Hyper délinquance et hyper crise économique nous mènent à la guerre civile

Dans un article d’hier, mon collègue et ami Empédoclatès a parfaitement décrit la situation d’hyper délinquance à Marseille, où pourtant le préfet délégué à la sécurité ne voit aucune « zone de non-droit ». Je ne reviendrai donc pas sur les faits, depuis les agressions et braquages quotidiens (une trentaine par jour…) jusqu’à l’attaque d’un train de marchandise comme au Far-West en passant par la désormais fameuse affaire du « parking volé ».
Tout au plus je soulignerai deux aveux de Gilles Leclair, préfet délégué à la sécurité, dans son interview à la Provence :
« Mais je ne résoudrai pas à moi tout seul les difficultés liées à une ville pauvre, qui souffre de 50 ans d’immigration et de tradition de banditisme. » On apprend donc que « l’immigration » ferait souffrir, selon ce préfet, la ville de Marseille et donc les Marseillais. Alors que ça fait 30 ans qu’on nous dit que c’est « une chance pour la France » et que le maire se gausse de diriger une ville « ouverte sur le monde », « multiculturelle », etc.
– Quand on demande au préfet pourquoi ne pas remettre les commissariats dans les cités, le préfet à la sécurité répond : « Ce n’est pas d’actualité et je ne suis pas sûr qu’on y revienne. Il faut penser à la sécurité des policiers ! Néanmoins, j’aimerais bien qu’on y retourne… » Autrement dit, même les policiers ne seraient pas en sécurité dans certaines « cités » ? Ne serait-ce pas ce qu’on appelle une « zone de non-droit » ?
L’Etat n’est donc plus en mesure d’assurer ses pouvoirs régaliens dans des quartiers et cités de Marseille. Mais il se défausse ! Dans l’affaire du « parking volé » par une bande de jeunes délinquants, par exemple, il y a deux réactions qui rejettent la faute sur le concessionnaire Vinci qui n’aurait pas assuré assez de « sécurité » :
– Gérard Chenoz, UMP, vice-président de la communauté urbaine, en charge des parcs de stationnement, explique : « Dans cette affaire, où tout le monde se renvoie la balle, il faut renforcer la sécurité. Un parking normal n’a besoin que d’un gardien. Pas celui de la Porte d’Aix. Il faut faire appel à une société de sécurité. » Donc non seulement il renvoie aussi la balle, mais il en appelle à… une société de sécurité, donc à une police privée !
– Dans la réaction de la Préfecture, on peut lire : « Ce parking est un établissement confié par la Communauté urbaine à un gestionnaire privé, Vinci-Park, à qui il appartient de mettre en place un dispositif interne de sécurité adapté. Le coût du stationnement payé par les clients intègre donc cet aspect. » C’est du même acabit !
Et dans les mesures envisagées, il est précisé qu’il y aura un avenant au contrat de délégation de service public, permettant à Vinci de faire intervenir une société de sécurité privée (en omettant toutefois de préciser qu’elle sera facturée au contribuable de la communauté urbaine et/ou à l’usage du parking).
On voit donc parfaitement la démission de l’Etat de droit. Ce parking fait l’objet d’un délit, que la police aurait dû, dès les premiers faits datant de plusieurs mois, appréhender les délinquants et la justice aurait dû les juger et les punir. Mais non, on fait comme s’il s’agissait d’un problème de société faute de sécurité privée, on laisse courir jusqu’à ce que la situation devienne ingérable. C’est exactement le même phénomène que pour les prières de rue. Dans le 18ème arrondissement de Paris, il fallait disperser les occupants illégaux de la voie publique quand ils n’étaient qu’une dizaine. On ne l’a pas fait, ils sont désormais des milliers, et on n’ose plus intervenir par peur d’émeutes.
A ce compte-là, bientôt, quand une dame se fera arracher ses bijoux dans une rue de Marseille (ça arrive tous les jours), on l’accusera de n’avoir pas engagé un vigile privé !
Mais devant le tollé médiatique qu’a provoqué la révélation de l’affaire du parking de la Porte d’Aix et les premiers bottages en touche des élus et des responsables, ceux-ci ont décidé le coup classique du « on va voir ce qu’on va voir », comme nous l’apprend l’AFP.
Très concrètement : fermeture du parking, nettoyage de « trois tonnes d’immondices », clôture pour ne laisser qu’une seule entrée et installation de caméra de surveillance. Vinci reprendra sa délégation de service public au 1er septembre avec une société de gardiennage recrutée aux frais de MPM (c’est-à-dire aux frais du contribuable de la communauté urbaine…)
Et le préfet nous joue les Brice Hortefeux et les Claude Guéant, estimant sans rire qu’il était « urgent de faire appliquer les lois républicaines ». Ce qui veut dire qu’on ne le faisait pas avant, alors que ce quartier est une zone de non-droit depuis des mois voire des années. Et on tape du point sur la table : « Tous les services de l’Etat interviendront au fil de la semaine pour régler les problèmes : les services vétérinaires, les services des fraudes, des impôts, des douanes seront permanents sur ce secteur ». On annonce aussi l’affectation d’une compagnie de CRS, soit près de 80 hommes, « dans les plus brefs délais ».
Le seul hic, c’est que toutes ces forces de l’ordre ne vont pas tomber du ciel. On les enlèvera ailleurs pour les mettre ici… jusqu’à ce que les enlève ici pour les remettre ailleurs. On nous a déjà fait le coup dix fois à Marseille.
Le problème de fond, c’est le développement d’une hyper délinquance, hyper violente, et bien souvent organisée sur des bases ethniques et locales. Et qu’en face, on essaie de traiter tout cela avec des moyens classiques de police et de justice, et même avec des effectifs en baisse pour cause de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. L’Etat ne peut plus faire face.
Et c’est là qu’il faut ajouter à cela un autre phénomène : la crise économique mondiale, qui servira de catalyseur à cette hyper délinquance et à d’autres phénomènes (pillages alimentaires, etc.)
Une agence de notation vient de dégrader la notre AAA des Etats-Unis. Le « compromis » trouvé in extremis pas les élus Républicains et Démocrates n’aura pas suffit et pour cause : ce n’était qu’un pis-aller pour gagner un peu de temps devant le bourreau.
La situation est dramatique, comme le note la presse anglo-saxonne et la presse boursière, alors que la presse généraliste (depuis Libération jusqu’au Figaro) ne nous sert que la pommade mensongère de Madame Lagarde et de Messieurs Sarkozy et Baroin. Les socialistes sont absents de ce débat, et on attend toujours le programme chiffré de Madame Le Pen !
Pour sortir de ce politiquement correct et prendre mesure de la gravité de la situation, écoutez par exemple les interviews de Pierre Jovanovic qui ne mâche pas ses mots, chez Claude Reichman ou à Radio-Courtoisie. Vous pouvez également lire son blog.
Les « remèdes » de l’UE, de la BCE et du FMI ne font qu’accroître le mal : plans d’austérité, donc baisse des revenus et de l’activité productive, hausse du chômage, etc. On l’a vu pour la Grèce, et c’est en cours pour le Portugal, l’Irlande, et bientôt l’Italie et/ou l’Espagne…
Sur le Portugal par exemple, on lit un aveu stupéfiant dans une dépêche AFP : « Le gouvernement portugais a présenté vendredi un « programme d’urgence sociale » sur trois ans visant à limiter l’impact des mesures d’austérité que le pays s’est engagé à mettre en œuvre en échange d’une aide financière internationale. (…) Ce programme d’austérité, qui comprend notamment une hausse des impôts et une baisse de plusieurs prestations sociales, devrait contribuer à plonger le pays dans une récession, estimée à 2% en 2011 et 1,8% en 2012, entraîner une contraction du revenu des familles et une hausse du chômage qui devrait atteindre un taux de 13,2% l’année prochaine, selon les prévisions du gouvernement. » Et nous qui pensions « aider le Portugal »…
Pour la Grèce, j’apprends par une infographie du Figaro que la France détient 15 milliards de la dette publique grecque. Or on leur a déjà versé l’équivalent de cette somme et on double la mise (17 milliards). Comme je l’avais dit depuis plus d’un an, on aurait gagné à annuler la dette grecque et à rembourser les créanciers français au lieu de jeter deux fois plus d’argent dans un puis sans fond… et peut-être une troisième l’an prochain !
Evidemment, on aura aussi droit à un « plan d’austérité » français… après l’élection présidentielle de 2012 ! Donc chômage, baisse du pouvoir d’achat, licenciement de fonctionnaires, diminution des retraites, etc. On plongera comme les autres.
La conjonction d’une hyper crise économique et d’une hyper délinquance, toutes deux inflationnistes, risquent fort de nous plonger dans une guerre civile multiforme, avec un « chacun pour soi » et une démission de l’Etat de droit.
Roger Heurtebise

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