment on vieillira. Être écrasé sous le poids des taxes.

 

Être racketté sans répit par un État qui nous retire le pain de la bouche sous de faux prétextes. Un État dont les milliers de hauts fonctionnaires déconnectés sont grassement payés, les nombreux élus couverts de privilèges et les migrants sans droits les premiers servis, au grand détriment des autres.

Cet État qui enfonce le pays en prenant tout aux Français… et en redistribuant tout ce qu’il peut et plus encore aux envahisseurs autrefois tant combattus. Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Les Français en ont assez. Assez !

Sophie Durand

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Notifiez de
DUFAITREZ

Griveaux a raison ! « Fumeurs de clopes roulant au gazole » !!
Clopes ? Un paquet par jour ? 240 € par mois !
Gazole ? 200 € par mois pour aller bosser !
Combien de taxes sur ces deux produits ?
Salauds de Smicards, qui, en plus, veulent un p’ti…. Jaune ?

duglimbule

mise en place a paris sur les toit des immeubles de l’etoile des tireur d’élite des la police . pourquoi? pour QUI? Macron commence t il a salir ses pantalons pour que son ministre de l’intérieur ait de telles prévisions!s’ils font couler le sang ils risquent de se retrouver au bout d’une corde
https://www.facebook.com/O.MayerCommunication/videos/2131831593799993/?t=1

Hoplite

Quelqu’un a-t-il des nouvelles de la Corse ?

duglimbule
didile

Angoumois,Limousin,Rouergue ,Provence et aussi ,Chalosse ,Thiérache ,Limousin ….
Rendez-nous le nom de nos provinces ,que vous nous avez saccagé par ce vocable ignoble et infamant de » territoires « .
Paris qui n’est pas en France ,n’est pas un territoire .!

Brocéliande

sur les plateaux Télés ils y a trop d’incompétents d’invité pour du Bla Bla !invitén des GJ qui sont dans la Mouise ,sinon je zappe !

Serge

« Partout des GJ ce qui m’a réchauffé le cœur. »
D’abord, gars, il faut cesser de croire les oiseaux de mauvais augure qui imposent leur ombre.
Ensuite s’occuper hardiment des GJ et non pas des casseurs qui « monopolisent l’esprit… » des politiques et journalistes, afin qu’ils puissent occulter la détresse du peuple de France via une bonne diversion.

Lupin

Vous avez raison pour le malheur des Gilets Jaunes. Survivre en France quand les politicards logent , nourrissent … ces envahisseurs en laissant crever leur peuple.
Mais qu’est-ce qui fait qu’on peut-on délaisser, mépriser, haïr à ce point son peuple ???

Carter

Je pense que la réponse doit se trouver dans les loges maçonniques, puisqu’ils en font tous partie.

Serge

C’est le pouvoir. Fermez les yeux, imaginez que le monde est à vos pied. Sentez cette puissance qui vous envahi, cette odeur de supériorité envers ceux d’en bas. Tiens elle est ou cette bouse; il me semble l’avoir écrasé ?