Il est permis d'obéir, l'obéissance n'est pas la soumission, de Daniel Marcelli

Dans les années 50, la soumission des enfants était de rigueur, à l’école comme à la maison…Au début des années 70, après la grande explosion sociale de mai juin 68, il était de bon ton d’adopter un comportement plus « libéral » au nom d’un respect de l’enfant pas toujours maîtrisé. Pour l’auteur de ce livre, chaque excès produit ses propres « toxines » : l’autoritarisme peut engendrer l’inhibition et l’excès d’autorisation des troubles comme le trouble oppositionnel avec provocation, le trouble hyperactivité avec ou sans déficit de l’attention ou le trouble des conduites…
Alors que faire? Quelle conduite tenir? Quelles relations instituer entre les parents ou le parent et les enfants?
Toutes ces questions et bien d’autres sont au centre de la réflexion à laquelle nous appelle ce pédopsychiatre qui nous invite à prôner l’obéissance et à refuser la soumission.
Les enfants ont besoin de repères, voire d’interdits afin de pouvoir plus tard désobéir au moment où ils accèdent à la maturité en construction, dès l’adolescence.
Si la soumission par contrainte ou même par séduction conduit à la déstruction ou à l’affaiblissement des capacités d’épanouissement harmonieux de l’enfant, l’obéissance, elle, participe à la construction personnelle et sociale de l’enfant,promesse d’adulte équilibré.
Tout en partant de cas concrets étudiés, l’auteur définit avec minutie les différents concepts afin de distinguer ce qui doit faire autorité et l’autoritarisme.
« L’éducation ne consiste pas à tout faire pour que les enfants obéissent, l’éducation consiste à les élever jusqu’à ce point où ils pourront choisir d’obéir ou de désobéir. L’être humain est alors « augmenté » du sentiment de liberté… »
L’auteur donne aux parents des conseils judicieux, notamment dans le chapitre dénommé ; savoir obéir, pouvoir désobéir. Il s’agit là d’apporter plus qu’un éclairage sur le développement psychomoteur de l’enfant , le lecteur pouvant y puiser des idées quant aux comportements qui puissent permettre aux adultes de préparer l’enfant à traverser l’adolescence vers l’âge adulte dans les meilleurs conditions possibles.
L’enfant « aime croquer au fruit défendu, celui de l’arbre de la Connaissance… »Les petites désobéissances font grandir l’enfant et l’aident à accéder à l’autonomie et s’il n’est pas interdit d’interdire, l’ouverture à la relation sociale élargie va » lui permettre de tester les limites de ce bien et de ce mal » dans le cadre d’une protection mesurée et non enfermante de la part des adultes.
Jean-François CHALOT
« Il est permis d’obéir
L’obéissance n’est pas la soumission »
livre de Daniel Marcelli
Editions Albin Michel
264 pages
septembre 2009
17 €

image_pdf
0
0